IV. Du mérite de nos action
Le mérite, en général, est une qualité qui rend nos actes dignes de rétribution, c'est-à-dire d'une récompense. Il y a un mérite de convenance et un mérite de justice.
Les mérites de Jésus-Christ, notre Sauveur et notre Rédempteur, sont la cause première et essentielle de nos mérites. — Pour être méritoires, nos actes doivent avoir une certaine proportion avec les dons et les récompenses célestes. — Cette proportion vient de la dignité surnaturelle qui nous est accordée avec la grâce sanctifiante, principe divin de nos actes ; mais il faut de plus, pour le mérite de justice, une promesse de Dieu.
Les conditions que doivent avoir nos actes pour qu'ils aient un mérite de justice : ils doivent être accomplis dans la vie présente,
— en état de grâce, — être honnêtes et bons, — être surnaturels dans leur principe, c'est-à-dire accomplis sous l'influence de la grâce, — et surnaturels dans leur motif. — Comment nos actes doivent, pour être méritoires, être dirigés vers Dieu et sous l'influence de la charité. — Les actes honnêtes et bons, au point de
.vue simplement naturel, et qui n'ont pas un mérite pour le ciel, ne sont pas absolument sans utilité pour le salut.
L'objet du mérite, c'est-à-dire les dons et les biens surnaturels que nous pouvons obtenir par les mérites de nos bonnes oeuvres. — Nous ne pouvons mériter d'aucune façon la première grâce; elle est absolument gratuite. — Le chrétien en état de grâce mérite en justice une augmentation de la grâce sanctifiante, et il acquiert par la justification un certain droit aux grâces actuelles nécessaires pour accomplir les actions desquelles dépend cette augmentation. — Far la prière, nous pouvons obtenir infailliblement des grâces
plus abondantes et efficaces. — Le pécheur ne peut pas mériter la grâce sanctifiante ; mais il peut, par des actes surnaturels, mériter d'un mérite de convenance sa conversion et sa justification. /
Le chrétien en élat de grâce mérite en justice une augmentation dis récompenses célestes. — I! ne peut mériter infailliblement la persévérance finale; mais, d'après de grands théologiens, cette persévérance peut être obtenue infailliblement par la constance de nuprières. — Nous pouvons mériter pour les autres, mais seulement d'un mérite de convenance, ce que nous pouvons mériter pour nous-mêmes, et, de plus, la grâce de la conversion.
V. De linéiques- u nés des conditions du mérite de nos actions 2.10
L'augmentation de la grâce et du droit aux récompenses éternelles est méritée aussitôt que nos actes méritoires sont accomplis. — Elle est obtenue même par les actes dont l'intensité est la plus faible.
Le mérite réside surtout dans l'intention, dans l'acte intérieur, ou l'acte de la volonté, et de grands théologiens enseignent que l'acte extérieur n'ajoute rien par lui-même à l'acte de la volonté.
Le mérite dépend donc essentiellement de nos bons désirs, même quand ils ne sont pas réalisés. — Pour être méritoire, il n'est pas nécessaire que l'acte ne soit pas imposé par un précepte ou qu'il soit dillicile. — Comment la difficulté ou la facilité de l'acte peuven! augmenter ou diminuer le mérite.
L'augmentation de la grâce sanctifiante et des vertus chrétiennes augmente nos mérites, et ces mérites augmentent la grâce et les vertus qui deviennent à leur tour une nouvelle source de mérites.
Nos bonnes œuvres sont récompensées par la bonté de Dieu audelà de leurs mérites, et, quand nous revenons à l'état de grâce, les mérites qui ont précédé le pèche mortel revivent avec leur première valeur et leur droit aux récompenses éternelles.
Combien cette doctrine trop peu connue est consolante !
VI. De la perle et de la diminution de la grâce sanctifiante et des vertus chrétiennes --"?
Le péché mortel détruit en nous la grâce et la charité, mais non la foi et l'espérance. — Raison de cette exception en faveur
de ces deux vertus. — Le péché véniel ne diminue pas directement la grâce sanctifiante, mais indirectement : il met des obstacles à son efficacité.
Deux conclusions pratiques : réaliser le progrès de la vie chrétienne et être reconnaissant envers Dieu de sa bonté infinie qui nous rend le salut facile. Les lumières de l'éternité révéleront sans doute bien des iniquités et des crimes, mais elles révéleront aussi des mérites ignorés de ceux-mômes qui les ont obtenus, des merveilles de la grâce et de la sainteté.