‹ La vie cachée de JésusChapitre 32 sur 59 · Lagrange, Messianisme, P. 216 ets · texte numérisé non relu

Lagrange, Messianisme, P. 216 ets

14. — Letexte grec des Psaumes de Salomon a été publié et traduit en français par J. Viteau, Paris, 1911; cf. aussi Kautzsch, Apokryphen IE, p.127 ets. (Introduction de Kittel et traduction allemande). 4

13. — Israël Lévi, op. cit., p. 191. Malheureusement le texte ne nous donne point de détails sur la personne « du

Messie issu d’Aron et d'Israël». Un écrit connu depuis longtemps et qui lui paraît apparenté, le Testament des douze patriarches, semble combiner les deux traditions en affirmant que « le Messie sortira de Lévi en tant que Grandprêtre et de Juda (la tribu de David), en tant que roi, dieu et homme. » (Siméon, T : &vasriaet yäp 6 Küptos ëx roù Aevi ü apytepéx nat Ex roB "Lola de Baoikéæ, Üeov za &v0pwrov, Cf. Levi, 2 et 18; Dan, 5; Gad, 8; Joseph, 19). Schürer, GJV, LL, P: 257, voyait là des interpolations chrétiennes qu'il rapprochait d’Irénée, fragment 17 : « … 6 Xototos... ëx toÿ Aeut nai ToD "Tobda +0 xara adpxa, de Bates xat lepedc, Eyevvdôn. » (Le Christ. a été engendré selon la chair, comme rci et prêtre de Lévi et de Juda.) D'accord avec M. J. Lévi, je crois plutôt que nous avons dans Le Testament un compromis entre les deux systèmes « qui préconisaientréciproquement un Messie fils de Juda et un Messie fils de Lévi. » Tout au plus le mot 6eôv = dieu, appliqué au Messie, peut-il venir d’une plume chrétienne. Irénée fait écho au pseudépigraphe juif. — Sur le Testament, cf. Kautzsch, Apokryphen, IL, p. 458 et s.

16. — Références sur ces schémas eschatologiques bien groupées dans Tixeront, Hist. des dogmes, I. Paris, 1905, p. #3ets.

17. — IV Esdras, 7, 29, dit bien que le Christ mourra, mais parce que tous les hommes doivent mourir, à la fin des temps, avant l’organisation définitive de la vie éternelle. — Cf. Bertholet., Bibl. Theol., p. 450; Feine, Theol., p. 151; Contra : en dehors des « mythiques », Brückner, Der Sterb. Gottheil., p. #1, lequel interprète Isaie, 53 comme désignant mystérieusement le Messie qui accepte de mourir dans l’ignominie pour les péchés d'Israël et reparaît victorieusement à la fin des temps, en intercesseur pour son peuple. Ge sont les chrétiens qui ont compris en ce sens le passage d’Isaïe en question; les juifs n’y sont venus que tardivement (cf. Guignebert, Le problème de Jésus, p. 142 et s.). Ce sont aussi les chrétiens qui ont vu en Job une préfiguration de Jésus (cf. Spitta, Zur Gesch., IE, p. 2). Ces textes ont de l'intérêt en ce qui regarde la Constitution de la légende de Jésus; ils restent étrangers à la pensée juive, touchant le Messie, vers le temps de la naissance du Christ. À la vérité M. l. Lévi, Le sacrifice d'Isaac, 181, accepte comme « pas impossible » que

BiBLIOGRAPHIE ET NOTES 47%

quelques commentateurs aient déjà vu dans la description du Serviteur de Dieu, en Isaïe, 53, le portrait du Messie futur, tandis que le peuple attendait le Messie glorieux ; mais je ne vois pas qu'aucun texte appuie vraiment cette opinion; Justin, Dial, 43, 3, qui, en effet, se réfère au passage d’Is. en question, ne porte pas, parce que c’est Justin lui-même qui est censé parler.

