FRERE OR
INTRODUCTION | IX
les moindres étendues plates se montraient favorables à toutes les cultures, particulièrement à celle des arbres fruitiers. Les terrasses qui s’élevaient au-dessus du lac de Tibériade, dans sa partie Nord-Ouest, et qui formaient ce que Josèphe nomme le pays de
Gennesareth, semblaient un immense verger, où voi-
sinaient, par une heureuse acclimatation, le noyer, le figuier, la vigne et le palmier. Leurs produits, renommés dans toute la Palestine, alimentaient un commerce considérable. Quand j'aurai dit encore que le lac, ou mer de Galilée, que traverse le Jourdain, ajoutait au charme du pays le riant aspect de ses rives et de ses eaux, et, aux ressources des habitants, Vabondance de sa faune, on comprendra pourquoi Josèphe parle de la Galilée avec tant de complaisance, La comparaison qu’il pouvait faire d’elle avec les âpres vallées de la Judée, ses plateaux pierreux et pus, où erraient les moutons à la poursuite de l’herbe rare, et sa sinistre Mer Morte, ne la parait-elle point de grâces et de vertus qu’elle ne possédait pas ? On le croirait, à voir ce qu’est aujourd’hui le jardin plantureux de Gennesareth : des broussailles sur des pierrailles; plus d'arbres, sauf un palmier à Medjel et trois ou quatre à Tibériade ; mais « l’horrible état où le pays est réduit ne doit pas faire illusion. Ces pays, maintenant brûlés, ont été autrefois des paradis terrestres » (Renan). Et quand le contraste avec la région voisine de Jérusalem, « le plus triste pays du monde », aurait fait glisser Josèphe à quelques exagérations, il reste acquis, ne serait-ce que par ce qui subsiste en quelques endroits de son aspect d’autrefois et par quoi tous les voyageurs sont du premier abord charmés, que la Galilée, bien pourvue d’eau, ombragée, plantureuse, verte et souriante, était une terre de vie facile et douce. « C’est un pays semblable au paradis », écrit un pèlerin occidental du vr siècle, et aujourd’hui de la plume de Von Soden, comme de celle de Renan, le même mot coule pour