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(1) 9 septembre 1911.
ment injustiñée et qui aurait les plus graves inconvénients. »
M. Yves Guyot combat également la théorie quantita-
tive (1).
Une autre critique, plus pénétrante peut-être, de la théorie quantitative a été faite par M. Jean Lescure, professeur à la Faculté de droit de Poitiers (2).
M. Lescure ne voit dans l'accroissement de la production d'or « qu'un facteur secondaire, quoique efficace » de cherté. Ce sont les derniers mots de son étude.
Les difficultés du problème se ramènent aux deux sulvantes : « Y a-t-il surproduction de métal jaune, et la hausse des prix a-t-elle pour cause principale la dépréciation de l'or? » À la première question, l’auteur répond d’une façon très catégorique : « Il n'y a pas eu surproduction. » La demande a toujours répondu à l'accroissement de l'offre par une « évolution symétrique ». Si on rapproche les statistiques du monnayage de l'or et de la consommation industrielle des métaux précieux, de la statistique de la production, on constate « avec surprise » que la statistique de la consommation « distance presque toujours celle de la production ».
« Le besoin de métal or, constate M. Lescure, a, dans ces quinze dernières années, sans cesse précédé la production. »
On peut toutefois répondre à cela que le besoin précède généralement la production. Il n’y a pas de raison pour que l'or fasse exception à cette règle.
« Cependant, reprend M. Lescure, la frappe des monnaies indique un accroissement du Desoën de monnaie... L'histoire monétaire, depuis 1870, en est une preuve. » Presque toutes les grandes nations ont adopté le métal or comme étalon monétaire. Cette progression des frappes est parallèle au vote de deux catégories de lois : 1° les lois du monomé-
(1) V. le Journal des Economisles de novembre 1911. (2) Revue d'Economie Politique, novembre-décembre 1911.
tallisme or; 2° les lois d'assainissement de la circulation monétaire. L'Awrriche-Hongrie, à la suite du vote de la loi du 2 août 1892; la Russie, après les lois du 8 août 1806 et du 29 août 1807; le /apon, après la loi du 8 mars 1807; les Etats-Unis, après la loi du 14 mars 1000; le Mexique, après les deux lois de 1905 ; la Turquie, enfin, après les lois de 1003 et 1007, ont accusé tour à tour des frappes d’or de plus en plus considérables. La progression des frappes a été garallèle au vote des deux séries de lois mentionnées (lois monométallistes, lois d'assainissement). D'où l’auteur tire ette autre conclusion : « La concomitance entre les lois de réforme monétaire et l'élévation des frappes est trop nette pour qu'on puisse contester le lien étroit de cause à effet qui les unit. » (P. 734.)
À lappui de ses affirmations, il donne une statistique des frappes de monnaie.
L'or, reprend le distingué professeur, a un rôle monétaire : c'est sa première forme. Il peut se présenter aussi sous forme de Hngot. Sous cette dernière forme, il entre dans l'encaisse des grandes banques d'émission et joue un rôle d'assainissement de la circulation monétaire. Si l’on examine la statistique de lencaisse, on constate qu’elle conhrme de tous points l'interprétation déja donnée des conséquences de l'accroissement de production de.lor. Ce sont les pays dans lesquels la circulation demandait à être assainie, qui accusent la plus forte augmentation d’or. Ici encore, la production croissante correspondait à des besoins réels. L'Italie, l'Espagne, le Brésil, la République Argentine, les Etats-Unis ont profité de cette énorme production d'or pour augmenter leur encaisse. Et M. Lescure produit à ce sujet une statistique, non moins suggestive que la précédente, et qu'il accompagne de ce commentaire : « Ces faits nous donnent l'impression, dans la période récente, d'yxe véritable lutte pour l'or plutôt que d’une surabondance de métal, »
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Voici la statistique en question
En caisse moyenne des banques d'émissions.
