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LA POSSIBILITE ET LA CONVENANCE DU SURNATUREL

Mais cel ensemble de dons merveilleux, celle éleva lion de l'homme — pour ne parler que de l'homme — à des relations directes el intimes avec Dieu, sont i ls possibles? Notre esprit peut-il être éclairé par une lumière supérieure à la raison, enseigné par la parole directe de Dieu? \otre volonté peut elle être dirigée, fortifiée par <\^> secours qui dépassent infiniment notre nature ? La vie de Dieu peut-elle nous être communiquée, el sommes-nous destinés à voir Dieu, à l'aimer et à le posséder un jour dans le face à face de l'éternité; en un mot, le surnaturel est il possible ?

L'incrédulité prétend d'abord écarter absolumenl ce grand problème. Elle refuse d'admettre le surnaturel parce que, dil elle, il répugne et implique contradiction. Kl 1 1* ne démontre pas, elle ne discute pas. Elle passe superbe el dédaigneuse devant les faits qui depuis six mille ans remplissent le monde, devanl le l'ail éclatant, merveilleux, de l'existence, de la puissance, de la fécondité de l'Église catholique, devanl les témoignages

de tous les peuples H de tOU8 les siècles, devanl les

affirmations du génie, de l'éloquence, de la science chrétienne, de la vertu el de l'héroïsme. Elle déclare qu'elle ne veul pas même examiner le problème du surnature] parce que le surnaturel es! impossible.

Ecoutons un de- écrivains contemporains qui ont combattu avec Je plus d'acharnement les croyances

chrétiennes: : Notre principe, dit-il, est que toul ce quin'est pas dans la nature n'esl rien, si ce n'esl une idée. Le surnature] n'esl donc pour nous qu'une imagination. » El encore : « La critique rationaliste a pour première obligation d'écarter le surnaturel; on ne discute pas avec l'impossible » (1).

Vn autre écrivain qui a dû sa réputation et ses succès, bien moins à sa science el à sob éloquence qu'à ses attaques contre la divinité de Notre Seigneur Jésus- Christ, a écrif : a C'est perdre sou temps que de discuter avec celui qui croil au surnaturel. La critique, sans discuter avec des esprits bornéset décidés à rester tels, poursuivra sa route » (2).

Le procédé est facile, sans doute, mais il n'est certainement ni scientifique, ni raisonnable. En présence des témoignages que nous venons de rappeler et <\ç> preuves que nous apporterons bientôt pour démontrer l'existence dû surnaturel, celle dédaigneuse et outrageante mise hors de cause de toutes les religions, cette injure adressée aux plus hautes intelligences qui onl illustré le christianisme traitées d'esprits bornés et qui veulent rester tels » est un prodige d'orgueil et en même temps l'aveu irrécusable d'une complète impuissance. On ne supprime pas les faits en les méprisant; on ne résout pas les problèmes en les repoussant avec dédain ; on ne confond pas des adversaires dont la voix remplit les siècles en leur déclarant qu'où ne leur fera même pas l'honneur d'une réponse. Un philosophe libre penseur a protesté en ces termes contre ces procédés sommaires

l \l. Ha\cttRcvuede*Deux-]londe* l ' aoùl 1802 cf l août 1880. 2) Renan, cité par le P. Gratry : Les Sophistes et la critique, p. 102.

/Il CHAPITRE II

el superbes qui outragent les règles de la prudence la plus Vulgaire, la logique et le bon sens : « Si l'on posait en principe sans discussion qu'il n'y a pas de surnaturel, dit il. on enchaînerait par là même sa liberté. On s'interdirait d'avance el systématiquement de reconnaître pour vrai ce qui peut l'être. On se fermerait les yeux pour être plus sur de voir clair. Telle est la liberté de beaucoup de libres-penseurs qui prennent pour principe ce qui est précisément en question. Pour que l'examen soit véritablement libre, il faut qu'il soit indifférent entre le pour et le contre, aussi sincèrement disposé à accepter le surnaturel, s'il le rencontre, qu'à s'en passer, s'il ne le rencontre pas » (1).

