‹ La vie chrétienne primitiveChapitre 5 sur 12 · LA RÈGLE DE FOI ET L'INITIATION · texte numérisé non relu

LA RÈGLE DE FOI ET L'INITIATION

| vertis prêchent, et c’est par la prédication plus que par la lecture que s’obtiennent les conversions. Le livre des Actes nous a conservé de précieux spécimens de ces premiers essais de prédication. On y saisit le caractère de la catéchèse apostolique adressée aux Juifs, pour qui FEcriture sainte est sacrée et ses affirmations incontestables ; il ne s’agit dès lors que dy relever tel passage si évidemment applicable à la personne du Christ qu’on ne puisse refuser de croire en tui. À ceux qui douteraient encore, les apôtres citent les miracles du Maître et ajoutent : « Nous avons vu cela » Cujus nos testes sumus ! ( Faïtes pénitence, dit saint Pierre, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour obtenir k rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint- Esprit ». Voici la série des actes qui aboutiront à l'initiation chrétienne : catéchèse, pénitence, baptême, chrismation. Dans l’épître aux Hébreux on lit une indication déjà plus explicite de l'instruction chrétienne élémentaire qui se compose de la pénitence, la foi en Dieu, la doctrine sur le baptême, V’imposition des mains, la résurrection des morts, le jugement éternel.

Adressée aux païens, la catéchèse doit être différente car, pour eux, la Bible n’est rien, à supposer qu’elle ne soit pas une objection. Plus d’argument prophétique, mais on ébranera le paganisme afin d'en montrer là caducité et de prouver

D: les débuts du christianisme, les apôtres et leurs con-

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la nécessité de croire en un Dieu créateur et rédempteur. La harangue de saint Paul aux Athéniens, bien qu'interrompue, nous montre cette tactique : affirmation de l’existence de Dieu, condamnation du paganisme, nécessité de la pénitence et de la foi au Christ ressuscité. |

Un court opuscule rédigé pour la génération qui à suivi les apôtres, la Didachè, s'offre à nous avec tous les caractères de la catéchèse apostolique. Réduite à son thème fondamental, elle indique le choix à faire entre deux voies : la voie de la vie par la pratique de l'amour de Dieu et du prochain, la voie de la mort qu’on évite en se gardant des péchés dont on lit l’'énumération. C’est l’enseignement moral.

Un autre aspect de La catéchèse primitive nous a été conservé, sous une forme plus concise encore, dans le symbole dont le noyau paraît être le texte de la formule baptismale. D’assez bonne heure, une opinion se répandit dans lEglise tendant à faire remonter aux apôtres la formule du symbole qui se réclame de leur nom. Cette croyance consignée dans la Didascalie m'a laissé aucune trace dans la Didachè et cependant on peut dire que, dans son ensemble, le Credo romain est d’une sobriété de style et de composition qui fait penser à l’âge « subapostolique ». Si donc on ne peut l’attribuer au collège apostolique tout entier, comme le veut une légende sans autorité, ni aux apôtres Pierre et Paul qui établirent le christianisme à Rome, on ne peut guère cependant en retarder la composition intégrale au delà des dernières années du 1° siècle. « Il convient de Fappeler un Credo des apôtres, d’abord parce qu'il renferme la substance de l’enseignement apostolique, puis parce qu'il est l’œuvre d’un esprit qui ne fut séparé des apôtres que par une seule génération. »

Dès lors l'enseignement de cette règle de foi fut intimement lié aux exercices de l'initiation chrétienne. Le Credo constitua pour l'initié un gage secret d’orthodoxie, un mot d'ordre dont la transmission ne se donnait qu'oralement. Commen

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