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CHAPITRE XI

OBSERVATION FIDELE DES TEMPS ET DES FETES COMMANDÉS PAR l'ÉGLISE.

Nous touchons à la fin de la lâche que nous nous sommes imposée. Mais le titre même de ce dernier chapitre, nous fournit l'occasion de revenir brièvement sur tout ce que nous avons dit dans cet ouvrage, en particulier dans la deuxième partie, parce que tout se concentre dans la célébration convenable de l'année ecclésiastique. Si je ne fais pas un bon usage des moyens de vertu et de sanctification expliqués plus haut, je no puis célébrer dans le véritable esprit de l'Eglise les temps liturgiques et les fêtes de l'année. Leur observation fidèle me rappelle les moyens d'avancement spirituel et de sanctification indiqués plus haut; non-seulement elle me les rappelle, mais elle me presse d'y recourir. D'un autre coté l'usage de ces moyens, si je les emploie bien, devant amener ma sanctification, il suit de là, que c'est sur cette observation exacte que roule toute la vertu chrétienne, que c'est elle qui la met en mouvement.

Essayons maintenant de mettre ceci un peu plus en lumière, avec la brièveté toutefois que nous imposent les limites tracées dans notre exposition.

1° L'année ecclésiastique, ou année sainte, qui se divise en trois grands cercles de fête, celui de Noël, celui de Pâques et celui delà Pentecôte, commence comme on le sait, avec VAvent qui, dans le sentiment de TEglise, est aussi bien un souvenir qu'une espérance, une célébration continuée (Nachfeier) qu'une célébration anticipée (Vorfeier).

Les quatre semaines de l'A vent rappellent le souvenir de ce qui, pendant les quatre mille ans précédant le Christ, a si profondément ému, agité l'humanité tombée, le souvenir aussi de ce qu'elle a fondé et élevé. Donc, d'une part, toutes ces dispositions surnaturelles par lesquelles déjà, avant son apparition dans le monde, le Christ a agi sur l'humanité pour la préparer à son avènement, à savoir les promesses d'un rédempteur, promesses si souvent réitérées depuis la première donnée au Paradis, et de l'autre, les désirs douloureux et ardents de tous les hommes, appelant ce Messie tant promis. L'attente passionnée, les vœux pleins de persévérance, les soupirs brûlants de cette humanité inquiète, agitée, ne sont-ils pas exprimés de la manière la plus saisissante dans ces Antiennes, que chante l'Eghse aux derniers jours de l'Avent?

0 Sapientia : « 0 Sagesse, sortie de la bouche du Très-Haut, qui atteignez dune extrémité à l'autre, et qui disposez touteschoses avec force et avec douceur : venez nous montrer la voie de la prudence. »

O Adonai : « Adonai, conducteur de la maison d'Israël, qui avez apparu à Moïse dans la flamme du buisson ardent, et qui lui avez donné la loi sur le Sinaï : venez nous racheter, en déployantla force de votre bras.»

0 Radix : u 0 Rejeton de Jessé, qui êtes exposé comme un étendard aux yeux des peuples, vous devant qui les rois garderont le silence, etque lesnations imploreront : venez nous délivrer, ne tardez plus. »

0 Clavis David : « 0 Clé de David, sceptre de la maison d'Israël, qui ouvrez, et personne ne peut fermer ; qui fermez, et personne ne peut ouvrir : venez, et tirez de prison les captifs assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, d

O Oriens : u 0 Orient, splendeur de la lumière éternelle et soleil de justice : venez éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort. »

0 Rex f/eîîtium : « 0 Emmanuel, notre Roi et notre Législateur, l'attente et le Sauveur des nations : venez nous sauver, o Seigneur notre Dieu. »

Mais pourquoi, dans les quatre semaines de l'Avent, l'Eglise fait-elle passer devant mon àme ces quatre mille ans avec leurnuit sombre, leurs douleurs et leurs désirs

ardents? Evidemment, afin que, moi-même, je les repasse en esprit, que je sente la misère et toutes les calamités que le péché a attirées sur nous ; afin que m'éloignant des plaisirs mondains, interdits aux chrétiens pendant ce saint temps, je rentre en moi-même, et qu'en vue du jugement dernier, anquelTEglise me renvoie dès le début de ces jours de grâces, je pleure mes péchés et, dans un véritable esprit de pénitence, me prépare à célébrer dignement la sainte fête de la naissance de mon Rédempteur et sa venue dans mon cœur. Sans cesse, et en particulier au dernier Dimanche de l'Avent, retentit à mon oreille la voix de Jean-Baptiste appelant tous les hommes à la pénitence. « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées, les chemins tortueux deviendront droits et les raboteux seront aplanis. Et toute chair verra le salut du Seigneur' . Et maintenant la sainte fête de Noël elle-même ? La solennité de ce mystère qui, pendant tant de siècles a tenu le ciel et la terre dans l'attente, et d'où naissent en quelque sorte d'eux-mêmes, comme d'un sol fertile, tous les autres mystères solennisés dans le cours de l'année: dans quelle disposition d'âme la célébrerai-je ? Cet Enfant- Dieu avec sa Mère-Vierge enfantant sans douleurs, comme

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