cl., m
j34 AGRIPPA d'aubigné
se croyant en dang^or de mort, mande d'Aubigné en toute hâte pour se confier à lui et savoir si par son changement de rehg^ion il avait « péché contre le Saint-Esprit )>. Témoin encore le mot rude et franc de d'Auhigné au roi, (jui lui montrait sa lèvre percée par l'attentat de Cliâtel : « Sire, Dieu que vous n'avez encore délaissé et ofl'ensé que des lèvres s'est contenté de les percer; mais quand le cœur le renoncera il percera le cœur ^ » Il y eut donc toujours, entre eux, des retours d'expansion et des échang-es de propos sincères. Mais le fossé ne s'élargit pas moins peu à peu en abîme, et la vie de d'Aubigné prendra dès lors une autie direction. L'activité du religionnaire s'exercera maintenant sur le terrain des Églises et des Synodes; et lardeur bouillonnante de son esprit tantôt s'élancera en jets brûlants de vers et de prose, tantôt s'épanchera, comme un tleuve puissant entre de hautes digues, dans une grande œuvre d'histoire dédiée « à la postérité ».