LES CORPS RESSUSCITES
Nous n'avons pas à démontrer ici le dogme de la résurrection des corps, dogme établi par les saintes Ecritures dans l'ancien et le nouveau Testament, par la tradition ci l'enseignement de l'Eglise et confirmé par les raisons de possibilité et de convenance exposées avec une grande éloquence par les Pères de l'Église, les Doc leurs et les apologistes.
Saint Paul nous apprend que Jésus- Christ est le modèle de notre gloire future, non seulement au point de vue des dons accordés à nos âmes, mais dans la résurrection el la gloire accordées à nos corps. "Pour nous, écril il aux Philippiens, noire conversation esl dans le ciel, cl c'esl de là aussi que nous attendons le Sauveur, Notre Seigneur Jésus-Christ, qui transformera notre corps, tout vil et abject qu'il est. et le rendra sem blable à son corps glorieux, par l'opération de celte puissance par laquelle il peul s'assujettir toutes choses » ( I).
Mais quelles sont les qualités du corps glorieux de .Votre Seigneur Jésus Chrisl auxquelles participeront nos corps ressuscites '.' Saint Paul nous l'apprend
; I hilipp., lit, 20, 2!.
COURONNEMENT 1>E LA VIE Cllli K I 1ENNK 321
encore : a Le corps, dil il. comme un»' semence, est maintenant mis en terre, plein île corruption, et il ressuscitera incorruptible (c'esl l'impassibilité) ; il esl semé dans l'ignominie, il ressuscitera dans la gloire (c'esl la clarté glorieuse) ; il esl semé dans l'infirmité, il ressuscitera dans la force (c'esl l'agilité) ; il esl semé corps animal, il ressuscitera corps spirituel (c'esl la subtilité) » (1).
Impassibles, lumineux, agiles et subtils, nos corps ressuscites participeront à l'élévation surnaturelle des âmes et ils seront, eux aussi, heureux et glorieux. N'estil pas juste, en effet, que le corps, qui a pris part à tous les combats de l'âme, qui a été dompté cl dirigé par les vertus chrétiennes, qui a souffert, qui a ajouté aux mérites de l'âme pour la vie éternelle, partage la récompense et la gloire accordées à l'âme '.' N'est il pas juste que l'homme composé île l'âme ci du corps triomphe tout entier dans les félicités du ciel, comme il esl puni tout entier dans les supplices de l'enfer ?
L'impassibilité préservera les corps ressuscites de toute blessure, de toute atteinte <\e< choses créées cl de toute corruption. La clarté glorieuse les rendra dignes d'être le séjour cl l'instrument transfiguré de l'âme béatifiée.
L'agilité et la subtilité les soumettronl avec une perfection a-bsolue à tous les ordres et à tous les mouvements de l'âme, comme si eux mêmes étaient devenus des esprits. Par la subtilité, les corps glorifiés pénétreront les autres corps comme les rayons de la lumière pénètrent lecristal le plus pur. Par l'agilité, il>
(I I Cor-, XV, i2 et serf,
'Ml CHAPITRE VI — LA VIE ÉTERNELLE
franchiront des distances immenses avec la rapidité de la pensée.
Enrichis de ces propriétés merveilleuses, les corps ne seronl plus pour l'âme un fardeau ou un obstacle et l'homme ainsi glorifié jouira de la liberté des purs esprits.
Il est même permis d'affirmer qu'à certains points de vue il sera mieux doué et plus heureux que les purs esprits.
L'homme ainsi glorifié leur sera égal par ces propriétés des corps ajoutées à la vision, à l'amour et à la joie céleste ; et de plus il aura la gloire accordée au corps et par le corps des joies qui ne sont point accordées aux Anges. La béatitude plus abondante s'épan chera hors de l'âme sur les corps glorifiés ( l).
L'incrédulité sourit en présence de ces doctrines pourtant si consolantes et si belles. Elle ne remarque pas que les propriétés attribuées aux corps par la science contemporaine se rapprochent de celles que l'enseignement catholique attribue au corps des Bienheureux. La lumière ne traverse plus seulement les corps diaphanes, mais des rayons dont l'existence était jusqu'ici ignorée traversent des corps opaques et le corps humain lui-même. La rapidité avec laquelle se propagent la lumière et l'électricité n'est-elle pas l'image de l'agilité des corps resaAiseités ? Et pour ne citer qu'un exemple : que dire de la rapidité de la comète de 1843 ?
