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LA JOIE DANS LE CIEL

La joie est. avec la vision et l'amour, un élément de la béatitude céleste.

Les saintes Écritures appellent la vie éternelle une joie. (( Vous enivrerez vos élus de l'abondance de votre maison, dit le Psalmiste, et vous les ferez boire aux torrents de votre joie » (1).

Dieu dit ;iu serviteur fidèle, en lui accordant les récompenses célestes : » Entrez dans la joie de votre Maître : Intra in gaudium Domini tui » (2). a Ton- les hommes, écrit saint Augustin, appellent joie la vie bienheureuse ». et encore : « La vie bienheureuse, ô mon Dieu, est de jouir auprès de vous, de vous et pour vous » |3).

La joie esl le fruit délicieux de la vision qui satisfait toutes les aspirations de l'intelligence et de l'amour, qui satisfait toutes les aspirations du cœur. La vision de la gloire, de la beauté et de la perfection de Dieu produit dans rame <les Bienheureux le repos complet, le rassja siemenl absolu : o Je serai rassasié, s'écrie le Psalmiste, quand votre gloire m'apparaîtra » (4).

Celle joie est sublime, surnaturelle, divine, comme la vision et l'amour. Elle surpasse dan- son moindre degré

I Psalm. XXXV, 9.

2) Matth., XXV, 21.

(3) Confessions, X, 21 et 22.

(b) Psalm., XVI, 15.

toutes les joies de ce monde, comme l'océan surpasse quelques gouttes d'eau et l'éclat du soleil une étincelle qui apparaît et s'éteint. Les élusse réjouissent de tout ce que leur montre la céleste vision et de tout ce qu'ils aiment par l'amour béalitique. Ils se réjouissent de leur propre bonheur et du bonheur de tous les élus cl de tous les Anges. La joie de chacun est multipliée par la joie de tous. « Là, dit saint Bernard, tous les intérêts sont communs, toutes les jouissances se partagent. On est heureux pour soi et doublement heureux par le bonheur de tous. Que dis-je : doublement? On jouit par autant de coeurs qu'on a de frères, ou par son cœur répandu dans une infinité de frères, ou par son cœur aussi étendu, aussi ardent que les cœurs de tous les Anges ci de tous les Saints » (1).

dette joie sera complète, absolue ; elle répondra à tous les désirs, selon cette parole : « Dieu qui remplit tous les désirs de ton cœur: Qui replet in boni* ilesldcrium luum » (2). Elle est surabondante, elle dépasse même tout ce que l'homme a pu désirer ici bas, car, dit saint Paul, a jamais n'est monté dans le cœur de l'homme ce que Dieu prépare à ceux qui l'aiment » (3), et, selon la promesse du divin Maître, « une mesure bonne, sura bondante, débordante, remplira notre cœur » (4).

Ici encore il y a une participation de la joie infinie que Dieu éprouve dans la contemplation de son essence el dans son amour, ou plutôt c'est le ceeur de l'homme qui

[l] s. Bernard : Sermon pour lu fête de ton* les Suinis. ' Psalm. Cil,:'..

:; ! Cor., I!. 9.

entre dans cette joie infinie. Quelque dilaté qu'il soii par les dons célestes, le cœur de L'homme esl trop étroit pour contenir celle joie, et, selon la parole dite au ser viteur fidèle, cesonl les élus qui se plongeront éternellement dans L'immensité de. la joie de Dieu 1 1 1.

Aucune tristesse ne pourra se mêler à celle joie ; les élus seront parfaitement el éternellement heureux.

I Is ne pourronl être attristés par l'égarement des pécheurs et leurs révoltes contre Dieu. Ces égarements et ces péchés ne peuvent, en effet, nuire à Dieu, el s'ils paraissent obscurcir sa gloire extérieure, ils font éclater sa bonté, sa miséricorde et aussi sa justice. Les élus savent que Dieu pourrait rendre impossible ces péchés el ces révoltes, mais qu'il ne Le fait point pour des raisons dont ils admirent la sagesse. Sim- doute, le péché

leur déplait, niais nulle chose est la haine du péclié.

autre chose esl la tristesse ou la douleur de l'âme. Dieu, qui déteste infiniment le péché, n'en éprouve en réalité aucune tristesse : ainsi en esl il des (dus. qui sont ses Mis hien aimés et qui participent à son bonheur.

Les Bienheureux ne sont point attristés par les châtimenls éternels intimés aux damnés. Leur joie complète ne laisse plus de place à la tristesse, et ils n'aiment plus, ils ne peuvent plus aimer ces âmes obstinées dans leur révolte1 contre Dieu et séparées de lui et de ses S;iints [»our jamais, ils ne pourraient désirer pour ces âmes la béatitude céleste sans contredire la justice de Dieu. Si nous pouvons et si nous devons aimer les pécheurs qui

i S. Anselme : Pj . c. XXVI. — .-. rhomas, 2 -

quest. XXVIII.

sont encore dans l'épreuve de la vie présente, c'est qu'ils peuvent, de l'état de la révolte et du péché, revenir à la dignité d'enfants de Dieu, connue les y invite la divine miséricorde. El si nous ne pouvons les aimer parce que Dieu est en eux, nous pouvons les aimer pour qu'il soit en eux ( 1).

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