18. — Carmina Sibyll., IL, vers 556 ets., 716 ets.; Loisy, Relig. d'Israël, p. 258 ets.

19. — Bel. Jud., 6, 5, 4. C’est probablement là qu’il faut chercher l’origine de la prédiction répandue dans Île monde romain du temps de Vespasien, au dire de Tacite (Hist., 5, 13) et de Suétone (Vesp., 4) et d’après laquelle la suprématie allait appartenir à l'Orient et la domination à . des gens venus de Judée : « eo tempore fore ui valesceret oriens profectique Judaea rerum pôtirentur » (Tacite). Cf. Schürer, GJV., IE, p. 518.

20. — Josèphe nous parle bien de deux Judas : le premier, fils d'Ezéchias, s'empare de Sepphoris, en Galilée, au cours des troubles qui suivent la mort d'Hérode le Grand en —#; nous ne voÿons pas qu'il ait péri dans le désastre qui disperse ou détruit ses partisans; le second, Judas de Gamala, dit le Galiléen, qui serait le fondateur de ia secte des zélotes, se révolte au moment où l'Empereur romain fait procéder au cens dont nous allons parler (en 6 ou 7). On remarque que Josèphe, tout en nous parlant plus souvent du second de ces personnages que du premier, ne parait pas disposer sur lui de précisions très abondantes. Lagrange s’est demandé si, en fait, il ne s'agissait pas en — 4 et en +6 d’un seul et même Judas; il est bien difficile d'en décider. Cf. Lagrange, Où en est la question? p. 75.

24. — Graetz, Hist. des Juifs, A, p.245 ets., Schürer, I, p- 420 et s. L'auteur des Actes, 5, 31 a bien l'impression qu’il y a quelque chose de messianique dans la révolte de Judas le Galiléen, puisqu'il la rapproche de la tentative nettement messianique de Theudas. Ce Theudas (Actes, 5, 36) se serait levé avant Judas et, « prétendant

‘être quelqu'un » (eivai miva £avrév), aurait gagné quelques

centaines de fidèles, dispersés après sa mort. — Sur Judas; cf. Schürer, I, p. 486 ets. A vrai dire, en ce qui regarde Theudas, l’auteur des Actes semble s'être trompé en placantavant 7 un mouvement qui, d’après Josèphe, Ant., 20,5,

1, ne vient que vers 44, sous le gouvernement de Cuspius Fadus. Pour éviter cette difficulté, divers critiques ont admis arbitrairement l’existence de deux agitateurs nommés Theudas; cf. Schürer, I, p. 566 et s.; Holtzmann, HDC.,I, p.49; Bauer, Apostelgesch., p. 33, dans HZNT, IV. Au fond la date précise nous importe assez peu ici; c’est le type d’agité messianique représenté par ce Theudas qui nous intéresse.

22. — Friedlaender, Synagoge, p. 114 et s.; 131, voit dans cet Apollos, dont nous parlent les Actes, 18, 24 et s., un prédicateur messianique qui sait ce qu’il convient de savoir du Seigneur, mais qui ignore encore que le Seigneur à paru dans la personne de Jésus.

23. — Graetz, Hist. des Juifs, II, p. 261, croit que c’est de l’essénisme que part le premier cri annonçant que le Messie va venir; mais il se fonde sur la prédication de Jean-Baptiste, qu’il considère comme un essénien, ce qui n’est nullement certain.

24. — Force m'est de supposer ici connu dans ses grandes lignes le monde juif au moment de la naissance de Jésus. En tout cas, on trouvera dans Schürer, GJV, toutes les indications nécessaires. Cf. A. Reville, Jesus, I, 1'e partie, O. Holtzmann, Neutestamentl. Zeitgesch., le résumé clair de Loisy, Jésus, p. 51-56, et les articles Sadducees, Scribes and Pharisees, Essenes, de l’EB.

Page 1