Excédent Millions 1890 1909 en 1909 Angleterre :.. . + dé livres. ‘* 21,8 374 15.6 Belgique. 151.1. "de francs 4e 105,7 159 SAS Allemagne. . . « de marks. . - So 1.040 245 Autriche-Hongrie. de couronnes. 218,1 1 (On 1.402,9 RUSSIÉ PARU Aéro blesms 400,4 I 210,2 800,8 Espagne - . =: . . de pesetas . … LOC MU I0O A 034,6 Snbsertete Mme TaANCSEsSr 80 161,8 81,8 TAN ER MERE OR TOILE S RE 349,9 1.060 610,1 Japon + Am Ré yens En 24,9 217.8 182,9 Hrancentet tacle ancre 25 3.030 2+374
« Nous sommes donc admis, ajoute M. Lescure, à tirer de ces statistiques une première conclusion : 1l n'y a pas eu surproduction d’or; l'offre a trouvé en face d’elle une demande correspondante. » (P. 735.)
Malgré l'autorité qui s'attache au savant professeur, nous nadopterons pas sa conclusion. M. Lescure établit que, pour l'or, l'offre trouve une demande correspondante. Soit, mais cela ne prouve nullement qu'il n’y ait pas eu surproduction. C’est bien le cas de répéter le mot de J.-B. Say : « Toute production est consommation. » Une marchandise peut parfaitement s’écouler sur le marché, trouver par conséquent une demande correspondante, tout en voyant ses prix s'avilir et sans doute à cause de cette baisse de sa valeur : c’est l’avilissement qui aura provoqué une demande plus abondante, et cet avilissement sera la conséquence de la surproduction.
M. Lescure essaie de répondre à une autre objection, qui serait la suivante : « Toutes les marchandises haussent et la valeur de l’or est stationnaire (3.437 francs le kilo) : il y & donc eu surproduction et dépréciation.
À vrai dire, l’'objection, telle que la formule M. Lescure,
serait un mauvais argument en faveur de la théorie quantitative. Le prix à peu près fixe de 3.437 francs le kilo ne prouve pas que la valeur de l'or soit stationnaire. Le franc est défini par rapport à l'argent, et indirectement par rapport à l’or lui-même, en se basant sur son rapport légal avec l'argent. Si un kilo d’or vaut exactement le même nombre de francs qu'il y a quelques années, il ne s'ensuit pas que la valeur réelle de l’or n'ait pas varié. Sans doute, le métal monétaire vaut toujours 3.437 francs; mais il reste fort possible que le franc lui-même n'ait plus la même valeur.
Toujours est-il que M. Lescure fait à l’objection, ainsi posée par lui, la réponse suivante : l'or est resté stationnaire, parce que tous les Etats ont décidé qu'il resterait tel, sans quoi Son prix aurait augmenté, comme celui des autres marchandises.
Mais par rapport à quoi, pourrait-on demander à M. Lescure, le prix de l’er aurait-1l augmenté? D’après ce que nous venons de voir, on ne sait pas quelle peut être la valeur ex soi de l'unité monétaire.
Pour essayer de prouver que l'or ne s’est pas déprécié par excès de production, M. Lescure indique que, si sa valeur avait baissé, « 1l se vendrait au marché en-dessous de son cours monétaire : ce qui ne se produit pas en général ».
Ce phénomène, répondrons-nous, ne peut pas se produire avec la frappe libre. Au cours de son étude, le distingué professeur constate bien que la valeur de l'argent avait baissé de 1872 à 1876; mais cette différence, précisément, n’est devenue sensible qu'après la suppression de la frappe libre de largent.
Enfin, M. Lescure termine par cette considération, que l’on considère comme un des plus sérieux arguments contre la théorie quantitative, à savoir la hausse inégale des prix : une hausse due au facteur monétaire, dit-il en substance, serait rectiligne et ininterrompue; elle affecterait tous les produits à la fois. Or, le renchérissement que nous observons a commencé par les produits industriels; de là, il
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s'est répercuté sur les revenus des producteurs, et, en fin de compte, sur la demande des produits agricoles. Il y aurait donc des causes spécifiques de variations des prix, qui tiendraient aux marchandises et pas du tout à la dépréciation der Por:
Personne assurément ne nie l’action de ces causes spécifiques. La valeur des choses est déterminée par des facteurs très divers, tels que la « désidérabilité » et les conditions particulières de production. Mais l'abondance ou la rareté du stock monétaire est bien parmi les plus importants de ces facteurs.
« Sans nul doute, dit M. Zolla, personne ne peut prouver que l'or, devenu plus abondant, a perdu une partie de son pouvoir d'achat. On ne fait pas d'expériences en matière économique comme dans un laboratoire. » Mais les observations précédemment exposées constituent bien de sérieuses hypothèses.
