‹ La vie chrétienneChapitre 12 sur 75 · Colos. m · texte numérisé non relu

Colos. m

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résoudre. Mais ce qui nous est proposé à croire de Dieu, ne peut être évident pour l'homme, parce que cela dépasse de loin les forces de son esprit. Il fallait donc que cela fut révélé aux hommes par celui auquel cela est connu en soi-même. Mais bien que cette révélation se fasse dans une certaine mesure à ceux qui contemplent Tessence divine, la parfaite connaissance n'en peut être acquise que par Celui-là seul qui en est le principe, c'est-à-dire par Dieu qui se connaît, lui-même pour lui-même et duquel seul découle toute connaissance certaine de ce qu'il est. L'homme ne peut donc être conduit à la parfaite et inébranlable certitude de la fui que par le Dieu fait homme, de sorte que l'homme reçoive d'une manière humaine un enseignement divin. C'est ce que nous indiquent ces paroles de l'Ecriture Sainte: « Personne n'a jamais vu Dieu: le Fils unique qui est dans le sein du Père nous l'a manifesté lui-même ^, » comme aussi les propres paroles de notre Sauveur: « Je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité'. » Par là, nous voyous, comme fruit de l'Incarnaticn, la propagation d'une connaissance plus claire et [)lus certaine des choses divines, et l'acplisscment de cette parole prophétique : a Le monde entier est rempli de la connaissance de Dieu ^. »

1. s. Jean, i, IS. — 2. S. Jean, xviii, 37. — :5. .9. Jrttn, ii, 9.

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4° Puisque la félicité de l'homme consiste dans la jouissance de Dieu, pour le préparer à cette jouissance, le désir d'y arriver devait être allumé en lui. Mais le désir de jouir d'une chose ne peut être excité que par l'amour de cette chose. Donc l'homme aspirant à la félicité, devait être enflammé de l'amour de Dieu. Mais rien ne nous enflamme plus d'amour pour un autre que la preuve de son amour pour nous. L'amour de Dieu ne pouvait être prouvé par rien plus clairement que par son union même avec l'homme, car c'est le propre de l'amour d'unir, autant que cela est possihle, celui qui aime avec celui qui est aimé. L'iacarnation était donc, encore à ce point de vue, extrêmement utile à notre salut et tout à fait convenable à la sagesse de Dieu.

5° L'amitié consistant dans une certaine égalité, les êtres absolument inégaux entre eux, ne peuvent être liés d'amitié les uns avec les autres. Par conséquent, l'Incarnation était extrêmement utile au salut de l'homme: pour qu'une confiante union put exister entre Dieu et l'homme, celui-ci étant par nature ami de son semblable ; afin que, de cette sorte, reconnaissant Dieu sous une forme visible, nous soyons attirés à l'amour de l'Invisible.

6° De plus, la félicité est la récompense de la vertu. L'homme aspirant à la félicité doit donc vivre conformément à la vertu. Nous sommes encouragés à la vertu

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par paroles et par exemples. Pins fondée, plus parfaite est notre estime pour quelqu'un, plus ses exemples et ses paroles nou? enflamment pour la vertu. Mais quant à ce qni concerne la bonté et la sainteté, aucun homme ne peut nous en fournir en lui une certitude [arfaite, parce que, même les plus saints, sont sujets à l'erreur sur un i)oiiit ou sur un autre. C'est pourquoi il était nécessaire, pour fortifier l'homme dans la vertu, que la vertu, que la leçon, comme l'exemple, d'un Dieu devenu homme, fût placée devant ses yeux. Le Sauveur dit donc aussi, en parlant de lui-même : « Je vous ai donné l'exemple, afin que vous fassiez vous-mêmes, comme je vous ai fait '. »

7° L'homme est conduit à la félicité par la vertu, comme il en est détourné par le péché. Opposé à la vertu, le [léché est un obstacle à la félicité, non-seulement parce qu'il apporte dans notre àme un certain désordre qui la détourne de sa fin dernière, mais aussi parce que, opposé à l'amour divin, il olfense Dieu de qui nous attendons la récompense delà vertu, et enlève ainsi à l'homme, conscient de cette offense, la confiance en üieu, confiance nécessaire pour arriver à la félicité. L'humanité oppressée sous le i)oids du péché avait besoin d'un remède contre le péché, et ce remède ne pouvait lui être offert que par Dieu, qui d'une [)art peut mouvoir, diriger la volonti' de l'homme vers le bien et lui

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