Harnack, Neue Untersuch., p
9. Pline, H. Nat., 30, 1, 16; Dion Cass., 63, 1-7; Suét., Nero, 13.
10. Drews, Christusmythe, 1?, p. 57, renouvelé de Dupuis. 41. Holtzmann, HDC, I, p. 191 et Klostermann, Mi, p. 160, qui donnent des exemples; Von Soden, Chronology, I, col. 809; Conybeare, Myth, p. 193; Clemen, Erklärung, p. 231 et s.; Saintyves, Les Vierges mères et les naissances miraculeuses. Paris, 1908, p. 176 et s. — Sur la place du phénomène dans les légendes de l'Inde, cf. Metzger et de Milloué, Matériaux pour servir à l’hist. orientale du Christian. Paris, 1906, p. 11, 12, 42, 61 ; et dans la vie romaine cf. Julius Obsequens, Prodigia, passim, not. LXXIX (18); CII (42); CXXVIII (67) ; LXX (9); LXXI (10); etc. 12: Virg., Æn., II, 692 :
Vix ea fatus erat senior, Subitoque fragore Intonuit laevum et de caelo lapsa per umbras Stella facem ducens multa cum luce cucurrit.
13. Stars (Burney) ap. EB., IV, col. 4785. L’astronome moderne est J.-H. Stockwell, dans Astron. Journal, novembre 1892. Au xv° siècle, un Juif portugais, Rabbi Abarbanel, frappé par une conjonction de Jupiter et de Saturne, qui survient-en 1463, en infère que la naissance du Messie est imminente. — Sur la persistance de ces recherches pseudo-astronomiques, cf. Schweitzer, Von Reimarus?, p. 610 et s. et ce que nous avons dit pius haut de la chronologie de la Nativité.
14. Holtzmann ; Klostermann; Conybeare ; von Soden : loc. cit. En fait, la prédiction de Balaam se rapportait à une victoire de David sur les Moabites (Loisy, Syn., I, p. 305); celle d’Isaïe a un caractère plus général et elle paraît moins précise — dans les termes — que la précédente; son importance, sur laquelle Strauss, par exemple (Vie de Jés., I, p. 229 de la trad.), insiste, tient à ce qu’elle prend place en tête du chapitre où se trouve décrit l’'empressement des nations à apporter leurs hommages et leurs présents à Sion. — On rapproche d'ordinaire de Nombres, 24, 17 un passage du Testament des douze patriarches (Levi, 18, 3), où on lit: « Et son étoile se lèvera dans le ciel comme un roi faisant rayonner la lumière et la connaissance, ainsi que le soleil sur le jour ». On ne saurait souhaiter plus précise illustration de notre Mi ; malheureusement il est bien difficile de décider si la phrase appartient au texte juif primitif antérieur à l'Evangile, ou si elle ne représente qu’une interpolation chrétienne pos-
térieure, tirée de l'Evangile. C’est pourquoi je crois prudent de n’en pas faire état, non plus d’ailleurs que de la légende juive relative à la levée d’une terrifiante étoile lors de la naïssance d'Abraham, à l’émoi des sages chaldéens, et aux mesures « hérodiennes » prises par le roi Nemrod, parce que l’attestation tardive de cette légende ne permet pas de la considérer sûrement comme pré-chrétienne. Cf. Strauss, loc. cit., p. 277-282.
15. Conybeare, Myth, p. 193, croit que la légende de l'étoile a été mise en forme à Rome, sous Xyste, vers 119, et est entrée alors dans le texte évangélique. C’est une hypothèse intéressante ; elle se fonde sur un écrit syriaque, attribué à Eusèbe, qui raconte que le récit de la visite des mages, rédigé en Perse, fut découvert à Rome, vers 119, et mis en grec. Cf. Gospels, $ 154, où Schmiedel croit difficile que tout soit inventé dans cette histoire. En tout cas, la réserve s'impose.
16. Brückner, Der sterb. Gottheiland, p. 19, se demande, en effet, si l’étoile qui amène les mages à Bethlehem n’est pas en rapport avec un ancien culte local, et, sans affirmer, comme Drews (Christusmythe, 1, p. 56) que c’est celui d’Adonis, il y songe, en remarquant qu’à Antioche la levée d’une brillante étoile, celle d’Astarté, joue un rôle dans la fête d’Adonis ; elle en marque, semble-t-il, le commencement. Nous savons bien par saint Jérôme (Ep., XIL, 49, ad Paulin.), qu'avant Constantin la grotte de Bethlehem était consacrée au culte d’Adonis; mais comme nous ignorons depuis combien de temps, nous ne pouvons rien tirer de ce renseignement pour ou contre la supposition de Brückner. A vrai dire, il ne croit pas que lintroduction du culte d’Adonis à Bethlehem soit postérieure au christianisme; mais une opinion n’est pas une preuve. Contra : Clemen, Erklärung, p. 228. — Sur la grotte de Bethlehem, ce qu'en disent les apocryphes et la vraisemblance d’une influence du culte d'Adonis sur cette légende de la naissance du Christ dans une grotte, cf. Saintyves, Les Grottes. Paris, 4948, p. 183, et s.