M. Zolla lui-même reconnaît volontiers que la dépréciation de l'or n’est qu’une des causes — mais une cause dominante suivant lui — du renchérissement.
« Nous ne prétendons pas que cette cause agit seule; nous ne songeons pas davantage à Llur assigner une imporlance déterminée et précise. »
« Les prix subissent d’autres influences et, par suite, les variations qu'ils accusent répondent à l’action d’un nombre indéfini de circonstances, de faits économiques ou sociaux, dont 1l ne faut pas nier la puissance. Pendant toutes les périodes historiques de hausse ou de baisse, la courbe des fluctuations de cours varie avec chaque produit, de même qu'elle change avec chaque région ou chaque pays. Le sens général du mouvement est seul identique et paraît révéler l'influence persistante d’une même série de causes (1). »
Ainsi, les partisans de la théorie quantitative ne prétendent pas que la dépréciation de l'or soit la cause rique de
(1) Revue des Deux-Mondes du 15 octobre 1911.
la vie chère. Parmi eux M. de Contenson est peut-être encore le plus absolu.
Mais si l'on considère, d’autre part, que la plupart des adversaires de cette théorie reconnaissent cependant à la dépréciation de l'or une influence plus ou moins grande sur les prix ; si l’on considère aussi que les arguments de M. Lescure, ainsi que nous venons de le démontrer, laissent subsister la thèse de M. Zolla, on est amené à conclure que l'accroissement du stock monétaire a eu pour effet d'amener un renchérissement général des prix. Ce phénomène n'est pas, à lui seul, une explication suffisante de la crise. II constitue une des causes de la vie chère, il n’en est pas la seule cause ; et la preuve, c'est qu'il y a encore bien d’autres causes, que nous allons examiner.
1]. — Les rapports de la production
et de la consommation.
a) La Production mondiale. — Envisageant alors la seconde face du problème posé précédemment, nous devons nous demander si la hausse générale des prix ne provient pas de l'insuffisance des denrées et marchandises.
S1 les consommateurs ont tant de peine à se procurer leur subsistance, cela ne tiendrait-1] pas simplement à ce que les objets nécessaires à l'existence ne sont pas en assez grande quantité? En d’autres termes, ia production suffit-elle à la consommation ?
Cette question dépasse forcément les limites de tel ou tel pays. À supposer que toutes les barrières économiques, et même que toutes les frontières politiques fussent abolies; à supposer encore une parfaite orgamisation des transports et d'idéales méthodes de distribution dans l’univers entier, le col, tel qu'il est aujourd’hui cultivé, produirait-1l suffisamment pour nourrir, vêtir et loger le genre humain d’une façon convenable, c’est-à-dire en lui évitant toute privation physique ?
Les statistiques, à cet égard, manquent de précision. Elles ne sont d’ailleurs point spéciales à la crise que nous traversons. Et les considérations que nous allons faire ne tiennent aucun compte des circonstances particulières qui, dans le courant de l’année 1011, ont momentanément raréfié ou contrarié la production. Nous voulons nous demander si, indépendamment des causes accidentelles et aussi des causes politiques, financières et sociales de cherté, l'insuffisance relative ou la mauvaise organisation de la production — phénomènes permanents et tout au plus accentués ou atténués suivant les circonstances naturelles, les régions, les progrès techniques — ne contribuent pas tout d’abord à
rendre la vie difficile en ne satisfaisant pas à toutes les demandes.
De fait, pour certains économistes, —- pour M. Novicow, entre autres, — la production mondiale est très loin de suffire aux exigences mondiales de la consommation. Nous parlons ailleurs de l’insuffisante production de bétail. Envisageons 1c1 une autre denrée essentielle, le blé.
La production mondiale du blé, dit M. Novicow, s'élève environ à 00 milliards de kilogrammes. Si nous admettons qu'une quantité moyenne et annuelle de 200 kilogrammes de pain soit nécessaire pour satisfaire une bouche d'homme, et si nous évaluons en chiffres ronds la population totale du globe à 1.500.000.000 d’individus,nous constatons qu'on récolte presque trois fois moins de blé qu'il n’en faudrait pour tout le genre humain. On objectera que certains peuples se contentent de seigle, de maïs, de riz, de manioc, etc. et qu'ils ne trouveraient point d'avantage à se nourrir de pain. Encore que cela soit contestable, acceptons largument. Considérons le seul groupe européen, pour lequel le blé est la plante alimentaire par excellence. Ce groupe est composé de 600 millions d'hommes environ. Même pour ce groupe restreint, 120 nulliards de kilogrammes seraient nécessaires, et on récolte seulement 00 milliards sur le globe entier |
Même remarque au sujet du sucre : 1l s’en produit 12 m:!liards de kilogrammes par an, alors que le groupe européen, à lui seul, devrait en absorber — à raison de 50 kilogrammes par tête — 30 milliards, au bas mot.
