INTRODUCTION IX
je tente le grand appui de son nom et de son autorité. Mais il est mort, à Brighton, en février 1916. Il avait exalté son poète avec une passion admirable, et, grâce à lui, un peu de vérité avait été tirée du fatras odieux des calomnies entassées par Griswold.
J'aurais également désiré V approbation de notre Remy de Gourmont. Je me suis permis, au cours de mon étude, de prendre à partie, avec une véhémence sans doute un peu vive, une opinion de ce critique sensible et sincère, de ce lettré délicieux. Il eût, j'en suis sûr, été heureux de se reconnaître insuffisamment renseigné; il se fût rangé à mon avis. J'admire son œuvre, et, sauf dans Vespoir de provoquer son adhésion, de la forcer peut-être, je me serais servi, en lui parlant, d'un langage plus déférent. Mais qui, en mai 191/i, se serait douté qu'il allait si tôt disparaître ?
En quatre années, bien des contributions, aux Etats-Unis, ont été apportées à la plus complète connaissance de la vie et de l'œuvre d'Edgar Allan Poe. Aucune ne m'a paru de nature à affaiblir ni à discréditer mon point de vue. Plusieurs s'en rapprocheraient, au con-
traire. J'aurais pu introduire dans les pages qui suivent des détails plus précis, certaines explications qui élucident des parties encore mystérieuses. Je n'ai été troublé par rien qui me contredise essentiellement.
Voici, d'entre ces études, celles que j'estime les plus intéressantes :
J'ai connu, trop tard pour m'en servir, bien qu'il eût paru en novembre 191 1 dans « The Colorado Collège Publication », le curieux travail intitulé « The Supernatural in Hawthorne and Poe » ; je regrette, plus encore, de n'avoir pu citer certaines lignes d'une lettre que l'auteur de ce travail, M. le Professeur Benjamin Mather Woodbridge, m'a fait l'honneur de m'adresser.
M. Killis Campbell a fourni à « The Dial », de Chicago, (n° du 17 février 1916) de nouvelles notes sur les années d'enfance de Poe : « The Publisher and Retailer » de New-York, les a aussitôt reproduites, et, dans « the Dial », du 25 mai, M. Lewis Chase en a confirmé un point particulier : ce n'est pas,' comme on le croyait, à l'école du Révérend Docteur Bransby que Poe fut tout d'abord placé, à Londres, mais chez Mlles Dubourg, dans Sloane Street :