‹ La vie chrétienneChapitre 57 sur 75 · s. Jean, xiii · texte numérisé non relu

s. Jean, xiii

MOYENS POIK PARVENIR A LA VERTU (HRÉriIlNNE. 245

Bernard qui le premier en fait la remarque dans son explication du Cantique des Cantiques), elle parle en particulier d'un baiser de ses pieds et d'un baiser de sa bouclic.

Le baiser de ses pieds est le baiser du respect et de l'adoration. C'est ainsi que Marie-Madeleine le baisa après sa résurrection. Miis cette même Marie, au moment de sa conversion, avait déjà baisé les pieds du Sauveur pcnil.mt qu'il était à table cbez Simon, et ce baiser était celui de l'àme repentante qui n'ose lever les yeux vers Celui (lu'elle a ofFense, mais qui se prosterne à ses pieds et pleure.

Mais le baiser de sa bouche est celui dont pirle l'épouse au Cantique des Canti(|ues quand elle dit: « Qu'il me baise d'un baiser de sa bouche. » C'est le baiser de l'amitié, le baiser de l'amour et des fiançailles. Ce baiser de sa bouche, il nous le donne et nous le lui rendons, quand il nous nourrit du pain de sa céleste doctrine, et quand, avides de salut, nous recevons ce pain en notre cœur. Ce baiser de l'amour, il nous le donne et nous le lui rendons, quand, dans la Communion, il nous présente ce vrai pain descendu du ciel, qui n'est autre que lui-même, et (|iiaiid, avides de ce pain de vie, le désirant avec l'ardeur île Tépouse, nous nous y unissons entièrement. Mais avant d'oser baiser sa i)ouclie dans la sainte Communion, il me faul d'atiord baiser ses pieds,

me prosterner devant lui au saint tribunal de la Pénitence, confesser mes péchés et les pleurer douloureusement. Il me faut, avant d'oser lui dire avec l'épouse du saint Cantique : » qu'il me baise d'un baiser de ses lèvres, » m'écrier avec le centenier de l'Evangile: « Seigneur, je ne suis pas digne... ; venez et guérissez mon âme. » C'est là la leçon et l'avertissement que me donne la trahison de Judas. Je dois trembler et craindre avant d'approcher le festin de l'amour.

Trembler et craindre, désirer ardemment et aimer, ces deux sentiments doivent s'unir ici. Je dois trembler, car c'est un si terrible mystère, je dois désirer et aimer, car c'est un festin si doux et si aimable !

CHaPITRK V.

LA RÉCEPTION DU SACP.KMEiNT DE PENITENCE.

Les sacrements reçus suivant les intentions de leur divin auteur et selon l'esprit de l'Eglise, ne sont pas seulement les moyens de grâce les plus avantageux, mais ce sont aussi les plus importants secours pour la pratique de la vertu chrétienne. Excepté le sacrifice de la sainte Messe, il y a rien de plus saint dans toute notre religion. Les deux premiers des sept sacrements ne peuvent être reçus quwic fois. Gai, la pensée du saint Baptême, ce souvenir plein de reconnaissance, et le renouvellement des vœux qui y ont été faits au nom du nouveau chrétien, s'enlacent comme un lien d'or à travers sa vie tout entière. Je les retrouve partout, ces vœux bienfaisants, stimuhmfs, fortifiants : à cha(]ue anniversaire de ma naissance et de mon baptême, tous les dimanches et fêtes de l'auiiée, avant la réception des autres sacrements, (huis les grandes teutalions. dans les plus graves circonstances de hi vie, dans lU^s cas imprévus de

bonheur ou de malheur, en face de la mort. Je ne puis non plus oublier le sacrement de Confirmation, dont la réception, en mettant le sceau à mon baptême, m'a fait le temple du Saint-Esprit. Si le démon avec ses tentations s'approche de moi, et me montre les magnificences du monde qu'il voudrait me donner pour prix de mon apostasie, si le frivole plaisir me charme ou si un gain illégitime m'attire, si on a touché à mes convictions chrétiennes, et qu'errant dans ma foi sainte, je me sente vacillant : alors, dans mon âme agitée, surnage la pensée de ma dignité de chrétien, je me souviens du signe de la croix, marqué sur mon front et dans mon âme au jour de ma confirmation, du baume dont j'ai été sacré, du soufflet qui m'a armé chevalier du Christ, du baiser de paix que l'Eglise a mis sur mes lèvres et dans mon âme par ce salut céleste, ce souhait de bénédiction: Pax tecum (la paix soit avec toi).

Parmi les autres sacrements, celui de VExlrême-Onction est destiné àêtreuneonctionsainte, un soulagement, un secours dans les maladies graves, un aide dans le dernier combat que nous avons à soutenir contre l'ennemi de notre âme. Le sacrement de l'Ordre et celui du Mariage sont institués pour la sanctification de ces deux états qui sont les deux bases fondamentales de la vie chrétienne et de la vie ecclésiastique. Il ne reste donc plus que le sacrement de Pénitence et le saint sacrement de l Autel, dont la

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réception doit se renouveler pendant toute la vie. Mais quelles sources de bénédictions célestes me sont ouvertes dans ces deux sacrements ! et comment puis-je dans le désert de la vie me dessécher et me consumer, si j'y jiuise souvent, et dans de bonnes dispositions, l'eau rafniîchissanîe qui coule dans la vie éternelle! Oh! on parle de ces combats pénibles, dans lesquels le chrétien s'épuise en etï'orts souvent impuissants, et l'on ne pense pas à la forte armure que la générosité infinie de Dieu a mise à sa disposition, afin qu'il soutienne victorieusement la lutte.

Occupons-nous d'abord de la réception du sacrement de Pénitence, autant que notre but le réclame ici. Parlons avant tout de l'instittifion de ce sacrement, et présentons-la comme le catéchisme l'expose. Mais pour la consolation des chrétiens qui ont perdu la grâce du saint Baptême, et pour lesquels le Christ a institué la Vi-mtence, faisons remartjuer que les termes dans lesquels il a conféré aux Apôtres et à leurs successeurs les i)iétres, le pouvoir de remettre les péchés, sont tout à fait généraux, et sans aucune restriction de nombre, de genre et d'espèce déterminée de péchés. « Les péchés seront remis à ceux à qui vous h'S remiîltrez, » dit-il, « et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez '. » L;s

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