Cette comète était longue de trois cent vingt millions de kilomètres, et l'extrémité de sa queue parcourait,
i Lessius, De summo Bono, lib. III, cap,3.
d'après le calcul des astronomes, lmil cent mille kilomètres par seconde ( II !
Devant ces manifestations de la puissance de Pieu, qui oserait prétendre qu'il ne peul rendre le mouvement des corps glorieux cent mille t'ois plus rapide encore, de telle surir qu'il soi I presque aussi instantané que celui de la pensée? Comment l'incrédulité démontrera- I elle que cela répugne e1 à la nature des corps et à la puissance de Dieu ?
Les élu^ parcourronl ainsi avec une rapidité merveilleuse le ciel et toul l'univers créé et leurs regards jouiluiii de tous les reflets de la beauté infinie de Dieu dans les créatures (2).
Il esl de toi que les corps ressusciteront dans leur identité, c'est à dire qu'ils seronl les mêmes que dans la vie présente, a Je verrai mon Rédempteur et mou Dieu dans ma chair, s'écrie Job, je le verrai moi-même cl mm un autre u (3). L'Église a défini dans un Concile que « tous, élus et réprouvés, ressusciteront avec les propres corps qu'ils ont maintenant i) (4). Elle a décidé dans un autre Concile la profession solennelle de « la
(I v. Istronamie et théologie, parle P. Ortolan II partie, chap. III, § 3e; qui ajoute en note ces paroles : « L'attraction est bien évidemment quelque chose il'' matériel >-\ nul m- s'avise de l'appeler un esprit : or les mathématiques déclarent qu'elle ue se propage pas successivement a. m- l'espace comme la lumière et 1 - 1 chaleur, mais instantanément. D'après Laplace, >i elle a une vitesse, celle-ci doit être ; 1 1 1 moins cent million- de du- plu- rapide que celle il'- la lumière. > Cf . Cours d'astronomie de l'Ecole polytechnique. Vol. Il, L. :t, eh. xiii.
i s. Thomas, Supplem., q. XXIV, art. il.
:; .lob, \ix. ï.\. ti.
\ IV Conc. de Latran, Cap. Firmiter.
croyance à la résurrection île celle chair que nous avons à présent » (1).
Mais comment cette identité pourra- telle être réalisée, puisque les éléments de ces corps seront dispersés et que de plus ces éléments changent et se succèdent constamment pendant la vie présente ? Cette objection n'a pas échappé aux Pères de l'Église et aux grands théologiens. Tous enseignent que les ressuscites reprendront les éléments matériels dont leurs corps furent jadis composés. La puissance de Dieu peut évidemment réunir les éléments des corps qu'elle a créés, et l'identité de ces corps n'exige pas que toutes les molécules soient absolument les mêmes. La science a constaté que ces molécules ne sont pas les mêmes dans l'homme arrivé à l'âge mûr et dans le vieillard que dans reniant et dans l'adolescent ; et cependant elle admet que le corps est identiquement le même à ces dih'érents âges de la vie. Aussi la science contemporaine se demande quel est le principe de l'identité des corps. Elle croit qu'il est réel, quoiqu'il échappe à l'analyse, et que nous constatons ses effets sans pouvoir déterminer sa nature. Elle va jusqu'à supposer qu'il est impondérable, indestructible, puisque le renouvellement successif et complel de loutes les molécules intégrantes du corps vivant ne peut ni le détruire ni l'altérer. On ne peut évidemment exiger pour les corps ressuscites une identité plus rigoureuse (pie celle de nos corps dans la vie présente.
