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est vrai et sincère, il ne se renferme pas dans le secret de la conscience; il s'exprime audehors et se traduit par l'aveu. C'est pourquoi l'enfant prodigue ne se contente pas de pleurer sa faute dans le silence de son âme; il l'avoue hautement et la confesse. « Mon père, s'écriet-il, j'ai péché contre le ciel et contre vous, je ne suis plus digne d'être appelé votre fils ! ^ Tel est le cri qui s'échappe d'un cœur vraiment contrit et humilié. Car, même dans l'ordre naturel, quand nous avons commis une offense envers quelqu'un, nous éprouvons le besoin de confesser nos torts, pour oser nous croire dignes du pardon. Jésus-Christ n'a eu garde de méconnaître cette loi du cœur humain * en exigeant l'aveu du pécheur comme expression et comme complément du repentir, il a voulu adapter les préceptes de la religion à notre nature et les mettre en harmonie avec nos besoins. Un aveu ! Une confidence ! Mais, mes frères, est-ce* que nous ne passons pas notre
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vie dans ces épanchements de rame? Quoi de plus naturel, s'écriait Bossuet avec celte onction qui tempérait si bien la sévérité de son génie, quoi de plus naturel à l'homme que ce mouvement d'un cœur qui se penche vers un autre pour y verser un secret? N'est-ce pas là ce qui nous charme dans nos plaisirs, ce qui nous console dans nos peines, ce qui nous soulage dans nos souffrances? L'âme humaine, a dit un grand écrivain, M. de Maistre, l'âme humaine est ainsi faite qu'elle ne peut pas rester silencieuse et muette sous le poids qui l'oppresse, sous le poids du remords ou du chagrin : elle souffre , elle s'agite , elle se contracte jusqu'à ce qu'elle ait rencontré l'oreille de l'amitié ou celle de la bienfaisance. Cette confidence la calme , la rassérène , la guérit. Delà vient que toujours et partout nous mettons l'oubli des offenses au prix d'un aveu : c'est l'aveu que nous cherchons, que nous demandons, et à moins que nous ne tenions
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dans nos mains le glaive inexorable de la justice humaine, c'est Taveu qui nous subjugue, qui nous désarme, c'est l'aveu qui nous arrache l'amnistie et le pardon.
Dieu agit de même à l'égard du pécheur» A peine l'enfant prodigue a-t-il confessé sa faute, que le père dit aux serviteurs : « Apportez promptement la plus belle robe pour l'en revêtir; mettez-lui au doigt un anneau et une chaussure aux pieds; réjouissons-nous, car mon fils était mort, et il est ressuscité; il était perdu, et il est retrouvé. » Telle est la mission confiée aux prêtres, serviteurs de la maison de Dieu. « Les péchés, a dit le Seigneur aux apôtres, et dans leur personne à tous leurs successeurs, les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez (1). » Par ces pardles solennelles, Jésus-Christ a établi dans son Église
(l) s. Jean, XX, 23.
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un ministère de réconciliation, un tribunal de miséricorde chargé de recueillir l'aveu des fautes pour les remettre au nom de Dieu. Là, devant cette cour de justice qui se tient à toute heure au milieu des hommes, point de ces formes sévères, de cet appareil propre à inspirer la terreur. Là, pas de témoins qui déposent, pas de ministère public qui accuse. Il n'y a que deux hommes qui s'y rencontrent, qui se placent côte à côte, l'un, pour s'accuser, l'autre, pour pardonner ; l'un qui se dénonce avec une généreuse humilité, l'autre, qui ensevelit dans son cœur, comme sous une tombe éternellement muette, les secrets qu'il a reçus. Quel tribunal, mes frères, que celui où le repentir sauve du châtiment, où il suffit de s'accuser pour être pardonné, où la grâce du coupable suit toujours la sentence du juge, où la justice se contente de la vengeance qu'on exerce contre soi-même, où les larmes d*un jour, d'une heure, peuvent effacer les fautes