‹ La vie chrétienneChapitre 47 sur 75 · Claudius · texte numérisé non relu

Claudius

de saint dans le trésor des autres prières, à commencer par la confession de foi, l'excitation des trois vertus divines, et le sublime Gloria Patri et F'dio et Spiritui sancto (,!çloire soit au Père et au Fils et au Saint-FiSprit), jusqu'aux solennelles antiennes des mystères de notre rédemption enlacés merveilleusement par les Pater noster et les Ave Maria revenant toujours ! Mais au lieu de me perdre dans ce vaste champ, je veux seulement m'imprimer bien avant dans le cœur deux choses concernant cette sublime oraison :

La première, c'est que je dois tenir cette prière en grand honneur et la préférer à toutes les autres quelle que puisse être leur valeur, aussi bien parce qu'elle est dans le sens le plus élevé la prière-modèle, que parce que c'est Jésus-Christ lui-même qui me l'a enseignée de sa bouche divine.

Qui ne se souvient toujours avec délices, jusque dans l'âge le plus avancé, de ces pieuses prières qu'une mère aimante lui a déposées sur les lèvres d'abord, et ensuite dans le cœur ; combien chères elles lui sont, combien profondément elles lui tiennent à l'àme, comme si une bénédiction toute particulière reposait sur elles? Par conséquent, combien plus chères encore doivent m'ôtre les paroles de [)rièrc que l'Amoiu' qui descendit du ciel, le Fils de Dieu lui-même m'a enseignées et imprimées dans le coMir?

Combien de millions de chrétiens n'ont-ils pas, après leur saint Rédempteur, répété ces plus saintes de toutes les paroles de prière? Ce furent les premiers mots que balbutièrent leurs lèvres enfantines, et ce furent les derniers qu'ils murmurèrent dans leur agonie, on qui furent répétés pour eux près de leur lit de mort. Est-ce que celle pensée ne doit pas encore m'inspirer une vénération particulière pour le saint Pater?

La deuxième, c'est que je devrais toujours me servir de cette prière comme d'une clé, qui peut m'ouvrir le ciel avec les trésors de ses biens et de ses dons. Car si toute^rière échappée d'un cœur vraiment fervent est une telle clé, à combien plus forte raison peut-on le dire de celle que mon divin Maître m'a mise lui-même en main, comme étant la clé du royaume des cieux? En effet pourquoi manqué-je si souvent de consolation céleste, de soum: ; ion dans les souffrances, de force pour résister aux antations, si ce n'est parce que je ne sais pas faire usage de ce secours divin? Je récite bien souvent l'Oraison dominicale, mais comment fais-je cette prière? Peut-être dans un sens tout opposé à celui que le <livin Docteur m'a enseigné. J'ai dit: Que votre nom soit sanctifié, et combien de fois peut-être même pendant cette prière, dans le lieu le plus saint, ai-je profané le nom de Dieu par mon manque de respect et de dévotion, par mon esprit dissipé. J'ai dit : Que votre volonté, ô

Dieu ! soit faite sur la terre comme au ciel, et combien de fois pendant cette prière ma volonté ne se trouvaitelle pas en opposition formelle avec la volonté divine? J'ai dit dans ma prière : Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, et mon cœur était rempli de sentiments d'envie, de haine, en conséquence c'est la malédiction au lieu de la bénéiliclion de Dieu que j'ai appelée sur moi. J'ai ajouté encore: Ne nous induisez point en tentation, et c'était moi qui témérairement me précipitais dans le danger. Qu'à l'avenir donc, le saint Pate?' iioste?' me soit une clé avec laquelle je m'ouvre réellement le ciel et ses trésors !

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