La production du coton est de 4 milliards de kilogrammes. Or, sur un milliard et demi d'hommes, 500 millions sont complètement vêtus, 750 millions le sont à moitié, 250 millions vivent absolument nus,et ce n’est pas toujours, ainsi qu'on pourrait le supposer, à cause de l’extrème chaleur. Pour habiller toute l'humanité, il faudrait au moins doubler la culture et la manufacture du coton, ce qui ne païaît guère être du domaine des possibilités.
Et si, après quelques denrées de première nécessité prises
à titre d'exemples, on considère les objets de demi-luxe ou de luxe — lesquels, nous l'avons vu, entrent progréssivement et successivement dans les catégories du nécessaire, — on arrive à des résultats tout aussi désolants.
Par conséquent, quelle que soit la puissance d’achat dont les hommes disposent, et quand ils auraient tous d'assez grandes ressources en argent, ils ne cesseraient de gémur sur les difficultés de l'existence matérielle. Et même, à supposer que d’impossibles réglementations, abolissant le régime de la monnaie, partagent demain entre tous les hommes, selon leurs besoins, tous lés produits de la terre, toutes les richesses du sol et du sous-sol, la crise actuelle ne disparaîtrait que pour faire place à la gêne universelle. 11 n'y aurait plus de famine partielle, mais tout le monde aurait faim. Nul n'irait tout nu, mais tout le monde grelotterait. L'excessive opulence et l'extrême pauvreté seraient également abolies, mais la planète ne serait plus habitée que par de lamentables colonies de médiocres et d'indigents.
Faut-il croire que notre globe ne peut pas nous fournir cr: qui nous est nécessaire? La géographie et l’agronomie démentent, de la façon la plus formelle, cette supposition. Elisée Reclus affirme que les ressources de la terre sont en fait illimitées. Pour le blé, le coton et le sucre, dont nous avons cité les exemples, il y a encore sur le globe des millions d’hectares, où ils pourraient être produits dans les meiileures conditions, et qui ne sont même pas cultivés. Sur des millions d’autres hectares cultivés, les rendements sont ridicules; ils seraient aisément triples et quadruples par des méthodes plus scientifiques et par un travail plus assidu. Le sous-sol n'est pas mieux exploité que le sol : les entrailles de la terre renferment d’incalculables richesses que nous ne savons pas mettre au Jour.
La cause générale et permanente de notre pauvreté économique consiste donc principalement dans ce fait que nous menons mal nos affaires. La production mondiale ne satisfait pas tous les besoins mondiaux de la consommation. Et la consommation se fait chaque jour plus exigeante, plus
SN , étendue, tandis que la production s'embarrasse, se complique, s'égare parmi les conflits d'intérêts individuels et les entraves politiques.
Nous aurons à étudier plus loin les conditions où set rouve à cet égard notre pays. Nous examinerons si la production française répond aux exigences de la consommation, et comment les divers produits, selon que l'offre dépasse la demande ou qu’elle lui est inférieure,soulagent leur pléthore dans l'exportation ou remédient à leur insuffisance par l'importation. Nous parlerons aussi des diverses entraves que le législateur, à tort ou à raison, impose à la liberté des échanges.
Mais 1l importait de signaler auparavant l’umiverselle disette — disons, pour ne rien exagérer, l'insuffisance de la production mondiale. Dans l’état actuel de la vie économique, les hommes qui veulent vivre dans l’aisance, c’est-à-dire contenter, sans Jamais se priver, les besoins essentiels de la nature humaine, consomment sans s’en douter la part essentielle de beaucoup d’autres hommes. Quels que soient nos sentiments de justice et de pitié, nous ne saurions « vivre », dans une large acception de ce verbe, sans affamer quantité de vies lointaines et méconnues.