Cependant quelques-uns de ces adversaires du surnaturel ont essayé parfois une démonstration. Ils ont invoqué, contre la possibilité du surnaturel, l'impossi bilité du miracle et du mystère et les affirmations de la science : « La loi de l'histoire, a écrit l'un d'eux, c'est qu'il n'y a pas de miracles. La loi de la philosophie, c'est qu'il n'y a pas de mystères. La loi delà science, c'esl qu'il n'y a pas de surnaturel. » El encore : « Ce n'est pas d'un raisonnement, mais de l'ensemble de toutes les sciences contemporaines que sort cet immense résultat: Il n'y a pas de surnaturel » (2).

Ici encore l'affirmation est sans preuves. Qu'est-ce que la loi de l'histoire et comment prouve telle qu'il n'y a p;is de miracles?

Quelle est la loi de l'a philosophie, el comment établitelle qu'il n'y a pas de mystères ? Qu'est-ce que cet

(1) M. Paul Janet: Problèmes du A/A1 siècle, p. 26. (2 Renan : Etude de l'histoire religieuse, p. 2.»'.).

ensemble des sciences contemporaines, el commenl conduil il à ce résultat : il n'y a pas de surnaturel '.' Un ne nous le dit pas. sans doute parce qu'on ne saurail nous le dire. Colle absence de démonstration esl ici encore l'aveu évident de l'impuissance.

Nous prétendons au contraire démontrer, au moins rapidement, el autanl que le permettent 1rs proportions ej le but de cette étude, que l'histoire affirme le miracle, que la philosophie affirme le mystère el que les sciences contemporaines ne sont en rien opposées au surnaturel.

L'histoire, en effet, entourée de toutes les données de la certitude, l'histoire appuyée sur 1rs témoignages les plus élevés el les documents les plus authentiques, l'histoire du passé' el l'histoire du présent attestent le miracle. Le miracle se retrouve à toutes les pages de l'Evangile, à toutes 1rs époques <\c la vie ^c l'Eglise; et aujourd'hui, sou- nos yeux, devant *\t'> foules immenses, les miracles éclatant au grand jour ri déconcertenl les efforts de la science incrédule qui voudrai! 1rs nier ou les expliquer par les lois delà aature.

La philosophie el la simple raison affirment que, si Dieu existe, il esl libre, que 1rs lois qu'il a faites nr peuvenl lui imposer des entraves, qu'il est le tout-puis sant, le maître souverain, non seulement dans l'acte >\>' la création, mais dans la direction et le gouvernemenl des créatures. Elles disenl que le miracle est toul simplement l'acte, la mise en oeuvre 'h' cette liberté, <\^ cette toute puissance, de cette souveraineté perpétuelle el sans li mi 1rs. Elles reconnaissent que le miracle n'impose à Dieu aucun changçmenl ; qu'il reste immuable pane qu'il a tout prévu, les modifications à ses lois comme les lois elles-mêmes : que, par le miracle, il ne détruit

poinl ces lois, pas plus que l'homme ne détruit ses projets quand il introduit dans leur ensemble des modifications qu'il a voulues et arrêtées dès le premier jour.

L'existence de Dieu une l'ois admise, ce qui est oppose à la raison ce n'est pas l'affirmation du miracle, c'est l'affirmation de son impossibilité, et une religion qui nierait le miracle rejetterait par là même la notion première et fondamentale de l'existence de Dieu.

La loi de la philosophie, dit-on, c'est qu'il n'y a pas de mystères. Mais, au contraire, la philosophie, le simple bon sens, l'expérience même de la vie attestent que le mystère est en toutes choses et qu'il nous étreint de toutes parts. Il accompagne la science <lcs ses premiers pas et les ombres deviennent plus épaisses à mesure qu'elle porte plus loin son (lambeau et qu'elle jette sur le poinl restreint qu'elle occupe de plus vives clartés. Qu'esl ce que la pbilosophie peut nous dire du fond intime <\e^ choses, de leur nature et même du tond intime de leurs lois et de leurs phénomènes? .Mai- le grain de blé et sa fécondité, le brin d'herbe que nous louions aux pieds, comme l'astre qui nous éclaire, notre intelligence, noire pensée, notre parole cl notre vie nous présentent île profonds el insondables mystères. « Penser esl un mystère, a dit un philosophe célèbre de ce temps: parler est un autre mystère, cl l'homme esl un abîme » (1).