17. Bauer, Leben Jes., p. 74-82; Donehoo, Legend. life, p. 63-76.
18. Sur les localisations légendaires du séjour de la Sainte Famille en Egypte, cf. Palladius, Hist. lausiaque, 52. Un tout récent apologiste catholique, Babura, Introduectio,
p. 27, avance encore gravement, comme preuve de la réalité de la fuite en Egypte, Isaie, 49, 4, « … qui de fuga Domini … cerliores nos reddit : Ecce Dominus…. ingredietur Ægyptum. » Malheureusement le Seigneur que le prophète nous montre volant jusqu’en Egypte sur un nuage rapide, c’est Iahwé, ce n’est pas Jésus. Pourquoi nous étonner des applications scriptuaires de nos Evangélistes quand certains de nos contemporains s’en permettent encore de semblables?
… 19. Drews, Christusmythe, I, p. 52 et s., a rappelé les principales et a fait, après Gunkel, Religionsgesch. Verst., p- 54 et s., le rapprochement entre le récit de Mt et celui d'Apoc., 12 (Histoire du grand dragon qui veut dévorer l’Enfant de la Femme et qui la force à fuir dans le désert). Cf. Loisy, Syn., I, 377. — Sur la légende, particulièrement intéressante, de Krichna et du mauvais roi Kansa, cf. les textes dans Metzger et de Milloué, op. cit., p. 87 ets. et diverses remarques utiles dans Saintyves, Vierges mères, p. 250. |
20. Je pense à la prière eucharistique de la Didaché, 9, 2 : « Nous te rendons grâce, notre père, pour la sainte vigne de David, ton serviteur, que tu nous as révélée par Jésus, ton serviteur »; sur l'influence possible de Hosée, 11, 5, cf. Selwyn, Oracles, p. 24.
21. Brassac, Manuel, 1, p. 305. — Plummer, Mt., p. 16 et s.. Otto, Herodes, 142, pense que les rudes mesures d’Hérode contre les propagateurs de prophéties messianiques (Jos., Ant., 17, 36, 46) ont leur importance quant à la constitution de la légende du massacre des Innocents; il était naturel que l'ennemi de tous les Juifs qui attendent le Messie fût l'ennemi de l'enfant Jésus.
22. Saintyves, Vierges mères, p. 2471 ets.; von Soden, Chron., col. 809; Clemen, Erklärung, p. 234; Klostermanp, Mé., p. 160; Drews, Christusmythe, 1, p. 53.
23. Du reste, si une tradition place, au iv* siècle ap. J.-C., le tombeau de Rachel au nord de Bethlehem, en précisant Gen., 48, 7 : « et je l'enterrai là sur le chemin d'Ephrat qui est Bethlehem », (Itin. Hieros., 25, 2 de l’éd. Geyer; Klostermann, Mt., p. 166;, Rama n’est pas à portée le moins du monde. Il semble probable que cette localité est à identifier avec le moderne village de er- Râm, situé à 8 kil. environ au nord de Jérusalem, ce qui
le met à quatre bonnes lieues de Bethlehem. On peut croire que les cris des mères ne portaient pas si loin; mais comme Mt nous transporte hors de l’histoire, Les à peu près ne lui importent guère. La Vulgate évite la difficuité en traduisant « dans Rama » par « in excelso », mais ce n’est pas ce qu'a entendu Mt. Cf. Ramah, ap. EB., TV col. 4009; Loisy, Syn., I, p. 371; Holtzmann, HDC., I,
: 24. Ramsay, Was Christ born at Beth.? p. 88; Sanday, Outlines, p. 193. On attache alors une importance partis culière au verset de Le., 2, 19: « Et Marie conservail toutes ces paroles, les repassant dans son cœur. »
23. Protevang. Jac., 18, 1 et s. Justin, Dial., 78; cf. Bauer, Leben, p. 61ets.; Saintyves, Essai sur les Grottes, 483 ets.
26. Clemen, Erklärung, p. 234; Drews, Christusmythe, I, p. 62 et s.; S. Reinach, Cultes, II, p. 226 ets. J'ai déjà rappelé le passage de saint Jérôme où il est dit que le culte d’'Adonis est installé dans la grotte de la Nativité ; il n’est pas impossible que, tout à l'inverse, la tradition ait localisé la Nativité dans une grotte antérieurement consacrée à Adonis. Cf. Loisy, Syn., 1, p. 350 et Saintyves, Essai sur les Grottes, p. 183 ets.
