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Et tous les autres ne dépassent pas 10.000 francs par an». En province, sur 4.000 inscrits — mettons 2.000 plaidants ou consultants — «huit ou dix», en quelques grandes villes, arrivent à 60.000 francs; une centaine peut-être gagnent de 10.000 à 20.000 ; et la masse de leurs confrères demeure bien loin de ces émoluments». Encore que les évaluations de M. d'Avenel nous paraissent quelque peu pessimistes — on pardonnera à l’auteur de cette étude une illusion professionnelle — il est avéré que le gain de l'avocat notable reste inférieur à celui du médecin et de l'artiste (cotés »,
Si l’on songe, d'autre part, que l'extension de l'assistance Judiciaire diminue le nombre des «causes payantes » et que les lois et les règlements interdisent à l'avocat d'assumer hors du Palais aucun emploi mercenaire, on se rendra compte que, (par le temps qui court», cette carrière n’est guère accessibleaux jeunes gens sansfortune.Cependantun grand nombre s'y engagent, et ils ne tardent pas d'y rencontrer les plus cruelles déceptions. N'est-ce point pour seconder, le cas échéant, ces prolétaires du Barreau qu'au mois de mai 1909 se fondait à Paris, sous l’auspice de la Conférence des Bâtonniers, une « Mutuelle des Avocats » — la 2.522° — ayant pour objet «d'accorder des pensions de retraite, des allocations d'invalidité, des indemnités de veuvage, et des secours en cas de besoin urgent » (x).
Croit-on que la présente crise de cherté, n'ait été capable de provoquer, au sein de cette significative « Mutuelle », les demandes de «secours urgents» prévus par les statuts?
Les médecins vont nous offrir de semblables observations. Mêmes inégalités de situations dans la médecine qu'au barreau : en haut de l'échelle, une petite aristocratie de professeurs et de spécialistes illustres, n'ouvrant leur
(1) Circulaire datée du siège social, 29, avenue de Marigny, le 15 octobre 1910.