ÉRRCSEPE P RO ET) DIN
implorer, à chanter, à glorifier dans les mêmes termes, au moyen des mêmes formules Dieu le Père etJésus-Christ. Il n’en faudrait pas conclure cependant que le Père et le Fils sont à un titre identique l’objet du culte chrétien ; les doxologies, les hymnes et surtout les prières sont plus souvent adressées au Père qu’au Fils. Et ce qui est bien plus notable, la religion tout entière suppose, du Fils au Père, des relations que jamais elle n’intervertit ; elle prie, elle loue, elle glorifie le Père par le Fils et dans le Fils.
Indépendamment de leur portée théologique, ces formules de prière ou de doxologie nous permettent de saisir l'affirmation de la foi naissante dans la liturgie. Le Père et le Fils inséparables sont les sources authentiques et intarissables de la grâce divine ; voilà le concept vraiment spontané et primitif d’où sortira le développement euchologique. Le Père et le Fils également adorables, voilà le centre unique de la religion chrétienne et cette notion exprime si parfaitement la foi reçue des premiers fidèles qu’elle ne soulève parmi eux ni objection ni dissidence.
Le Saint-Esprit leur est très rarement associé ; nulle part on ne voit de prières adressées à lui seul ni on ne rencontre d'hymnes en son honneur. Et cependant dans l’histoire des origines religieuses, la croyance à l'Esprit apparaît comme un des traits les plus caractéristiques et les plus essentiels de la foi chrétienne ; elle se montre partout, l’Espril s'affirme comme une force impersonnelle qui, jadis, inspira les Prophètes, qui, aujourd’hui, parle, agit, légifère dans l'Eglise. Les principaux chefs collaborent avec lui : « ILa paru bon, disent-ils, au Saint- Esprit et à nous... » La foi en la divinité de cet Esprit ne peut faire l'objet d’un doute : la tradition juive et la croyance chrétienne sont, sur ce point, en parfait accord. Les premières générations chrétiennes ont vécu, à la lettre, dans la familiarité de l'Esprit.
Il faudrait encore rappeler les premiers monuments du