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s. Jean, \\i, 5, G

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L'orgueil dans sa plénitude est un plus grand péché, parce qu'il s'oppose directement à Dieu ; toutefois il ne rend pas l'homme si abject et si rampant. L'impureté est plus hideuse, faisant l'homme semblable à la bête, comme l'orgueil le fait semblable au démon. Mais l'avarice le rend plus vil, plus bas, plus impitoyable ; elle le rend dur comme le métal dur et froid devant lequel il se prosterne.

L'apôtre saint Paul nomme l'avarice et la cupidité la racine de tout mal ; et quand on parcourt les commandements, ne voit-on pas que ce sont ces deux passions qui sont directement ou indirectement la cause de leur transgression, c'est-à-dire qu'elles la préparent ou y conduisent ?

Tous les jours, l'avarice viole les trois premiers commandements prescrivant les devoirs envers Dieu. Tous les jours, ella s'incliue^ devant Mammon son idole, et lui décerne un honneur qui n'est dû qu'à Dieu. Tous les jours elle v'r^üe le sabbat; n'est-ce pas elle qui fait commettre le plus de profanations de ce saint jour? C'est elle encore qui prend en vain le nom de Dieu et le blasphème par de faux serments ; car la plupart de ceux qui se font doivent lui être imputés.

Il n'en est pas autrement des septcommandements suivants : « Père et mère honoreras ; » n'est-ce pas surtout l'avarice qui est cause des outrages, des mauvais traitements

MOYENS POUR l'ARVEMIl A LA VFiRTU CHRÉTIE.WE. 2i\

envers tant de parents arrivés au déclin de la vie? a Tu ne tueras point ; » combien de meurtres, d'assassinats commet l'avarice? « Tu ne feras point de i'ornicalion ; » et ici encore n'est-ce pas l'avarice, la cupidité qui y pousse le plus souvent par l'appât d'un gain lionteux ? (( Tu ne déroberas point ; » il n'y a que l'avarice, la cupidité qui commette le vol, le larcin. « Tu ne porteras point de faux témoignages ; » combien de mensonges, de faux témoignages, même devant la justice, doivent être imputés à l'avarice? lien est de même des deux derniers commandements dans la violation desquels cette passion a souvent la plus grande part. Donc, l'avarice est bien en etl'et la source de tout mal, et je comprends pourquoi, presque à chaque page delà sainle Ecriture, il est si expressément recommandé de s'en garder. Mais ce qui doit surtout m'en inspirer la plus vive horreur, c'est le crime auquel elle a poussé Judas. Et ce forfait ne doit pas seulement me prémunir contre l'avarice dans son action complète, dans ce qu'elle a de vil, de mesquin, de sordide, mais encore contre ses commencements. Car, plus que tout autre péché, irrésistiblement elle mène à ses fins le cœur dont elle a su s'emparer, et tandis que d'autres passions diminuent avec l'âge, elle, au contraire, croît et se développe avec les années. Ses commencements sont souvent si invisibles ! Ils se cachent derrière

toutes sortes de beaux prétextes : il y a la famille à enlro-

tenir et à soigner, la vieillesse elles infirmités à prévoir, les moyens de pouvoir exercer la bienfaisance publique ou privée à se procurer; et que d'autres subterfuges pourraient être ici dévoilés ! Mais les débuts de cette passion sont d'autant plus dangereux qu'on ne les reconnaît pas pour ce qu'ils sont réellement, ou du moin? qu'on ne le veut pas. On ne sait pas, ou l'on ne veut pas savoir que l'avarice existe déjà dans cette trop grande tristesse pour une perte temporelle, dans cette envie des biens du prochain, dans ce désir trop ardent de devenir riche, dans l'emploi trop actif et trop soucieux de moyens d'industrie, même permis, et en particulier dans tout gain ou toute possession injuste de la plus petite pièce de monnaie. On tombe dans les pièges du démon et sans même s'en apercevoir. A la vérité, on ne vend plus le Christ, mais on vend pour quelques pièces d'argent son âme immortelle, son âme rachetée au prix du sang de Jésus- Christ !

La deuxième cause principale qui a amené Judas à sa honteuse action, c'est Tabus des grâces de Dieu. Je ne veux pas parler de cette grâce insigne qui l'avait fait disciple du Christ, de tant de précieuses faveurs, dont il avait joui presque surabondamment à l'école du Maître divin, des miracles et des magnifiques exemples de vertu qu'il avait chaque jour sous les yeux, de la doctrine céleste qu'à toute heure il avait entendue de la bouche même du

Seigneur, de ce commerce intime qu'il avait constamment avec lui, des nombreuses inspirations de la grâce complètement négligées ou méprisées : c'est dans un autre mépris, celui de la grâce de la sainte Communion que la sainte Ecriture elle-même place la cause de son crime.

En ce qui concerne sa conduite envers la sainte Eucharistie, il est à remarquer que lors de la divine promesse de ce don sacré. Judas se trouvait déjà parmi les mécontents. Ceci apparaît clairement dans les paroles suivantes, ajoutées par saint Jean à son récit touchant la promesse de la sainte Eucharistie, et touchant les murmures de beaucoup de disciples : « Car Jésus savait dès le commencement quels seraient ceux qui ne croiraient point et celui qui le trahirait '. Mais c'est tout particulièrement dans l'histoire de l'institution de la sainte Eucharistie, que je trouve exprimée larelation intime entre le crime du perhde disciple et l'abus de la sainte Communion. Voici ce qu'en écrit le même Evangéliste : sur la demande que lui faisait Jean, quel serait le traître, Jésus avait répondu: «C'est celui à qui je donnerai un morceau de pain trempé,» et l'Evangéliste continue : « Et Jésus ayant trempé un morceau de pain, le donna à Judas Iscariote, fils de Simon. Et après qu'il

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