‹ La vie d'Edgar A. PoeChapitre 18 sur 19 · XII. LE PORTRAIT · texte numérisé non relu

XII. LE PORTRAIT

Après de longues années, je soulevai les plis qui

cachaient Ce visage, magnétique comme le rayon du matin : Et la mémoire endormie frissonna à cette révélation Comme Memnon s'éveillant de son rêve de marbre.

De nouveau je voyais la pâleur translucide du front, La sombre chevelure flottante comme un plumage ; La douce, impérieuse bouche dont la vaillance hautaine Défiait tous les présages sinistres du sort menaçant.

Des yeux, calmes planètes, avec quelque chose dans

leur vision Qui ne semblait pas né d'un mélange mortel et

terrestre :

(1) Il n'y a aucun moyen d'anéantissement : mais vivant chacun monte dans l'ordre de son étoile, et prend sa place élevée dans le ciel. Géorgiques, livre IV.

Fois étranges et mystiques, fantaisies élyséennes, Et rêves lointains et doux de « terres féeriques abandonnées ».

Insondables yeux qui contenaient le chagrin Des âges évanouis dans leurs profondeurs ombreuses, Eclairés par cette prescience d'un matin céleste Que dans les cœurs élevés garde l'esprit immortel.

Souvent cette présence pâle, poétique, a hanté Mes méditations solitaires à l'heure du crépuscule, Transformant l'épaisse vie terrestre qu'elle enchantait De merveille, et de mystère, et de puissance.

Souvent ai-je entendu le maussade vent de mer

grogner Ses requiems, ses chants funèbres, sur le rivage Ou écouter les bois d'automne entonnant La sauvage, douce légende de la Lénore perdue.

Souvent par quelque soir de cendre en octobre Je me suis tenue en extase auprès d'un tombeau en

ruine Très près de ce lac visionnaire d'Auber Où dort la forme enlinceulée d'Ulalume ;

Souvent, par les froides nuits étoilées, j'ai entendu

le son

QUELQUES POÈMES DE MRS. WHI1MAN 2j5

De cloches lointaines, mélodieuses dans l'air vif, Et senti leur musique de fonte et d'or mesurant Aux pulsations du cœur, une réponse inconsciente.

Doux yeux douloureux, depuis longtemps fermés

au chagrin de la terre, Dormez pleins de calme après le songe enfiévré de

la vie !

Dors, cœur douloureux I jusqu'à ce que par un

matin froid et brillant Ton âme rafraîchie baigne dans le rayon du matin.

Quoique le nuage et le chagrin demeurent sur ton

histoire Et que des mains rudes soulèvent la draperie de

ton linceul, Le temps, par droit de naissance, restaurera ta

gloire, Et le ciel rallumera toutes les étoiles qui tombent.

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE

L'édition Ingram compte 43 poèmes, l'édition Whitty 49 poèmes, plus un certain nombre de pièces présentées comme recueillies pour la première fois, et des pièces d'attribution douteuse. Tous les poèmes portés sur la liste qui suit se trouvent dans l'exacte et consciencieuse traduction de M. Gabriel Mourey ; trente-six (marqués *) ont été mis en français par Stéphane Mallarmé ; Baudelaire a traduit les contes et les poèmes dont les titres sont suivis du signe '

Gordon Pym, Eurêka forment, chacun, un volume, en dehors des Contes, dans l'incomparable version de Baudelaire. Le reste est reparti en trois volumes : Histoires Extraordinaires, renfermant i3 contes; Nouvelles Histoires Extraordinaires, 23 contes; Histoires Grotesques et Sérieuses, 7 contes, plus 3 essais : Le Joueur d'Echecs de Maelzel, Philosophie de V Ameublement , la Genèse d'un Poème.

D'autres portions de l'œuvre de Poe ont, en outre, été traduites en français par Emile Hennequin, F. Rabbe, etc..

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE

Liste chronologique des Contes et des Poèmes d'Egar Poe, avec la date de leur première publication, d'après les ouvrages de m. g. e. woodberry et de m. j. h. wliitty, et des recueils de contes ou de Poèmes publiés durant la vie de l'auteur.

Années

Contes

Poèmes

Tamerlane and other Poems, Boston, in-18.

Al Aaraaf, Tamerlane.

and MiNOR Poems, Baltimore, in-8°.

Poems (2e édition) New- York, in -12.

Ces éditions comprennent :

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