VI. FLEURS DESSÉCHÉES
Vous qui rappelez le bonheur ! à moi
Vous apportez les douces pensées de l'aube pourpre de l'année,
Mélodies changeantes, entremêlées d'oiseau et d'abeille Qui répandent sur les vents d'été leurs accords argentins
D'encens embaumé, dont tout l'air est chargé, De fleurs qui, auprès du mur de jardin ensoleillé,
Fleurissaient à vos côtés, nourries à être belles, là, Par les rosées et les ondées silencieuses : mais celles-là à tous
Vous les apportez. Oh ! bien plus doux que celleslà le sortilège Sanctifié dans ces urnes féeriques pour moi seule;
Pour moi un charme dort dans chaque cellule de miel,
Dont le pouvoir peut rappeler des heures du ravissement en allé,
Au cœur triste rendre de doux souvenirs,
Des accent9, des regards, des paroles d'amour qui ne peuvent revenir.