‹ La vie cachée de JésusChapitre 3 sur 59 · LE MILIEU · texte numérisé non relu

LE MILIEU

I — La Galilée, — Le pays. — Les habitants. — Leur esprit vers le début de l’ère chrétienne.

Le récit évangélique place en Galilée la naissance de Jésus et sa vie, jusqu’au temps de sa vocation. On appelait Galilée, vers le commencement de l'ère chré-

- tienne, un pays situé entre la vallée du Jourdain, à

V’Est, la Phénicie, à l'Ouest et la Samarie, au Sud. Au delà du Jourdain s’étendait, dans la partie septentrionale, le Gaulanitide; dans la partie méridionale, la Décapole, laquelle se rattachait à ce qu’on nommait, en grec, la Pérée, c’est-à-dire le pays transjordanique (rù mépav vo rorauoÿ). Le mot galil signifie district, cercle. Selon toute apparence, on avait dit longtemps le cercle des païens (galil ha-goyim), parce que les Juifs n'avaient que tardivement pénétré dans celte région; au temps de Jésus, on n'avait plus de raison, malgré le mélange de la population, de dire autrement que le district, la Galilée (1). Jointe à la Pérée, la Galilée formait le lot, attribué, par le testament d’Hérode I, à son fils Hérode Antipas, que le

peuple considérait, sans doute, comme un roi, mais

qui n'était que tétrarque, c'est-à-dire chef, par la grâce de l’empereur romain, d’un des quatre mor-

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| INTRODUCTION

| ceaux de territoire taillés dans le royaume de son

père. Il resta depuis l’année — 4 jusqu'à l’année 39,

où Caligula, prévenu contre lui par un autre prince juif, Hérode Agrippa I‘, l'envoya mourir en exil à Lyon (2). URSS

La Galilée n’était pas grande : en deux jours on la

traversait d’Est en Ouest +t, en trois jours, du Sud au Nord (3). Elle se divisait naturellement en deux régions distinctes et d'aspect différent : la Basse- .

Galilée (4 xéro Laxatx, comme dit Josèphe), au Sud, et la Haute-Galilée (4 dvw lœxudaix), au Nord. La Basse-Galilée, pays de plateaux ondulés et de collines verdoyantes, dont les points culminants atteignent à

peine 600 mètres, s’abaisse vers le Sud-Ouest sur une

plaine appuyée aux plateaux de Samarie et au redres-

sement du Carmel; plaine si fertile qu’on la nom-

mait la Semaille de Dieu ou Jezreel (Esdraelon, pour

FLE

les Grecs). C’est un triangle isocèle de 35 kilomètres

de base, pour des côtés de 25 kilomètres. D’autres plaines, plus petites, mais également accueillantes, bien arrosées et propres au labourage, plaine de Zabulon et plaine de Tor’an, se développent entre les collines, qui les dominent de 300 ou 400 mètres. La

plus connue, le Tabor a 562 mètres d'altitude. Lors-

qu’on s’avance vers le Nord, on rencontre, à la hau-

teur de Saint-Jean d’Acre (Akko, ou Ptolémaïs), une.

dépression, où des rivières coulent en sens inverse

vers la Méditerranée et vers le lac de Tibériade; et,

après qu’on l’a franchie, on pénètre, par d’äpreschemins, dans la Haute-Galilée. Région de montagnes,

médiocrement élevées, car leur point culminant n’at-.

teint pas tout à fait 1.200 mètres, mais enchevêtrées, tourmentées et de pentes rudes. Ce n'était pourtant point un mauvais pays; il y faisait plus froid qu'au Sud, mais le voisinage du Liban y amenait des nuages. Il y pleuvait; sources et ruisseaux lui épargnaient l’aridité désolée des plateaux de Judée. Ses montagnes portaient des pâturages et des arbres et

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