27. Cette interprétation est celle de la Septante (Ev pésw do Çôwv yvwsôrsn) et elle constitue un admirable contresens; le vrai sens est « fais-le connaître (ton ouvrage)-dans le cours des années ». — Sur le thème des animaux, respectueux, charitables et adorateurs, cf. Saintyves, Vierges mères, p. 157. Cette légende appliquée à Jésus fournit aux mythiques un argument en faveur de leur thèse qui identifie le Christ au soleil : durant longtemps, de — 3000 à -800, le soleil se trouve dans la constellation du Taureau et, au solstice d’hiver, il commence sa course entre le Taureau (le Bœuf) et la Grande Ourse, que, dans l’antiquité, on appelle également l’Ane. Cf. Drews, Christusmythe, 1, p. 65, appuyé sur Volney, Ruines, ch. 43, rem. 83. — Sur le développement de l’histoire de la naissance dans l’étable : Bauer, Leben, p. 61-67.
28. Divers monuments mithriaques attestent qu'au temps de l'Empire romain la légende de Mithra comprenait une adoration des bergers (Cumont, Textes el monuments relatifs aux mystères de Mithra. Bruxelles, 1886, II,
n° 192, 192 bis, 203, 245); et J. Réville, entre autres, conjecturait une influence du mithriacisme sur la légende de Jésus (De la valeur du mithriacisme comme facteur religieux du monde antique, ap. Etudes de théol. et d’hist., 1904, p- 339 et s.); mais Cumont croit plutôt à une imitation du sens inverse (Textes, I (1899), p. 42, 162 et s.; 166, 477, etc.). Cf. Clemen, Erklärung, p. 240.
29. La présentation au Temple et l’épisode de Siméon trouvent leur équivalent dans les légendes brâhmaniques où bouddhiques (cf. Metzger et de Milloué, op. cit., p. 96 et s.). C’est un des quatre passages du N-T. où Garbe, Indien und das Christentum. Tübingen, 1944 p. 48, reconnaît une influence certaine de l’Inde sur le rédacteur chrétien. Contra : Clemen, Erklärung, p. 242 ets.
30. L’intention d'accomplir les prophéties essentielles, moins apparente en Le qu’en Mf, n’y est pas moins réelle; songer à ce que dit l’ange aux bergers, en 2, 14 : « C’est qu'aujourd'hui dans la ville de David, le Sauveur qui est le Christ, le Seigneur, vous est né. »
31. Loisy, Mc., p. 167; Syn., I, p. 197. — Lagrange, Mc., p- 1#1, écrit : « La naissance à Bethlehem n’est pas niée pour cela; Mc ne s’en est pas occupé et même d’après Mt et Le, Jésus avait été élevé à Nazareth. Ce devait être le pays de ses ascendants immédiats, selon l’opinion commune, or ratp! est le pays (ou la ville) des ancêtres. » Notre Mc n’a évidemment aucune idée de cette explication destinée à sauver une tradition, qu’il ne soupconne même pas, pas plus d’ailleurs, que Jn. Un passage de cet Evangile est spécialement probant; c’est 7, 41 : « D’autres disaient : celui-ci est le Christ; mais d’autres disaient : est-ce donc que le Christ viendra de la Galilée? Est-ce que l'Ecriture ne dit pas que le Christ viendra de la race de David et du village de Bethlehem d'où était David? » Il semble assuré que si l’Evangéliste avait accepté la naissance de Jésus à Bethlehem il n’aurait pas manqué d’en tirer avantage. Cf. Conybeare, Myth, p. 189 et 5.
32. Un exemple : Schmiedel, Mary, $ 11, remarque qu’en Mt Bethlehem n’est pas mentionnée avant 2, 4 et il en conclut à addition postérieure de tout ce chapitre 2; il me semble, en effet, qu'entre 1, 25 et 2, 1 il ya un manque de suite certain et qu’on peut passer de 4, 25 à 3, 1 sans que la coupure fasse difficulté.
33. Gaussens, Le pays de l'Evangile. Paris, 1909, p. 156 ets. Sur ces Erinnerungsstätten de Palestine : cf. Pfister, Reliquienkult in Altertum. Leipzig, 1909, p- 368 ets. — Je ne signale que pour mémoire l'hypothèse de Burrage, Nazareth and the Beginnings of Christianity : a new view, based upon philological evidence. Oxford, 1904, d’après laquelle Nazareth serait un district, et non un village et devrait se placer à l'Est du Jourdain, vers Pella.
