SUITE. L\ CONVERSION DE PIEHHE
Mais quel inestimable bienfait n'est-ce pas pour moi, que pour m'cxciter ù l'œuvre qui m'est la plus importante et la plus difficile, l'œuvre de ma conversion et de ma pénitence, la sainte Ecriture ait placé devant moi de si beaux et do si brillants modèles ! Je vois personnifiés en eux les enseignements de l'Eglise. Je vois en eux la conduite de la grâce divine victorieuse, et les ell'orts et l'action de l'bomme qui viennent la seconder; je vois, dans ces exemples, l'intinie miséricorde de Dieu et sa justice sévère réconciliées et se donnant le baiser de paix. (Iràce à ce puissant enseignement, jo trouve là une raison pressante, énergique de me conformei' aux leçons qui me sont données ; par ces exemples vivants, je trouve, à l'avance, mises à néant toutes mes objections hasardées, je me sens poussé à imiter do tels modèles, et rempli de courage pour vaincre tous les obstacles qui viendraient m'embarrasser dans ce chemin.
Donc, pour donner une idée claire des enseignements de l'Eglise sur les choses nécessaires à la validité et à la digne réception du sacrement de Pénitence, enseignements déjà exposés dans le chapitre précédent, puis pour les éclaircir davantage et les placer plus puissants devant l'àme, je choisis, pour la méditation qui suit, un de ces modèles ; et parmi tous ceux que la sainte Ecriture me présente, je choisis celui de Pierre dont j'ai déjà plus haut appris à connaître la chute si pleine d'instructions pour moi, et dont la conversion n'est pas moins riche en leçons. Dans l'histoire de sa conversion, comme l'Ecriture me la dépeint, se présentent en particulier trois circonstances admirables, qui doivent me servir d'exemple dans Tœuvre de ma propre conversion.
Premièrement, Pierre se convertit tout de suite après sa chute ; deuxièmement, au moment même où il est est saisi de la grâce, il sort, s'éloignant en hâte du lieu et de la compagnie où il a commis le péché ; troisièmem,ent, enfin, il satisfait pour son péché par les larmes abondantes d'un amer repentir.
J'attache, tont d'abord une grande importance à la promptitude avec laquelle Pierre se relève de sa chute. Tombé pour la troisième fois, il entend le cri du coq, — et Jésus le regarde ; alors, sur-le-champ, il rentre en lui-même.
Le cri du coq lui rappelle la parole de son divin Maître,
c'est [)Our lui l'appel extérieur de la grâce. Et pour nous aussi, combien de fois la grâce ne fait-elle pas entendre une voix extérieure. Elle se fait entendre dans les supplications, les exhortations, les avis, les rappels de mes parents, de mes supérieurs, de mes amis ; elle se fait entendre dans maints enchaînements de circonstances inattendues qui paraissent fortuites et ne le sont pas ; peut-être élève-t-ehe encore la voix (hms de soudains coups du sort, dans de grands désastres et de lourdes épreuves, dans les inquiétudes et les tourments de ma conscience surexcitée, dans les images pleines d'effroi d'une nuit d'insommie, dans quelque cas de mort subite de l'un de ceux qui me sont chers, et dans d'autres événements tout aussi significatifs.
Cependant ce cri du coq, cet appel extérieur de la grâce, occasionne bien la conversion, mais ne l'effeclue pas lui-même, il n'est pas seulement dit dans l'Evangile que Pierre entendit le cri du coq, mais il est très-expressément ajouté ceci: «Jésus se retourna et regarda Pierre '. »
Je ne veux pas nier que Jésus Tait regardé de ses yeu\ Corporels; la plupart des interprèles sacrés l'admetlent, ils pensent que, après l'interrogatoire qu'il subit chez Anne et Caiphe, Jésus fui amené et gardé dans la cour du prétoire, pour y attendre le grand conseil qui devait