‹ La vie d'Edgar A. PoeChapitre 11 sur 19 · V. CHANSON · texte numérisé non relu

V. CHANSON

Je te dis de rester, trop bien le sais-je.

La faute est mienne, mienne seulement : Je n'osais point penser au passé

Tout désolé et solitaire.

Je craignais dans l'air silencieux de la mémoire

De trop tristement te regretter, — Craignais dans la nuit de mon désespoir

Que je ne pusse pas tout t'oublier.

Mais va, — ah, va I ces yeux qui plaident, Ces accents à voix basse, suaves, qui en appellent

Du cœur au cœur, — ah, puis- je me fier A cette révélation passionnée ?

Car, ah I ces yeux sombres et qui plaident

Evoquent un chagrin trop aigu, Une angoisse qui ne cessera pas

Avec tes vœux changeants, demain.

Un amour immortel et divin

Au dedans de mon cœur s'éveille :

Son rêve de douleur et de désespoir

Il ne l'a point, à moins de se briser.

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