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rendre la rectitude de direction, et de l'autre lui pardonner l'ofTense, parce qu'elle ne peut être remise que par Celui envers lequel elle a été commise. Mais afin que l'homme soit affranchi de la conscience de l'offense commise, il est nécessaire qu'il soit assuré par Dieu lui-même de la rémission de cette offense. Mais il ne peut obtenir une telle certitude que s'il en est assuré par oien lui-même. C'est pourquoi, il était convenable à la Sagesse divine, et extrêmement utile au salut de l'homme que Dieu devînt homme, afin que l'homme obtînt, par Dieu, la rémission du péché, et la certitude de cette rémission par le Dieu-homme.
8° Le huitième et dernier motif que le saint docteur allègue se tire de la justice divine, à laquelle le péché cause une offense infinie, par conséquent à laquelle une réparation complète, infinie, ne peut être donnée que par la satisfaction d'un Dieu-homme. Ayant énoncé plus haut ce motif, nous le laisserons de décote en ce moment '. Et alors le Docteur angéliquc continue :
Quelle richesse de pensées magnifiques et élevées se cache sous ce peu de mots : « Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous. » Et quelle vue ne nous ouvrent-ils pas sur ce mystère le plus grand de notre rc-
i . Somm. contre Cent, liv. ÎV, chap. 54.
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ligioii ? Certainement, aucune intelligence humaine, quelque effort de méditations et de recherches qu'elle fasse, ne sondera jamais la sagesse et Tamour divin (jui y sont renfermés . Cependant, qu'on ne croie pas que tant de recherches et de méditations réitérées, dans lesquelles les plus grands sages et les saints les plus parfaits se sont plongés, soient inutiles. Elles sont au contraire l'occupation la plus salutaire, la plus élevée qu'on puisse imaginer ; et la sainte Eglise, dans son maternel amour, ne nous invite-t-elle pas, trois fois le jour, à considérer, à admirer et à adorer le Dieu incarné ! Ceci rappelle le mot de Socrate lisant un ouvrage d'Heraclite: « Ce livre, dit-il, est si élevé, si savant, si profond, que j'en comprends très-peu de chose; quoique ce peu soit très-beau et très-élevé, je crois cependant que ce que je ne comprends pas, est encore inflniment plus beau, plus sublime. «
Il en est de même du mystère de 1 Incarnation. Nous en connaissons très-peu de chose, et ce que nous n'en connaissons pas, surpasse infiniment en grandeur, en sublimité le peu que nous en savons ; mais aussi ce peu est déjà si grand, si beau, si sublime, qu'il laisse loin derrière soi tout ce que, d'ailleurs, nous pourrions jamais connaître dans le ciel et sur la terre. Mais du peu que nous connaissons de ce mystère, résulte avant tout le besoin absolu que nous en avons pour noire
salut. Dieu n'avait pas besoin de nous, mais uous avions besoin de lui, et nous ne pouvions nous élever à lui, si dans sou amour infini il ne se fût abaissé jusqu'à nous. Le Christ, le Fils de Dieu devenu homme, l'Agneau de Dieu qui prend sur lui les péchés du monde, et s'offre luimême au Père céleste, victime et sacrificateur dans une même personne, le grand Prophète promis, le divin Maître de la vérité qui dit de lui-même qu'il est la Vérité, nommez-le votre Roi et votre Seigneur, parce qu'il vous a acquis, au prix de son précieux sang, pour sa propriété ; nommez-le votre type illustre, le modèle accompli de toute sainteté; nommez-le votre frère, votre ami, votre compagnon dans le pèlerinage de cette vie. 11 est tout cela pour vous; et en possédant tous ces titres, il est le chemin et en vérité l'unique voie qui vous mène à votre fin dernière. Personne ne va au Père que par lui, et il n'y a sous le ciel aucun autre nom par lequel nous puissions être sauvés. Votre bonheur ou votre malheur éternel résulte de la manière dont vous êtes en rapport avec lui. Dès le commencement du monde, l'humanité se divise en deux parts : ceux qui sont pour lui, ceux qui sont contre lui. Car il était depuis longtemps dans le monde, avant qu'il y fût entré visiblement ; il était la lumière qui éclairait déjà^ dès ce moment, les vrais sages et les justes, et il était l'Agneau qui a été immolé dès le commencement. Il était déjà sacrifié dans
riuiiücent Abel; dans Noé, il consolait les quelques justes de ce temps, et fortifiait les enfants de Dieu, afin qu'ils pussent résister aux mauvais exemples des enfants des hommes. Il apparut de loin à Abraham qui se réjouissait de contempler son jour, et dans Isaac, il était immolé sur le Moria ; dans Joseph, il fut persécuté par la haine fratricide; il apparut à Moïse dans le buisson ardent qui brûlait sans se consumer; il l'ut représenté par tous les sacrifices de l'ancienne loi, et annoncé par tous les prophètes ; c'est vers lui que soupiraient tous les justes dont il était la joie et les délices. L'ancien Testament avec tous ses rites et ses enseignements, n'était lui-même que l'enveloppe cachant le germe précieux; l'histoire entière qui précède le Christ, reste comme dans les douleurs de l'enfantement jusqu'à ce que s'élève la fleur do la tige de Jessé. Cette longue histoire des quatre mille ans qui se sont écoulés avant lui, ne serait sans lui, qu'une incompréhensible, une indéchiffrable énigme. Et lorsque les temps se sont accomplis, et que parut enfin sur la terre le Désiré des nations dcpuisle commencement du monde, lorsque l'Apôtre Jeun put écrire : « Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, comme la gloire du Eils unique du Père plein de grâce et de vérité, » ou comme en commençant sa première épître : « Ce qui a été dès le commencement, ce que nous avonsentondii,
ce que nous avons vu de nos yeux^ ce que nous avons considéré, ce que nos mains ont touché : — de la parole de vie — nous vous l'atinonçons ; » alors seulement l'humanité fut mise en demeure de se décider pour le Christ ou contre le Christ. Aussitôt après son apparition dans le monde, retentissent ces paroles prophétiques du saint vieillard Siméon : « Celui-ci est établi pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs en Israel, et comme un signe de contradiction. » Et la prédiction ne s'est-elle pas tout de suite accomplie ? Y a-t-il jamais eu un homme dont le nom ait été si ardemment aimé, et si vivement haï ? La brûlante haine ne l'a-t-elle pas amené jusqu'à la croix, et le saint amour n'a-t-il pas veillé à son tombeau ? Son nom n'a-t-il pas été dès ce moment, et à travers tous les âges, le plus honteusement maltraité et déshonoré ; et les plus gigantesques efforts n'ont-ils pas été faits, pendant les trois premiers siècles, pour l'efTacer de dessus la terre? Et d'un autre côté, ce nom n'a-t-il pas été défendu avec les plus héroïques sacrifices contre les calomnies les plus ignominieuses parles âmes les plus nobles et les meilleures. Et il en a été ainsi jusqu'à nos jours, avec cette différence que, aujourd'hui, le combat a encore gagné plus d'étendue, qu'il est devenu plus ardent.
Le mot d'ordre est celui-ci : pour le Christ ou contre le Christ, et il retentit en ce moment avec une effrayante
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clarté sur toute la terre et dans toutes les sphères de la vie publique. L'existence du christianisme ou son anéantissement, voilà l'unique et décisive question du jour, et nul ne peut Tévifer !