Dans les corps ressuscites tous les sens auront leurs jouissances. Il est certain (pie ces corps auront leurs organes dans l'état le plus parfait, et qu'ils auront, par
li Prop, faite par Grégoire V, 2* Cône. deLyon,
COUltONNEMENT DE LA VIE CHH ETIENNE ■!•>
conséquent, l'usage le plus parfail de leurs sens. Le
corps sera de nouveau uni à l'âme afin que les élus aient la jouissance <le leurs sous ; d'autre part, les objets que les sens pourront percevoir ne leur feront pas défaut ; enfin, chaque sens est capable d'acquérir une perfection qui sera sa béatitude. L'àme, en etïet. n'esl pas seulement rationnelle, elle est sensitive el capable de bonheur à ce double point de vue. Les Saints qui ont infligea leur corps les privations, les mortifications sanglantes, qui ont subi <le cruelles tortures et le martyre, n'onl ils pas quelque droit à des récompenses correspondant à ces épreuves el à ces combats ? Enfin, les damnés souffrent dans tous leurs sens, mais pourquoi Dieu, dont la miséricorde et la bonté surpassent la sévérité et la justice, n'accorderait il pas aux récompenses (\e> élus ce <pi*il accorde aux châtiments des réprouvés ?
« Deux illustres Docteurs, saint Thomas et saint Augustin, sont d'avis l'un et l'autre que les (dus. devant ressusciter dans la perfection de leur nature, tous renaîtront àl'âgeoù l'homme atteint la plénitude de son développement physique, c'est à dire vers l'âge où Jésus-Christ, leur exemplaire, est sorti glorieux et victorieux du tombeau. Du reste, eette règle ne doit pas être comprise avec une exactitude mathématique. Il semble convenable qu'il y ail dans l'apparence exlérieure des ressuscites quelque chose qui rappelle leur vie d'ici bas. On aime à penser qu'un saint Stanislas, par exemple, conservera les grâces de sa jeunesse, el le vieillard Siméon, la noble majesté qui le caractérisait, quand il reçut entre ses bras le Sauveur du monde. Çj'esl à peu près tout ce qu'on peut dire sur une matière
où le Saint-Esprit n'a rien voulu définir. Aussi saint Augustin conclut-il ce qu'il en écrit, par cette importante remarque : « Tous ressusciteront avec le développement corporel qu'ils ont eu, ou qu'ils auraient acquis à l'apogée de leur jeunesse; rien n'empêche pourtant qu'on retrouve les formes extérieures de l'enfance et de la vieillesse, là où il ne restera ni l'ombre de l'infirmité ni le moindre vestige de la caducité. Donc, s'il plaisait à quelqu'un de penser que chacun des élus reparaîtra dans l'état de corps où la mort l'a surpris, il n'y aurait pas lieu de se fatiguera le contredire » (1).
« Xi la différence des physionomies ne sera détruite, ni les imperfections qui les déparent ne les suivront audelà du tombeau. Chaque visage d'élu conservera, même après sa transfiguration, son caractère distinct if ; mais tout en retenant ses traits fondamentaux, il atteindra l'idéal de sa perfection. Et ce n'est pas une merveille difficile à concevoir. L'art humain, [tour salis faire de vaines complaisances, sait réaliser quelque chose de semblable. Qui pourrait mettre obstacle à celui de l'Ouvrier tout puissant el tout sage, qui réformera sesfilsâ la ressemblance de Jésus Christ le premier né ?
(• Lui qui transforme les âmes et communique aux plus difformes une beauté divine, serait il impuissant à idéaliser un corps, sans lui ravir le caractère qui le dis lingue ? Pour aider notre foi, lui-même a voulu nous donner comme un avant goût de celle glorieuse métamorphose dans la vie et dans la mort de ses Saints. Combieu de fois a I il répandu sur leurs visages amai-
(li s. Augustin, de Civit., L. XXII, c. 16 : S. Thomas, Suppl., q. 81, art. I .
COI RONNEMENT DE LA VIE CHRÉTIENNE 'Ml
gris par les jeûnes ou défigurés par les maladies une splendeur de beauté qui ravissail les heureux témoins de ces miracles ! El pourtant, nul ne s'y méprenait ; c'étaient bien les mêmes hommes, le même air de visage, la même physionomie, mais idéalisée, transit gurée o il i.
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LES CHANTS Dl' CIEL.
Les élus chantent éternellement la bouté, la miséricorde, la beauté et l'infinie perfection de Dieu. Ce sont les chants de la vision, de la joie et surtoul de l'amour divin.