El en Dieu, dans les révélations qu'il nous a faites, dans les vérités qu'il nous a enseignées sur lui-même, sur sa nature, sur ses œuvres, il n'y aurait pas dé mys-

l Balraès : Pensées, ! I. p. 390.

tères ? Une fois encore, ce serait contredire non seule ni la philosophie, mais le simple bon sens.

Un philosophe contemporain s'esl exprimé en ces termes dans un ouvrage destiné cependant à combattre la religion révélée : c< Admettre l'incompréhensible, c'esl simplement reconnaître que la raison a des limites. On dit souvent : Je ne crois pas ce que je ne comprends [tas. C'est mal parler ; il faut dire: Je ne crois pas ce qui n'est pas démontré o I >.

L'ensemble i\i'> sciences contemporaines, prétendent nos adversaires, démontre qu'il n'y a pas de surnaturel. Mais qui donc a établi cette démonstration '.' Personne. Où doue se trouve I elle? Elle n'est nulle part. Comment et par quels procédés ces sciences pourraient-elles taire cette démonstration? On ne nous le dit pas et on ne saurait nous le dire. En attendant qu'elle soit faite, voici les affirmations que nous maintenons: Ie< sciences oni leur sphère qui n'est point celle de la foi ; entre la science el la foi il n'y a pas. il ne saurait y avoir de contradictions ; malgré les complètes incontestables et les prétentions superbes de la science, elle u'esl point arrivée à prouver qu'il y ail dans nos Livres saints une seule erreur: la foi ne se contredit jamais, tandis que la science repousse aujourd'hui ce qu'elle acceptail hier et rejette (\*'< décisions qu'elle disait immuables. Ajoutons ([ue les savants chrétiens sont assez nombreux et assez illuslre> dan- le passé et dans le présenl pour opposer à de telle- accusations la preuve que donnait à l'insensé qui niait le mouvement le philosophe qui marchait devant lui.

i .mil-- Simon : / ■ /' ligion naturelle, p. 20

Après avoir ainsi montré l'impuissance des objections élevées par l'incrédulité contre la possibilité du surnaturel, nous devons établir directement ce point de doctrine d'une si haute importance.

L'impossibilité du surnaturel ne pourrait venir que de Dieu, de l'homme ou de l'ordre naturel. Or, cette impossibilité n'existe pas.

L'impossibilité du surnaturel ne peu! venir de Dieu, car la création et les dons de la nature n'ont pas épuisé sa bonté et sa puissance- « Tout ce qui n'implique pas contradiction est possible à la toute puissance de Dieu >>, dit sainl Thomas d'Aquin ( 1).

Il peut accorder aux; êtres qu'il a lires du néant, outre les biens qui leur appartiennent essentiellement, des facultés et des dons supérieurs. 11 lient élever l'homme au dessus de la condition où il l'avait placé par l'acte même de la création, le rapprocher de lui, le faire plus grand, plus digne de son amour, lui assigner une plus haute destinée. Qu'y al il en Dieu qui répugne-à celle extension de ses bienfaits, à celle diffusion plus large des biens dont il esl la source inépuisable el infinie? Cette concession de biens supérieurs ajoutés à ses premières largesses n'implique aucune contradiction, car ces deux sortes de biens, il les a voulus de toute éternité el il les réalise dans les conditions qu'avait prévues sa sagesse.

L'impossibilité viendrait-elle de l'homme '.' Mais pourquoi celle créature, image imparfaite de la beauté de Dieu, ne pourrai! elle, par la bonté el la puissance infinies, être enrichie de facultés supérieures el se Irans-

1 Summ. thcol., I. q 2B, art. III.

LA VIE CHRÉTIENNE EST SURNATURELLE ET DIVLXI v!

