VIII. ARCTURUS
Écrit en octobre
« Notre étoile regarde à travers la tempête »
Etoile au visage resplendissant 1 ton œil glorieux Brille sur moi toujours de ce ciel là-bas ennuagé — Brille sur moi à travers les horreurs d'une nuit Plus lugubre qu'il n'en tomba jamais sur un jour
si clair — Brille jusqu'à ce que le serpent d'envie s'esquive
furtivement Et pâlisse et tremble devant ton ferme rayon.
Ne t'es-tu pas penchée du ciel, belle étoile, pour être Ainsi près de moi dans cette heure d'agonie ? — Si près, — si claire — si glorieuse, que je semble Etre extasiée comme dans quelque rêve de merveille, — Toute joie terrestre oubliée, — toute crainte terrestre, Purifiée à la lumière de ta sphère resplendissante : Tu allumes au dedans de mon âme un désir pur De fondre avec le tien son feu incandescent, — De perdre ma vie même en la tienne, et d'être Ame de ton âme durant toute l'éternité.