Qui ne le sait '/ l'amour ne peut se taire, il l'aul qu'il parle et qu'il soil entendu. 0 amours défaillants et stériles, amours troublés, impuissants et glacés de cette terre, que pouvez-vous dire en comparaison des accents de cel amour purifié, sanctifié, divinisé ? El. si une étincelle de cel amour tombée dans le cœur des Saints a l'ait entendre dès ici bas des accents qui ont étonné el ravi le> siècles, que seront les chants d'actions de grâce et d'amour Av> élu- qui étreindronl Dieu lui même dans un embrassement éternel, les accents d*x> cœurs perdu tout entiers dan- le sein du Dieu qui esl toul amour? Dans cet exil, les Ames pures ont des visions plus parfaites : Beati mundocorde, quoniam ipsi Deum mdebunt(%)\
h Le R. I'. Terrien : /." grâce et la gloire, livre X, chap. 1 (tom. II, page 268 et suiv. .
(2) Matth., V, s.
alors 1rs âmes, entièrement purifiées dans ers ardeurs de la charité, iront éternellement, en chaulant les cantiques de leur félicité, sur les chemins semés de tous les lis de L'innocence glorifiée : Psallam et intelligam in via immaculata (1).
El de ces visions, de cet amour, de ces chants euxmêmes naîtra la béatitude parfaite.
Croyez-vous que ces âmes, dont toutes les facultés seront satisfaites, tous les désirs réalisés, pourraient être silencieuses et ne [tas offrir à Dieu l'hymne de leur adoration, de leur reconnaissance et de leur amour ?
El quelles seront la puissance et la perfection de ces chants ? Ici bas, le bonheur passe, pareil à l'éclair qui brille et qui disparaît dans la nuit froide et sombre ; il ne peut satisfaire nos cœurs. Là-haut, la possession du bien suprême répondra à toutes les espérances, à tous les désirs et à toutes les aspirations des aines. Ici-bas. l'expression manque aux sentiments de l'homme et surtout à ses joies. « Le cœur de l'homme, a dit un grand écrivain, est une lyre où il manque des cordes, et où il l'aul faire entendre les accents de la joie sur le ton consacré aux soupirs » (2). Au ciel. Dieu mettra sa toute puissance au service de ses serviteurs glorifiés et il fera la volonté de ceux qui le craignent (3).
Ici bas. tous les chants s'arrêtent, tous les chants. surtout les chants heureux s'éteignent dans les sanglots. Là-haut, les cantiques de la félicité seront éternels. Les générations auront poussé les générations, comme les
il) Psalm. C, i.
i Chateaubriand, Génie du Christianisme 3 psalm. CXLIV. lî».
vagues poussent les vagues dans l'immensité de l'océan; les temps ne seront plus; ces cantiques de la félicité commenceront toujours.
l'ourlant ne craignez pas la monotonie de ces chants (•■lestes, car il y aura pour eu*, comme pour les élus et les anges, des degrés et une hiérarchie, el nous irons éternellement de cantique en cantique comme de clarté en clarté : Transformamur a claritate in claritatem ft ). Et ce sera toujours un cantique nouveau : Cantabant canti cnin nomim (2).
D'ailleurs, a dit Lacordaire, << l'amour n'a qu'un mol et en le redisant toujours il ne se répète jamais ».
Non, non, l'oreille de l'homme n'a jamais entendu de telles harmonies, et jamais elles ne sont montées, même par un pressentiment lointain, jusqu'à son cœur: Pfec auris audivit, ne- in cor hominis ascendit C-\ .
Mais qui chantera dans l'Eglise triomphante du ciel ?
« Les Séraphins, dit le prophète Isaïe. se tenaient debout autour du trône el ils criaient l'un à l'autre : Saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu des armées. toute la terre est remplie de sa gloire » (4).
Et saint Jean a entendu les « voix d'une multitude d'Anges: Et audivi oocem angelorum multorum in circuitu throni. Et ils étaient des milliers de mille, el ils disaient : L'Agneau qui a été immolé' est dignede recevoir la vertu, la divinité, la sagesse, la force, l'honneur, la gloire cl la bénédiction » (o).
I II Cor., III. 18.
■1 Apoc, V,!l.
:$, I Cor , II, !).
, i-., VI, 2, :s.
d Apoc, V, il, M.