former ainsi dans la gloire d'une ressemblance plus complète avec son Créateur? Pourquoi l'intelligence humaine, l'aile pour la lumière, ne sérail elle pas éclairée ■ h'-- clartés directes de la parole de Dieu, afin qu'elle atteigne de plus hautes vérités? Pourquoi la volonté de l'homme -i faible, si souvenl égarée el dominée par les liassions, séduite parles intérêts du temps, ne sérail elle pas aidée de secours divins, soutenue, dirigée el forti fiée, afin qu'elle réalise de plu- sublimes vertus ? Pourquoi sou cœur qui aspire naturellement au bonheur ne recevrait-il pas la flamme d'un amour qui relèverait au dessus de lui-même el le don d'une félicité qu'il ne lsoupçonnail pas ? La destinéede l'homme, que la raison ui assigne dan- la contemplation de Dieu à travers le miroir des créatures,ne peut elle être plus complète et plus parfaite, si ce Dieu se dévoile dans un éternel face à face? Sérail ce l'aptitude et, si non- pouvons ainsi parler, la capacité qui ferail défaul à l'homme pour s'approcher ainsi de l'infini el recevoir t\r> biens qui dépassent -a nature ? .Mai- cette aptitude doit répondre à la toute puissance et au domaine souverain de Dieu, car -'il peut donnera la créature toul ce qu'il veut lui donner, il peut accorder évidemmenl à cette créature la faculté de recevoir ton- ces don-. Cependant, cette aptitude, quoique appartenant rigoureusement et naturellement à l'homme, ne peul être mise en pratique que par un secours qui vient de Dieu, qui n'e-t pas dû à l'homme, et qui, à ce poinl de vue, esl surnaturel comme les dons qu'il prépare 1 1).

(I. Saiot Thomas: De potentia, q. 6, art. 1, ;!<l 13 : Summ. theol. 3', q. Il, art. I.— Suare?, Metaphys. disp. XXI, sect Niv.u 8

L'ordre naturel enfin n'oppose ;'i cette élévation aucune impossibilité. Il nVsl ni détruit ni amoindri; il est confîrmé el affermi. Il n'esl pas abaissé et humilié; il est élevé et glorifié. 11 n'est pas modifié en lui-même, car cette élevai ion le maintient dans son essence et ses [acuités. 11 n'y a pas confusion entre l'ordre naturel et l'ordre supérieur et divin ; la distinction subsiste dans une union parfaite. 11 n'y a ni lutte, ni contradiction, mais infériorité et soumission d'une part, supériorité et domination de l'autre. Comment en serait il autrement, puisqu'il s'agit des desseins et des œuvres de Dieu, auteur et source de tous les dons, qui « atteint d'une extrémité à l'autre avec force et qui dispose toutes choses avec douceur et suavité : Attingit a fuie usque ad fnirm fortiter et disponit omnia suaviter » (1).

Ce n'est point assez d'avoir écarté l'impossibilité et la contradiction : la croyance au surnaturel repose sur des raisons de haute convenance.

Par cette élévation de l'homme, toutes ses facultés, sa vie, ses destinées reçoivent une grandeur et une perlée tion qu'il ne pouvait même pressentir. Mais la perfection convient à la nature tinie, elle convient aux aspirations de la nature humaine, et ainsi le surnaturel nous appa-

théologlens appellent cette aptitude : puissance obédientielle, potentia obedientialis. Ripalda [De ente supernaturali, <li>i>. XIII) la définit ainsi: « l'aptitude accordée aux êtres créés pour que selon la volonté d'un agenl supérieur et par son secours qui no leur est pas dû, ils remplissent une fonction qu'ils ne pourraient remplir par leurs forces naturelles et le concours qui leur est rigoureusement dû : Aptitudo rerum creatarum, ut pro arbitrio agentïs superioris ejusque auxilio ipsis indebito, munus impleant, quod nativa virtuteet concursu sibi debito implere non possentn. I Sap., VIII, I.

rail, dans une harmonie parfaite, comme le couronneiiirni de notre nature. Cette élévation répond, en effet, aux aspirations et aux efforts de l'humanité qui, dans tous les temps, a poursuivi la divinité el s'esl efforcée • le s'en rapprocher et de l'atteindre. Elle répond à l'impatience si ardente, à l'ambition si inquiète de notre temps. Jamais ou n'a exalté avec laid d'enthousiasme les tendances de l'homme à la grandeur, à la puissance cl à la gloire. Jamais ou n'a excité, avec des accents aussi passionnés, l'ambition des travailleurs et du peuple. Certes, il y a dans tout cela <\v< exagérations el des erreurs, mais, comme pendant les quarante siècles qui ont précédé Jésus-Christ, comme dans ces dix-neuf siècles de christianisme, aujourd'hui encore el plus ardemment que jamais, l'homme poursuit Dieu el réclame avec Dieu une union plus haute et plus complète (1).

