‹ La vie d'un artiste; art et natureChapitre 2 sur 20 · IO · texte numérisé non relu

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coffre qui les contenait, j’avais aussi trouvé une épée dont la poignée se terminait par un bonnet phrygien. J’en brisai un jour la lame en voulant l’enfoncer dans la terre pour la dérouiller et ce fut un de mes vifs chagrins d’enfant, car je vénérais cette épée de mon grand-père.

Ces livres, cette arme expliquent deux phases de sa vie.

Lorsque éclata la Révolution, il faisait sa théologie à l’abbaye d’Anchin à Douai. Il se destinait au sacerdoce. Le cours irrésistible des événements, les idées nouvelles qui circulaient dans l’air, le détournèrent de ce projet.

Il quitta l’abbaye et revint à Courrières. Il n’y fut pas longtemps tranquille.

Dénoncé comme aristocrate, il fut, lui aussi, sous ce même Le Bon, arrêté et conduit aux prisons d’Arras; En ce moment la France appelait tous ses enfants à la défense de ses frontières menacées. Ceux de Courrières formèrent une compagnie, nommèrent mon grand-père leur capitaine et allèrent à Arras le réclamer. Ils obtinrent sa liberté.

J’ai dit qu’ils partirent pour la campagne de Belgique.

Nous conservons, dans nos archives de famille, des lettres du capitaine Lambert Breton, respirant un chaud patriotisme, car il avait cédé à la contagion du mouvement qui entraînait tous les cœurs.

Aussitôt la campagne terminée, il se maria.

On le voit, sans la Révolution je ne serais pas né.

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