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LE RENCHÉRISSEMENT DE LA VIE DEPUIS LA GUERRE

(Prix de 1914 et Prix de 1920)

LES VIvres

Ce sont les denrées alimentaires qui ont été les plus gravement atteintes par la hausse ; leurs prix ont renchéri dans des proportions considérables.

La viande. — La viande joue dans l’alimentation populaire un rôle dont l'importance va toujours grandissant.

La consommation annuelle de chaque Français qui était de 26 kilos, en 1862, atteignait déjà 57 kilos, en 1909 (1). Cette progression a été enéore infiniment plus rapide depuis la guerre. D'une part, en effet, les majorations de salaires ont permis à un très grand nombre de personnes d'améliorer considérablement leur alimentation et d'acheter chaque jour à la boucherie les morceaux les plus copieux et les plus délicats, et, d'autre part, les mobilisés qui, durant

(1) D'après les statistiques annuelles du Ministère de l'Agriculture.

L'on

cinq ans ont pris l'habitude de consommer quotidiennement 400 ou 500 grammes de bœuf, (soit 144 kilos en moyenne par an au lieu de 57) ne se contenteraient plus volontiers de menus où la viande n’occuperait pas une place suffisamment im portante.

Or, nous allons voir précisément dans quelles proportions la note du boucher a grossi depuis 1914.

Déjà avant la guerre, les ménagères se plaignaient, non sans raison, du renchérissement de la viande ; mais, cette hausse si réelle qu'elle ait pu être, nous paraît singulièrement bénigne à côté de celle que nous subissons actuellement et dont l’amplitude va nous être révélée par le tableau suivant :

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