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tres de la terre pour acheter nos vins-et surtout notre sels
A: signaler encore, comme autre cause de cet adlux de. monnaie, l'appât des placements exception-
.nellement lucratifs que nous offrons aux étrangers.
« La banque de Lyon ouverte par le roi François 1er commença à prendre l'argent à 8 0/0, puis à 10, à 16 et jusqu'à 200/o. Si bien que « les Florentins, Lucquois, Genevois, Suisses, AHemands, affriandés de la grandeur du profit, apportèrent une infinité d'or et d'argent en France. »
« Par même moyen, les rentes constituées sur/la ville de Paris qui montent à 3.500.000 livres tous les ans ont alléché l'étranger qui a porté ici ses deniers: pour y faire profit. »
En quelques années le stock monétaire de la France. s’est donc considérablement accru ; etc'est cette abondance d'or et d'argent qui « en a causé le mépris » ; d'où la hausse des prix, conséquence fatale de cette dépréciation.
Etayé sur de nombreux faits, le raisonnement de Bodin est logique et ses conclusions paraissent irréfutables.
Aussi sa thèse fut-elle généralement admise et eutelle, à cette époque, la force d'un axiome.
En réalité, Oresme et Copernic avaient déjà remarqué l'influence exercée par la masse monétaire sur le niveau des prix: mais c'est dans la « Réponse. aux Paradoxes » que l'on voit la première démonstration du renchérissement causé par l'accroissement du:stock monétaire, et c'est donc bien à Bodin que
revient l'honneur d’avoir mis en lumière le principe de cette fameuse théorie quantitative qui devait avoir, par la suite, une si brillante destinée.
La THÉORIE QUANTITATIVE APRÈS BopiN
Bodin avait montré l'influence de la masse monétaire sur le niveau des prix. Cette idée devait être reprise par un grand nombre d'écrivains — économistes ou philosophes — mais, chemin faisant, la théorie quantitative s'est enrichie d'éléments nouveaux et a revêtu une forme plus précise et plus scientifique.
Vingt ans après la « Réponse aux Paradoxes », l'italien Davanzati en donne une interprétation étroite et rigoureuse :
« Per accorde delle genti », déclare-t-il, dans ses « Lecons sur la Monnaïe (1), tout l'or mis en œuvre, « en y ajoutant, si l'on veut, l'argent et le cuivre, « représentent juste ce qu'il faut aux hommes pour « acheter ce dontils peuvent avoir envie ou besoin ». Ce qui revient à dire que le stock de monnaie se répartit exactement et uniformément sur le stock de marchandises, si bien qu'il ne peut augmenter ou diminuer sans que la quantité de monnaie correspondant à chaque marchandise subisseuneaugmentation ou une diminution proportionnelle qui se traduira par une hausse ou une baisse des prix.
(5) Dednacuous DELLE MONETE dans Scrittori 1 classici italiant di Economii politica - Parte antica. T. IL. D
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C'est la théorie quantitative sous sa forme la plus stricte.
Au XVIIe siècle, Emeric de Lacroix (1), Montchrestien (2), Locke (3), Mun (4) et Petty (5)adoptent la même opinion. Ils laissent encore dans l'ombre plusieurs éléments du problème. Il faut arriver à Cantillon pour en trouver une analyse plus approfondie. :
L'auteur del’ Essai sur la Nature du Commerce (6), souligne l'importance d'un facteur jusqu'alors négligé : la plus ou moins grande vitesse de circulation de la monnaie qui équivaut en définitive à une augmen-— tation ou à une diminution de sa quantité.
De même en effet qu'une voiture trois fois plus rapide fait le service de trois voitures, une pièce de monnaie servant à trois fois plus d'échanges équivaut à trois pièces.
Or, il est évident qu'une foule de causes peuvent influer sur la rapidité de circulation de l'argent.
Une pièce peut passer de mains en mains et effec—
(1) Emeric pe Lacroix. Le Nouveau Cynée, p. 189 et suivantes. :
(2) MoxrcHresrTieN. Traité de l'Economie Politique. édition Funck-Brentano. p. 257.
(3) Locke. Some considerations or briefe examination, 3° dialogue, édii. Miss Lamond, p. 187.
(4) Mux. England's Treasure, ch. IV.K$ 3 (édit. Macmillan, p. 22-24). :
(5) Perry. Treatise of Taxes, ch. V.$$ oet suivants (édition Hull. I, p. 49 et suivantes).
(6) Canriczon. Essai sur la nature du Commerce en général, chap. VI-X, édit. 1755, p. 211 et suivantes.
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tuer de nombreux cycles d'opérations dans un très court délai. Il en est ainsi dans les villes où la même pièce peut, en une seule journée, changer maintes fois de propriétaire. Parfois au contraire les billets de banque ou les espèces métalliques sont immobilisés durant un laps de temps plus ou moins long en attendant leur emploi, ou même enfouis, pendant plusieurs années dans les cachettes des thésauriseurs.
La hausse des prix ne sera donc pas toujours strictement proportionnelle à l’accroissement du stock monétaire.
De même la monnaie ne parvient pas avec la même rapidité dans tous les canaux de la circulation, et le renchérissement ne se produit donc pas obligatoirement au même moment et dans les mêmes conditions pour toutes les marchandises.
Mais si l’on comprend aisément que, dans l’ensemble, un accroissement du stock monétaire aboutisse à une hausse générale des prix, on peut se demander quel est le mécanisme de ce renchérissement.
Cantillon l'explique par la loi de l'offre et de Ia demande.
Les détenteurs de métaux précieux (propriétaires de mines ou commerçants en rapport avec les pays où elles ont été découvertes) s'étant rapidement ‘enrichis, augmentent leurs dépenses et font ainsi la fortune de leurs fournisseurs qui, pouvant à leur tour vivre plus largement, multiplient leurs achats et. permettent à d’autres négociants d'accroître leurs recettes ; et c’est ainsi que, par suite d'une augmen-
tation de la consommation générale, les prix de toutes les marchandises s'élèvent de proche en proche.
La théorie quantitative, ainsi complétée par Cantillon, devait être encore après lui l'objet de nombreuses études.
Les économistes modernes se sont particulièrement attachés à mettre en relief les éléments susceptibles de contrebalancer l'influence d’un afflux de numéraire ; notamment l'accroissement du mouvement des échanges.
Il est bien évident en effet que le stock monétaire aura beau augmenter, si la quantité de marchandises créées et le nombre de transactions effectuées s'accroissent dans des proportions plus considérables encore, ce n'est pas une hausse, mais une baisse générale que l’on constatera infailliblement.
11 faut également tenir compte de la consommation industrielle des métaux précieux. La monnaie n’absorbe qu'une partie plus ou moins forte de l'or et de l'argent extraits annuellement.
Les anciens économistes n'ont pu méconnaitre le rôle de ces facteurs, mais ils ne les ont pourtant pas clairement mentionnés.
Enfin, on ne doit pas oublier que l'effet d’un afflux de numéraire sera d'autant moins sensible que le stock monétaire, dont il viendra grossir le volume, est déjà plus considérable. :
Par stock monétaire, il faut naturellement entendre non seulement les espèces métalliques, mais encore les billets de banque dont l'émission équivaut à une