‹ La vie chrétienneChapitre 26 sur 57 · acte · texte numérisé non relu

acte

Si les intentions bonnes, louables et surnaturelles sont les causes principales et déterminantes de nuaction-, ces actions sont bonne- et méritoires : quoique les intentions secondaires puissent être coupables, elles ne détruisent pas la valeur essentielle de l'acte qui reste bon en lui-même.

Xo< actions doivent encore avoir une relation avec Dieu, être dirigées ver- lui par de- motifs surnaturels.

Sur ce point si important, le- exagération- -ont très fréquentes ; l'influence du Jansénisme e1 de ses rigueurs n'a pas complètement disparu, et la vraie doctrine n'e-t point assez connue. Les exagérations trahissenl la vérité et compromettent le -.dut d'un grand nombre d'âmes en le- jetant dan- le découragement.

Nous avons exposé ce point de doctrine, d'après l'en seignement des grands théologiens (1). Nous voulons,

l V. chapitre précédent, ^ IV.

ÎÏÀ CHAPITRE V

en ce moment, en déduire des conséquences pratiques qui éclaireront bien des doutes, consoleront bien des âmes troublées et réfuteront peut-être bien des erreurs.

Le chrétien qui, dans l'ensemble de sa vie, accomplit les devoirs essentiels que la religion lui impose, est dirigé par la foi ; on peut admettre qu'il accomplit souvent, même sans le savoir, le précepte de la charité envers Dieu. Au moins la très grande majorité de ses actes bons et honnêtes en eux-mêmes, accomplis en état de grâce et qui ne sont pas pervertis par des intentions coupables, sont dirigés vers Dieu par cette influence de sa vie chrétienne et de sa foi, et même très souvent par des intentions spéciales et surnaturelles, et ils sont dignes des récompenses éternelles (1).

N'oublions pas que les prières de ce chrétien, fussentelles abrégées, imparfaites et peu fréquentes, l'assistance à la sainte messe les jours de dimanches et de fêles et d'autres œuvres de piété, sont des actes plus ou moins explicites d'offrande faite à Dieu et dont l'influence atteint au inoins un bon nombre des œuvres de ce chrétien.

Celui qui, chaque jour, adresse à Dieu une sincère prière et qui accomplit des actes de piété, donne à ses actions une direction plus puissante et multiplie ses mérites. Que sera ce du chrétien pieux, du prêtre, du religieux, de la religieuse dont la vie est consacrée à Dieu et aux devoirs de la piété, dont les prières si nom breuses saisissent, dans leur essor surnaturel, toutes les actions. "dont la vie est sanctifiée par le sacrifice de nos autels, par les sacrements de la pénitence cl de l'Eucharistie ?

(1) Dr Lugo : De /'</•. disp. XII, srot. 3, n° VI.

LA PERFECTION DE LA VIE CHRÉTIENNE 'ïl'-\

Quelle puissance admirable dans la réception des sacrements, dans les mérites de la sainte messe, dans l'emploi des sacramentaux, dans les actes multipliés, quoique souvent ignorés, de la charité parfaite ! Quelle puissance pour purifier les Ames, effacer les intentions dont la pureté n'est pas parfaite et les péchés véniels, satisfaire à la justice divine, éviter les flammes du purgatoire et monter. île victoire en victoire, dans le chemin de la perfection et du ciel (1) !

Mais ici encore nous retrouvons la puissance supé rieure, incomparable, de la charité. C'est elle qui est le principe actif de la perfection. Elle consacre à Dieu nos actions et leur donne une valeur sans égale ; non seulement elle accepte et sanctifie la douleur, mais elle la fait aimer et arrache aux Ames désolées, aux cœurs brisés, des accents de félicité et de triomphe quel'amour humain, les plaisirs et la gloire n'ont jamais connus. Souffrir avec résignation, c'est beaucoup ; souffrir en acceptant généreusement la douleur, en portant vaillamment la croix, dans la route royale du Calvaire, est mieux encore ; souffrir par amour nous élève plus haut dans la perfection ; souffrir avec joie, en triomphant dans la douleur, est le suprême sommet, le dernier mot de la charité sur cette terre, en attendant les ravisse ments du ciel ; car le ciel est le royaume de l'amour, et l'amour, c'est Dieu : Deus charitas est •>).

(1) Il est facile de comprendre combien les exercices de la pieté et la vraie dévotion sont nécessaires au travail de la perfection. D'après saint François de Sales, la vraie dévotion et la charité ne font qu'un. Introduction a la vie dévote, livre 1, chap. 1 et 2.)

(2) I .loann., IV, 10. -« Il est vrai toutefois, dit saint François de Sales, que si la dilection est ardente et excellente en un cœur, elle

Zt\ CHAPITRE V

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