Car les Anges ont un langage, connue l'affirme l'apôtre
s;iint Paul (1;. El selon la doctrine de saint Thomas d'Aquin, ils parlentà Dieu, ils l'adorent, ils le louent, ils le bénissent, ils lui adressent leurs supplications (2). Les Anges communiquent entre eux parla parole, non par une parole sensible, mais par une parole spirituelle el absolument indépendante de la matière, et les Anges supérieurs dans la vision et dans la gloire illuminent les Anges des degrés inférieurs (3).
Tous les (dus s'uniront au concert des Anges, mais les vierges chanteront un cantique réservé, elles formeront le cortège d'honneur de l'Agneau divin. « J'ai entendu. dit le prophète de Pathmos, uns voix venir du ciel, pareille à la voix des grandes eaux et à la voix d'un grand tonnerre, et la voix que j'entendis était semblable au son que font entendre plusieurs joueurs de harpe qui touchent leurs instruments et ils chantaient comme un cantique nouveau devant le troue, et nul ne pouvait chauler ce cantique, sinon les cenl quarante quatre mille qui ont été rachetés de la terre parce qu'ils sonl vierges, et ceux-là suivent l'Agneau partout OÙ il va » (4). - Bien plus, après la résurrection, les (dus loueront Dieu avec une voix sensible et corporelle et ils jouiront des chants de ces voix transformées et glorifiées (o).
(Ij I Cor., XIII, I.
(2) S. Thomas, I, q. 107, ait. :!. — Suarez in 2. I, S. Tbom. De oratione, lib. 1, cap. IV et V.
(3 s. Thomas, I, q. 106 et 107. De veritate, q. 9 et il. — Suarez, Oc statu Beatorum, lib. VI, cap. XII.
'. Apoc, \iv, 2, :t, i.
o) s. Thomas, in I. Sentent, disp. XLTV, ■{. 2, art. I, q. i, cl in 11 sentent. dist. ii. q. ', art. 1 ad :i.
COURONNEMENT DE LA VIE CHRÉTIENNE - >- î I
G'esl ainsi que le divin Maître après la résurrection parla en réalité el qu'il entendit. Ce sérail d'ailleurs une imperfection pour lc> corps glorieux de ne pouvoir s'unir aux cantiques de l'âme ; cl la joie qui naîtra de Ges Chants, dil un grand théologien, scia en quelque sorte spirituelle el très appropriée à l'étal des Bienheu reux (1).
Toutes les créatures unironl leurs voix à ces chants • lu ciel.
Après avoir parlé des cantiques des Anges devanl le trône de Dieu, sain! Jean, le prophète des dernières visions, s'écrie : « J'ai entendu toutes les créatures qui sonl sous le ciel el sur la terre et sous la terre, et toutes celles qui sont dans la mer.... et je les ai entendues toute- et elles disaient : Bénédiction, honneur et gloire el puissance à Celui qui est assis sur le trône et à l'Agneau dans les siècles des siècles » (2).
Mais quelle sera cette harmonie, quel sera ce concert, lorsque le inonde aura été penouvelé dans la lumière ci dans la gloire pour le bonheur des élus, afin que leur (cil corporel, qui ne peu! atteindre l'essence divine en elle-même, puisse du moins la contempler dans des œuvres plus dignes de sa puissance el de sa majesté 3 '.'
Alors Dieu accomplira cette promesse : Je vais créer de nouveaux cieux el une nouvelle terre l'ancienne tonne sera oubliée, la tristesse ue pèsera plus sur vos
l Suarez in 3 Partem s. Th. un. Disp. XLVII, art. V, sect. 6, a. s, 12, etc. Lessius, De summo Botw, lib. III, a" 9. u' Apoc, V. 13.
3 S. Thomas, Supplem .. q. XCIV, arl . I.
(•(vins, vous serez dans la joie et le tressaillement de la vie pleine pendant l'éternité » (1).
Alors « la lumière de la lune sera égale à celle du soleil, et la lumière du soleil sera comme l'éclat de sept jours i) (2).
Alors les Heurs de tous les mondes seront réunies dans un même jardin, sous les i égards de Dieu et des Saints. Alors tous ces navires de feu qui flottent dans l'espace immense seront réunis au port de l'éternel repos (3).
Alors ces astres innombrables devant lesquels la terre n'est qu'un grain imperceptible de poussière, ces astres transfigurés, resplendissants, apparaîtront tous à la fois el toujours aux regards ravis des élus (4).
VI li