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à l’aide des ouvrages de Michel Chevallier et d’Alphonse Ailard. Cette contre-épreuve est en raccourci l’histoire économique de l’ancienne France et de la France moderne, au point de vue de la hausse et de la baisse des prix dans leur relation avec l'abondance ou la rareté du numéraire.
Sous les deux vieilles monarchies, carlovingienne et capétienne, « l’or et l'argent deviennent extrêmement rares en Europe. Les denrées de première nécessité, disons mieux, toutes les marchandises, baissèrent par rapport aux métaux précieux ». Cet état économique dura jusqu'au XVI° siècle et pour la même raison.
Au xvr° siècle, Christophe Colomb découvre le Nouveau Monde: Fernand Cortez entre à Mexico (1512); Pizarre aborde au Pérou (1527), et six ans après devient le maître du puissant empire des Incas. « Les prix des marchandises les plus communes comme les plus ares, augmentèrent considérablement dès l’apparition en Europe des trésors américains. »
Au xix° siècle, la découverte des mines d’or et d'argent de la Californie est suivie d’un mouvement de hausse qui se prolonge pendant toute la durée du second Empire. « Le mouvement de la valeur de toutes choses était allé en progressant. » De 1870 à 1880, pendant une période de près de vingt ans, la quantité est diminuée par la démonétisation de l'argent et le ralentissement de la production de l'or, qui s'abaisse de 680 millions de francs à 517 millions — soit de 163 milhons.
D'autre part, la demande va en augmentant, parce que les besoins monétaires augmentent : « Aussi, pendant cette période, les prix de toutes choses tombèrent assez bas. », Enfin, des mines d’or sont découvertes. De 1888 à 1909, on extrait 121 milliards de métal jaune — qui restent dans la circulation sous forme de monnaie. « Cette augmentation prodigieuse en vingt ans explique swrabondamment V'augmentation des prix qui peuvent être obtenus pour chaque Chosevou service 2) (REMIOR
M. de Contenson ajoute avec un air de triomphe: « Peut-
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on douter un seul instant, devant cette abondance de preuves, de l'influence décisive qu'ont exercée de tout temps l'augmentation ou la diminution des quantités de monnaies sur les prix de toutes choses? »
La conviction semble s'imposer plus fortement encore, si l'on songe que les statistiques de Sauerbeck (les « Index: Numbers ») viennent confirmer cette manière de voir.
La précédente démonstration paraît irrécusable. Un de ses protagomistes demande si l’on peut en douter un seul instant, et pourtant cette thèse est contestée : on lui oppose différentes raisons dont quelques-unes paraissent sérieuses.
M. Leroy-Beaulieu, dans un article de l'Economiste français (1), montre que les économistes sont divisés sur cette question, les uns expliquant la crise en grande partie par des circonstances accidentelles, les autres « par la colossale production de l'or qui, après être tombée aux environs de 500millions dans les années 1881-1884 ; et même un peu audessous, à savoir à 493 millions en 1883, s’est considérablement relevée, a franchi le chiffre de deux milliards de francs en 1906 et se tient maintenant aux environs de deux nulliards et demi. Les partisans de cette opinion vont jusqu’à réclamer que l’on supprime en tout pays la frappe de la monnaie d'or ». Partisan de la première opinion, Leroy- Beaulieu repousse la seconde en ces termes : « Disons très nettement que nous ne partageons aucunement l'idée que, jusqu'ici du moins, l’accroissement, si colossal qu'il ait été, de la production de l'or, ait eu une action sensible sur les prix... Cette influence ne paraît pas, Jusqu'à l’heure présente, avoir été importante; à plus forte raison, le remède proposé, à savoir la suppression, par une entente internationale, dela frappe de la monnaie d’or dans tous les pays civilisés, doit-il être regardé comme une proposition absolu-