‹ La vie chrétienneChapitre 48 sur 75 · LA MEDITATION DE LA PASSION DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

LA MEDITATION DE LA PASSION DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST

La prière intérieure ou contemplative qui ne se lie pas comme la prière vocale à quelque forme 'de prière déterminée, se plonge dans la pieuse contemplation de quelque vérité religieuse, pour que l'esprit, la volonté et le cœur s'en laissent pénétrer. A la vérité, tous les docteurs chrétiens et les maîtres de la vie spirituelle, appuyés aussi bien sur les sentences de la sainte Ecriture que sur leur propre expérience et celle d'autrui, s'efTorcent à l'envi de recommander la prière intérieure ou contemplative, comme l'un des plus importants moyens pour aider et favoriser la vertu chrétienne ; mais la haute signification que cette prière a pour la vie religieuse, ne réside-t-elle pas dans l'essence même de la chose? Car qu'est-ce qui sanctifie l'homme, si ce n'est la vérité? « Sanctifiez-les, » demande le divin Maître dans la prière qu'il adressait à son Père céleste pour ses

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Apôtres et leurs successeurs, « sanctifiez-les dans la vérité; » paroles qui s'accordent parfaitement avec cet autre mot de la Sainte Ecriture ç?^^ le juste vit de la foi.

Mais le but et l'utilité de la méditation consistent justement en ce que la foi n'est pas renfermée en moi comme un capital mort, mais que toutes ses vérités se font connaître à moi d'une manière vivante, qu'elles saisissent, pénètrent mon esprit, et par mon esprit ma volonté et mon cœur, et les mettent en mouvement pour la vie chrétienne et pour Dieu.

Les vérités saintes sont une semence jetée dans le champ de mon àme; par la méditation de ces vérités, je le cultive, et de ces grains de semence germent des épis dor'''S. Les vérités chrétiennes sont des flammes; mais pour qu'elles s'allument, il faut qu'elles soient mises en contact avec une matière inflammable, et ceci a lieu par l'oraison. « Dans la mi'flitation mon cœur s'enflamme » chante David. Par conséquent,, était-ce une exagération lorsqu'un des docteurs les plus recommandés portait ce jugement: que sur cent chrétiens (pii s'adonnent à ce saint exercice, quatre-vingt-dixneuf se sauvent, et à peine un seul se perd?

Mais de l'autre cùté, n'est-ce pas une grave illusion volontaire de s'imaginer (pie la uK-dilalion n'est (jue pour les chrétiens qui, comme les prêtres ou les religiiMix et les religieuses, ont choisi l'état de la ])erfe(tion?

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La vérité u'est-elle pas la même pour tous? Et cette loi, que la vérité seule nous sanctifie, si elle vit en nous et si nous vivons en elle, n'a-t-elle pas la même valeur pour tous?

Ceux (]ui ont choisi l'état de la perfection, forment la nation priante; cependant les autres chrétiens ne doivent pas se dispenser de la méditation si utile à tous, quelle que soit d'ailleurs la manière plus ou moins méthodique dont ils s'y exercent.

Comme nous l'avons dit au début de ce chapitre, toute vérité religieuse peut servir de sujet de méditation, qu'elle soit une vérité de foi, un enseignement de morale chrétienne ou un fait d'histoire religieuse ; je puis choisir pour objet de ma méditation, une formule de prière, par exemple, le Pater noster. Mais c'est en particulier la vie de Jésus-Christ qui me fournit la plus féconde matière ; de sorte que, comme le dit le pieux Thomas à Kempis, il n'y a pas pour les chrétiens de plus haute étude que de méditer en particulier la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ'.

Et dans cette vie divine, sa fin, c'est-à-dire la douloureuse passion, ressort comme un centre lumineux pour la méditation. Toutes les vérités religieuses que je puis méditer avec utilité et pour ma sanctification, tout ce

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