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INTERMÉDIAIRES, SPÉCULATEURS

Ceux qui se refusent à considérer les droits de douane, l'augmentation des impôts et les lois sociales comme ayant contribué pour une part à la hausse des prix, sont enclins à voir une cause importante de cherté dans l’ « organisation vicieuse des marchés ».

On dénonce des rouages trop compliqués ou inutiles, des (parasites », des manœuvres frauduleuses ; on maudit les intermédiaires, les accapareurs. les spéculateurs ; on déplore le nombre excessif des commerçants de détail, les ententes publiques ou secrètes entre producteurs.

En économie politique, on qualifie d’inlermédiaires, soit ceux qui font subir aux denrées une préparation les rendant plus facilement utilisables (commeles boulangers et les bouchers), soit ceux qui ne font que transmettre les produits du producteur au consommateur (comme le laitier, le fruitier, l'épicier). Bien que jouant un rôle parfois des plus utiles, les uns et les autres prélèvent une rémunération qui diminue le bénéfice du producteur ou majore la dépense du consommateur.

Nombre d'économistes orthodoxes, s'appuyant sur l'axiome d'après lequel «la concurrence est l’âme du commerce », proclament que plus la concurrence est forte plus il y a lieu de s'en féliciter. Une concurrence intensive établit d'elle-même le juste prix des choses, alors que le quasimonopole de fait ou de droit tend au contraire à fausser, — généralement à élever — ce juste prix. Ce principe élémentaire nous paraît trop absolu. S'il est vrai que le monopole fausse les conditions du marché, il est par contre exagéré de dire qu'il n'y à jamais trop de concurrence. Nous sommes portés à croire que le consommateur n'a

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