LA LOI CHRÉTIENNE EST LA PLUS SIMPLE ET LA PLIS POPULAIRE
La loi chrétienne répond à toutes les aspirations des plus hautes intelligences el aux besoins des plus nobles
(!) Luc, XXII, 2.
1 I Cor., I, 2C), et l'Apôtre ajoute : Infirma mundi elegit Deux ut confundat fortia.
(3) V. notre Lettre pastorale sur l'Encyclique : De la condition des ouvriers 1 1891
cœurs. La doctrine de l'Evangile est l'objet d'une science vaste comme Dieu et ses œuvres, élevée au-dessus «les doctrines humaines, comme le ciel au-dessus de la terre. Celle science se nomme la théologie catholique, elle a ses docteurs qui comptent aux premiers rangs, parmi les plus beaux et les plus puissants génies. Il y a une philosophie chrétienne, et les œuvres de son plus illustre représentant ont apparu à ce siècle étonné comme la merveilleuse synthèse de la sagesse humaine. Il y a une éloquence chrétienne, car cette doctrine a mis au cœur de ses disciples, avec le trésor des plus hautes vérités, les élans et la flamme de l'amour divin. Il y a un art chrétien, car l'Evangile a inspiré les artistes, multiplié les chefs-d'œuvre de l'architecture, de la sculpture, de la peinture, de la musique, et donné à la civilisation depuis dix-neuf siècles, un éclat et une splendeur que les peuples païens les plus vantés n'avaient pas connus. Et pourtant cette loi et cette doctrine sont essentiellement populaires. Elles ont pour révélateur celui qui s'annonçait, plusieurs siècles à l'avance, comme « envoyé pour évangéliser les pauvres : Evangelisare pauperibus rrtisit me » (1). C'est l'adorable Maître qui, au-dessus de la guérison des malades et de la résurrection des morts, a donné ce signe le plus éclatant de sa divinité: «Les pauvres sont évangélisés » (2). Il a appelé tout d'abord les bergers auprès de son berceau et choisi ses apôtres parmi des bateliers ignorants. 11 a apporté à ceux qui travaillent et qui souffrenl la consolation et l'espérance, et il esl pour tous « la voie, la vérité et la vie » (3).
I [s., LXI, i. — Luc, IV. 18.
Ci, Matth., XI, :».
'..'i .lu, mu. \ IV, 6.
LA LOI DIVINE DE LA VIE CHRÉTIENNE 17o
Aussi sa loi est simple el populaire dans son autorité cl sa source, car la raison el le bon sens comprennent que la loi doit remonter jusqu'au pouvoir suprême de Dieu. Elle esl simple el populaire dans l'affirmation des récompenses el des châtiments réservés à la fidélité ou à la révolte.
Notre Seigneur Jésus Christ met son enseignement à la portée des plus petits et t\{'> plus humbles. Il emploie la forme saisissante et gracieuse des paraboles; il emprunte se- comparaisons à la nature, aux travaux des champs, aux objets que ses auditeurs ont sans cesse sous les yeux. Dieu est le père de famille, l'agriculteur qui envoie ses ouvriers à sa vigne et qui les paye le soir venu. Le divin Maitre parle du figuier stérile, du semeur et des moissons, du champ dans lequel l'ivraie a été mêlée au bon grain, du pasteur, des brebis fidèles el de pi brebis perdue, de l'épi sous la faux. t\{'< raisins sous le pressoir de la poule qui rassemble ses petits sous ses ailes. Les hautes pensées, les divins enseignements élèvent et ennoblissent sa parole, el lui donnent des attraits et une puissance que n'a jamais possédés la parole humaine. Elle éclaire, elle louche, elle subjugue, elle entraine ; et la foule, qui l'a suivi au désert, s'écrie : f( Jamais homme n'a parlé connue cet homii (1).
L'Eglise catholique a recueilli les traditions de ce langage, les formes et la puissance de cet enseignemenl ; elle instruit les intelligence^ d'élite el les petits enfants, les hommes de la science el le- fidèles du plu- modeste hameau, les peuples de aotre vieille Europe et les tribus sauvages du centre de l'Afrique el des régions glacée*