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puisque la félicité consiste dans la pure jouissance de Dien, donc l'attache anx choses qui sont moins que Dieu, est l'obstacle principal à la félicité. Mais l'homme s'attache à ces choses quand il oublie la dignité de sa nature. Ensuite, d'après ce qu'il a de commun avec les animaux, c'est-à-dire sa nature corporelle et sensible, il cherche, dans les choses du corps et dans les plaisirs sensuels, une félicité tout animale, ou bien il se met au service d'êtres qui se présentent à lui comme préférables aux autres, il offre des hommagecs idolâtres au monde ou à certaines parties de ce monde à cause de leur grandeur ou de leur durée, ou encore aux natures spirituelles, aux aagos et aux démons, comme si la félicité véritable pouvait se trouver en elles, en vertu de leur immortalité et de leurs hautes prérogatives.
Mais si l'homme sous certaines conditi(Uis paraît audessous de quebiues créatures, et dans une certaine relation, semblable aux plus basses, toutefois sous le rapport du but final, il n'y a rien de si élevé que l'homme, puisque Ilieu même est son but, Dieu, dans lequel seul consiste la félicité. Et pour amener l'homme à la conscience de cette haute dignité, il n'était rien de plus convenable à la Sagesse divine que de prendre la nature humaine. Nous voyons donc aussi, comment par suite de l'fncarnation, I)(!auc()U[) d'hommes se détoururreut du service des anges et des (h'nions, ou du culte idolâtre
des choses créées, des satisfactions de la cliair, et de la jouissance des biens de ce monde^ pour se tourner vers le culte du vrai Dieu, suivant les paroles de l'Apôtre,: « Cherchez les choses du ciel, où Jésus-Christ est assis à la droite de son Père ; n'ayez de goût que pour les choses d'en haut et non pour celles d'ici-bas '. »
3° Puisque la parfaite félicité de l'homme consiste dans la claire vision de Dieu, et par conséquent dans une connaissance de lui qui surpasse de beaucoup les forces de tout esprit créé, il était donc nécessaire que l'homme eût une certaine notion préliminaire, une lumière, par laquelle il fût conduit à la pleine et heureuse connaissance de Dieu, et cette notion lui est donnée par l'entremise de la foi. Mais cette donnée, cette connaissance préliminaire doit être absolument certaine, parce qu'elle est, pour ainsi dire, le principe qui sert de base à tous ses efforts vers la félicité, de même que les principes sur lesquels se fonde la science naturelle sont absolument certains et incontestables. Or une connaissance ne peut être absolument certaine que si elle est évidente par ellemême, comme le sont, par exemple,, les principes de la science naturelle; ou bien si elle se déduit directement de principes inébranlables tout à fait évidents par euxmêmes et dans lesquels elle vient, pour ainsi dire, se