‹ La vie d'un héros; Agrippa d'AubignéChapitre 43 sur 50 · Œuvres, II · texte numérisé non relu

Œuvres, II

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de la reine et du jeune roi allait infaillihloment s'ensuivre. Car l'esprit partisan renaissait avec violence chez les plus intègres et les plus menacés, et transformait ces fidèles en rebelles. Rolian se fortifie dans Saint-Jean-d'Ang^ély, d'Auhigné met Maillezais en état de défense, et, en outre, achète la petite île du Doignon, dont il fait une citadelle imprenable. En même temps, il hàtit une maison à Maillé, et se tient prêt à tout événement. Bientôt il prend les armes, fait quehjues démonstrations autour de Maillezais et seconde dans sa révolte Condé, qui devait aussitôt le trahir et le perdre. Le voilà désormais seul, mèche allumée, dans ses petites garnisons, tàté par les envoyés du roi i|ui hochent la tète à la vue de ces forteresses parfaites, sondé pour un rachat avantageux qui l'enrichirait en l'annulant, d'ailleurs renié par ses coreligionnaires qui demandent à l'assemblée de la Rochelle, qu'on lui rase ses fortifications sur les oreilles. Et le « bouc du désert » de répondre: « Soit fait comme il est requis aux dépens de qui le requiert ! >» Traiter, négocier, vendre ou se vendre, à d aulies ! 11

d'aUBIONÉ sous HENRI IV ET LOIIS XIII 211

n'rlail pas, comme il l'écrit àCondé, un « com|iagnon de la cire verte ». Il ne saurait, comme lui, demaiuler pardon au roi : « Celui qui a demandé paillon amis une bouze de vache sur sa tète et ne peut plus trailer honorablement. » Ainsi il demeurait seul contre tous. Ne venait-il pas de se couper toute reliaile, en lanranl à point nommé l'épopée luii^iiciiole des Tragiques, et le premier tome de son Histoire Universi'/le, imprimé sous ses yeux, dans sa maison d«' Maillé (1616)?

L'auteur des Tragiques se voilait à demi sous d'énigmatiques initiales ' : mais ce poème d'un fanalique sublime était signé à toutes les pages. La personnalité de d'Aubigné éclatait dans ses vers dantesijues. Il se trahissait à sa violence, à son génie. En outre, la concordance était évidente, malgré la différence des tons, entre les Trafiques et V Histoire Universelle. Ici comme là, dans l'œuvre farouche du partisan inspiré comme dans le récit contenu et grave du soldat politique, c'était môme dessein de rappeler les origines sanglantes de la nouvelle

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