34. Sur les plus récentes opinions avancées, Cf. Schweitzer, Von Reimarus?, p. 464: Conybeare, The historical Christ. Londres, 1914, p. 42.
35. Keim, Gesch. Jesu, 1, p. 319 et s. : c’est la forme que donne Eusèbe, H.E., 1, 7,14, d'aprés Julius Africanus. On n’est pas d'accord sur la forme hébraïque du mot, non plus que sur son sens.
26. EB., Nazareth, $ 3. L'hypothèse de Gheyne repose : 1°) Sur divers rapprochements de textes : Jn, 1, 46 : « De Nazareth, peut-il venir quelque chose.de bon? » paraît l'équivalent de Jn, 7, 52 : « De Galilée il ne vient pas de prophète. » Mt, 26, 69 : « Toi aussi tu étais avec Jésus le Galiléen », répond à M, 26; T1: «€ Il était aussi avec Jésus le Nazaréen ». (Cf. Me, 14, 67 et 14, 70); 2°) sur une interprétation de la forme Gennesar, qui serait à entendre Gen-nesar, c’est-à-dire Jardin de Nesar ou Jardin de la Galilée ; 3°) sur un passage du Talmud (Megilla, 70°) où Bethlehem se nomme serjeh, ce qu’il faudrait entendre Bethlehem noserijeh, ou Bethlehem de Galilée. — Tout cela reste malheureusement conjectural et arbitraire.
37. Conybeare, The histor. Christ, p. 42; Burkitt, The syriac forms of New Testament proper names. Londres, 1912.
38. B. Smith, Ecce Deus, p. 287 et s., not. 292. L’argumentation présentée dans Der vorchristliche Jesus, p. 42 et s., est quelque peu différente; elle repose sur la consi= dération du silence ou de l'incertitude des textes, elle n’emporte pas la conviction davantage.
39. On doit remarquer, dans le même ordre d’idées, que Pilate, d’après Jn, 19, 19, fait écrire sur le titulus de la croix : Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs. Quel peut être ici l'intérêt de la mention de Nazareth, qui n’est même pas sous la juridiction de Pilate ? L'emploi officiel de l’épithète le Nazaréen, ou du moins — toute question d’authenticité mise à part — présenté comme tel par l'Evangéliste,
ne paraît guère correspondre à une simple désignation de lieu.
40. Exemples : en Me, 1, 24 et 10, 47, plusieurs grands témoins donnent Naf£apnvde, d’autres Nafwpaios et D (Codex Bezae) Nafopevos. Voyez les mêmes différences en 14, 67; Le, 3#; 24,19; etc.
41. E. Nestle, He shall be called a Nazarene, ap. Expos. Times, août 1908, vol. XIX, p. 523.
42, B. Smith, Vorchristl. Jes., p. 31 et s.; Drews, CM., I, p. 25 et s. Drews rappelle que le radical NSR donne aussi le mot nazar ou netzer qui veut dire rameau, rejeton ; il voit là un symbole du Sauveur et explique par ce symbole le texte de Mt, 2, 23; il n’écarte du reste pas le rapport que nous allons retrouver de nazaréen et de nazir.
43. Synagoge, p. 131-156, spécialement 135, 136, 137, 141, 143.
44. Le, 18, 1; Rom., 8, 33; Col., 3, 12; Mt, 24, 22-24; Mc, 13, 20, etc. — Act., 19, 9. — Jn, 13, 10.
45. Salvatorelli, op. cit., p. 15 et s. Cf. Jn, 2, 20; I Petr., 1,45; Apoc., 3, 1. — Rom., 1, 1; 12, 13; 15, 25; 1 Cor, 14,83; 16, 1; 16, 15; Hermas, Pasteur, Vis. 2, 2, 5.
46. Friedländer, Synagoge, p. 140; Drews, CM, 1, p. 28, et s.; le mot nezer serait à entendre dans le même sens que tsemach, qui se trouve en 1s., 4, 2; Jerem., 23, 5; Zach., 3, 8 ; 6, 12; ce rameau, cette pousse de la racine de Jessé, c’est le Messie. Cf. Salvatorelli, op cit., p. 8. S. Jérome prétend avoir appris de docteurs juifs que c'était bien cet Is. 11, 1 que visait Mt : cf Loisy, Syn. I, p. 376.
41. Salvatorelli, loc. cit., examine successivement l’hypothèse de Cheyne, qui propose 1s., 8, 23-9; celle de Hitzig qui tient pour Js., 49,6; celle de B. Smith, Vorchistl. Jes. p. #2 et s., qui dérive nazôraios de nasar — garder, protéger ; etc. 11 n’a pas de peine à démontrer qu'aucune ne vaut.