L AMOUR PERSEVERANT JUSQU'A LA FIN
Le disciple de l'amour nous dit de Jésus-Christ « qu'il a aimé les siens jusqu'à la fin '. » Et c'est encore à ce point de vue que mon amour pour lui doit correspondre au sien. Il n'y a que l'amour persévérant jusqu'à la fin qui sera couronné dans le ciel, d'après la propre affirmation du divin Sauveur : « Celui qui persévère jusqu'à la fin sera sauvé. » Or, quand même j'aurais, comme les Apôtres, opéré les plus grandes choses, quand même, comme ces célèbres solitaires des déserts de l'Egypte, je me serais soumis aux modifications les plus extraordinaires, quand même j'aurais exercé les vertus chrétiennes jusqu'à l'iit'roisme, si je ne persévérais pas dans la bonne voie jusqu'à la fin, ou plus encore si je mourais dans le péché, toutes mes peines, tous mes travauxseraient vains, mes mérites perdus et mon nom cfTacé du livre de vie.
\ Saint Jean, xiu, 1.
Un autre enseignement indubitable de la foi me dit que la persévérance dans l'amour est une grâce ( le don éminent de la grâce), comme lanomme saint Augustin, que je ne puis mériter. Je puis ménicr Van g mentatio)i de l'amour par une fidèle coopération à la première grâce reçue, le Christ ayant dit: «Celui qui possède recevra, » c'est-à-dire celui qui fait valoir les talents qui lui ont été confiés, celui qui emploie bien les grâces reçues, en recevra davantage ou de plus grandes. Je puis, supposé que je meure dans la charité et la grâce, mériter la gloire céleste, car le Christ a dit : « Vous êtes bienheureux si les hommes vous maudissent et vous persécutent, et disent faussement de vous toute sorte de mal à cause de moi, réjouissez-vous et soyez rempli d'allégresse car votre récompense est grande dans le ciel K »
Je puis mériter V augmentation de la gloire céleste, puisque le Christ a Jdit à ses apôtres, et à ceux qui enseignent le bien aux autres, qu'ils brilleraient un jour comme les étoiles du ciel.
Au contraire, la. persévé?'ancc dans la grâce et dans l'amour, sans laquelle toutes les autres grâces — et, comme il a été remarqué plus haut, toutes les vertus exercées autrefois, tous les actes vertueux accomplis, me sont inutiles^ — je ne saurais la mériter dès que le Christ