Cette élévation de l'homme convient à la bonté de Dieu. Cette bonté l'incline à combler de ses bienfaits la créature que, par un amour absolument gratuit, il a tirée

M) Ces aspirations supposent le fait de l'élévation do l'homme à l'ordre surnaturel, car on ne peut admettre dans la nature humaine laissée à elle-même un désir rigoureux, absolu, efficace et puissant, delà vision et de la béatitude surnaturelles, mais seulement un désir vague et impuissant. S'il en étail autrement, l'homme serait malheureux et il faudrait conclure que sa nature exige des biens, des secours, des dons, une félicité quisonf surnaturels, qui, par conséquent, dépassent Infiniment ses forces et ses exigences. (V. Suarez : De ultimo fine, disp. XVI, sect. Il, a. 6 et seq. ; Prolegom. 4, de Gratia, cap. I, a 21. — Saint Thomas a dit : « Il y a pour l'homme un bien qui dépasse toute proportion ivre sa nature parce que les forces naturelles ne suffisent pas a l'obtenir ni même a le concevoir et a le désirer. Ce bien «pie la seule libéralité divine pouvait non- promettre, c'est la vie éternelle, . De Veritate, qusest. XIV.

si CHAPITRE I!

du néant. La bonté la plus parfaite esl aussi plus dési reuse de répandre ses dons ; elle se montre plus large et plus libérale ; elle prodigue ses bienfaits au delà de toute exigence et même de tout désir et de toute espérance. Quoi ! nous, créatures imparfaites H égoïstes, nous sommes heureux de donner avec générosité ; souvent nous voulons triompher de l'ingratitude et de l'oubli par une bonté que rien ne déconcerte. Kl Dieu infiniment bon. infiniment riche, infiniment puissant, ne nous égalerait même pas dans la générosité de ses dons ! Tandis que nous nous donnons, il ne se donnerait pas lui même, et son cœur sérail surpassé par le cœur si pauvre, si étroit et si impuissanl de l'homme ? Non, vous ne l'admettez pas ; et la raison éclairée par la foi affirme que l'élévation de l'homme à l'ordre surnaturel s'accorde admirablement avec la bouté et la munificence divines.

Cette élévation delà nature humaine s'accorde avec la sagesse de Dieu. La sagesse, en efïet. demande que la bonté et la munificence se manifestent avec éclat, qu'elles attirent vers Dieu les êtres intelligents et libres qu'il a créés pour sa gloire, (pie le créateur exerce sa générosité et sa puissance à l'égard t\o> créatures qu'il a faites perfectibles et capable- i\c> plus hautes destinées.

Mais interrogeons l'amour le plus pur et le plus fort qui soit sur la terre, la reproduction la plus belle et la plus touchante de l'amour divin. L'ambition des pères et des mères n'est-elle pas de former leurs enfants à leur ressemblance et de les élever le plus possible dans la grandeur, la beauté, la vertu et le bonheur '.' Si la sagesse et la puissance des pères et des mères de cette

terre répondaient à leur amour, que ne feraient-ils pas pour réaliser, dans la perfection el dans la gloire, cette ressemblance el cette transformation de ceux qu'ils aimenl '! Et Dieu qui est la source de toute paternité, Dieu qui a ilit : « Quand une mère oublierait sou enfant. moi je ne vous oublierais pas » (h. Dieu qui possède avec la bonté infinie, la sagesse et la puissance infinies, ne ferait pas son (ils à son image ? Il n'élèverait pas l'homme à sa divine ressemblance par «tes dons absolument gratuits, sans doute, mais qui ne lui coûtent rien ? Il ne lui assignerait pas une destinée qui doit l'unir éternellement à son créateur et à son père? Non, la raison et le cœur sont ici d'accord avec la plus haute théologie : la bonté, la sagesse el la puissance de Dieu démontrenl non seulement la possibilité de l'élévation de l'hommeà l'ordre surnaturel, mais ses hautes convenances et son admirable harmonie.

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