Apocalijjise, v, l:i
le même dépouillement; car que sommes-nous en comparaison de lui? Il n'y a rien d'ailleurs qu'il ne nous demande si souvent, si expressément, soit par lui-même, soit par la bouche de ses apôtres. Ecoutons ici la plus forte expression de cette demande: « Celui qui aime son urne la perdra, et celui qui hait son âme en ce monde, la gardera pour la vie éternelle ' ! » Ce mot nous dit tout ; il contient plus de sagesse que tous les livres des philosophes du monde entier n'en contiennent ensemble; il exprime le fond de toute vraie sagesse, de toute vertu. Car en ce qui concerne la première partie de cette sentence : « Celui qui aime son âme la perdra, » dans quel sens le divin Docteur veut-il faire entendre Vamow de l'âme? Evidemment dans un sens tout autre que lorsque, ailleurs, nous montrant l'amour de notre âme immortelle comme notre devoir le plus impérieux, il nous apprend par là même à en préférer la valeur à celle du monde entier; mais ce qu'il veut ici faire comprendre par amour de l'âme, c'est l'amour déréglé, désordonné de soi-même, c'est-à-dire l'égoïsme. Dans ces paroles se trouve par conséquent exprimée la plus importante vérité, à savoir que l'amour déréglé de soi, l'égoïsme, est le principe de notre misère, la source impure et intarissable de tout péché.