Ce qui est vrai pour les individus ne l’est pas moins pour les nations. Un pays produit plus qu'un autre et consomme plus qu’un autre. Sans doute, la prospérité d’une nation profte aux autres nations. Mais, comme c’est précisément la production qui engendre la richesse, les pays peu favorisés sous ce rapport n'auront pas toujours les moyens financiers de se procurer tout ce qui manque à leur subsistance. Sans compter que les mesures protectionnistes — quels qu’en puissent être par ailleurs les avantages — ont encore pour effet de restreindre, d’une nation à une autre, la libre satisfaction des besoins réciproques.
b) La production nationale. — Naturellement, le point de vue change si, laissant de côté la production mondiale, nous réduisons notre examen à la production nationale. Encore que cette façon d'envisager les choses repose tout entière sur l’artifice de la protection, nous devons, pour être complet, l’'admettre en ce chapitre.
Les vingt dernières années du XIX° siècle ont coïncidé dans notre pays avec un développement très rapide et une abondance extraordinaire de la production. Cette abondance correspond d’ailleurs à une basse de prix tout à fait remarquable. Et les économistes de discuter sur la question de savoir si la production a augmenté al gré la baisse, ou si les prix ont baissé à cause de l'abondance. Quoi qu'il en soit, voici les chiffres pour le blé
Récolte annuelle
Période du froment en France
TOOLS ON AM AE Re 99 millions d'hectolitres TOOL TOC SE Le se D Dale Ur (is — = LODA= ECO MARIO PO — == TÉOLETS OS SE TNT DAIOS == = 1000510008. à MAR NET OR UE TRTTA == —
«La surface totale cultivée, dit M. D. Zolla (1), n’a pas changé, mais la production totale s’est élevée au-dessus des moyennes précédentes. Et, en même temps que les prix baissaient, les efforts des producteurs ont redoublé pour accroitre les quantités récoltées, de façon à élever les recettes totales où à les maintenir au même niveau. Emploi des engrais minéraux, adoption des meilleurs assolements, accroissement du nombre et du poids des animaux de ferme produisant plus de fumiers, sélection des semences, tout & été mis en œuvre pour arriver précisément à accroître la production, tout en réduisant les dépenses par quintal de grain obtenu. Voilà pourquoi nous constatons durant cette période
(1) Revue Politique et Parlementaire, 10 janvier ro12 (article de M. Daniel Zolla).
2 hop Le
une augmentation des quantités de froment récoltées, bien que les plaintes des agriculteurs soient très vives. »
En ce qui concerne le bétail, mêmes observations. De 1882 à 1802, on a pu constater un accroissement d’effectif, s’élevant à 711.000 têtes pour les bovidés et à 274.000 têtes pour les porcs. Seul, le troupeau de moutons a subi une diminution, mais ce phénomène est général en Europe. Et, ici encore, nous constatons une baisse de prix qui coïncide avec le développement de la production.
Depuis 1900, on continue à noter une augmentation plus ou moins grande dans les diverses branches de la producton.
Si le seigle, le sarrazin et l'orge demeurent stationnaires ou même accusent un ‘léger fléchissement, 1l importe de remarquer que ces diverses céréales sont remplacées, un peu partout, par le froment, par l’avoine et autres cultures fourragères. De 1900 à 1000, le blé rend annuellement en moyenne 117 millions d’hectolitres, au lieu de 114 dans la période précédente. Nous n'avons donc que peu de blé à acheter à l'étranger, la consommation moyenne de la France s'élevant environ à 123 millions d’hectolitres par an.
La betterave, destinée à l'alimentation de nos animaux de ferme, occupe des surfaces de plus en plus étendues : ces surfaces, qui ne dépassaient pas 400.000 hectares entre 1890 et 1809, atteignent aujourd’hui 580.000 hectares. Et la production est montée de 100 millions de quintaux à 164 mullions, progrès énorme et dû en partie à l'augmentation du rendement.
Les progrès accomplis dans la culture des pommes de térre ne sont pas moins sensibles : la surface cultivée passe de 121 millions en 1900 à 131 millions en 1000. Mais surtout le rendement s’est élevé, grâce aux perfectionnements agricoles, de 70 quintaux par hectare à 87 quintaux. Cet accroissement significatif n’a pas été obtenu sans dépenses nou-