Timolh., V
?,. S.Mallh.yV, 43-4.^.
MORALE CIIHKTIENNE. 111
(le notre Rédemption sinon l'acte le plus éloquant et le plus divin par lequel nous est enseigné l'amour des ennemis ! N'étions-nous pas les ennemis de Dieu, lorsque Jésus-Christ est mort pour nous? Que sont donc les offenses que nons avons à pardonner à nos ennemis, en comparaison de celles que Dieu nous a pardonnécs et nous pardonne encore chaque jour? Et partant la loi qui ordonne le pardon^ peut-elle être une loi injnsie ou tellement contraire à la nature ? L'amour chrétien des ennemis n'exige pas que j'aime mon ennemi, parce qu'il est mon ennemi, mais parce qu'il est mon prochain, parce qu'il est l'image de Dieu, une créature rachetée par le sang de Jésus-Christ, et peut-être un futur habitant du ciel. Cet amour n'a rien de contraire à la nature, le Clu'ist l'a lui-même exercé, et une foule innombrable de ses disciples l'ont pratiqué dans toute sa perfection à l'exemple de leur divin Maîlre. Comme le saint amour du prochain, ce n'est ni la chair ni le sang, qui le produisent mais une opération intérieure du Saint-Esprit, laquelle triomphe de la chair et du sang, et donne ainsi un éclatant témoignage de la divinité du christianisme. On pourrait dire de toutes les autres sortes d'amour du prochain que leurs motifs manquent d'élévation, mais on ne saurait en dire autant de l'amour chrétien des ennemis '. Dieu seul peut être le principe d'un amour contre lequel se révolte notre nature corrompue. La force de l'a-
mour deJésus-Christ qui est plus puissante que le monde et la chair, remporte dans l'amour des ennemis son plus éclatant triomphe; chaque chrétien qui le pratique est un témoin de la divinité de Jésus-Christ. Pourrions-nous refuser à notre divin Sauveur une si glorieuse victoire ? S'il en était ainsi, quand nous disons dans notre prière de chaque jour : « pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, » n'appellerions-nous pas sur nos tètes la malédiction de Dieu au lieu de ses bénédictions?