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^24 S. T. GOLERIDGE.
n'était pas fait pour la recherche abstraite. Au moment où il composait ïOde, dont cette idée constitue un des thèmes principaux, il écrit à Sotheby, le traducteur, qu'il a voulu se forcer à traduire un poème de Gessner, « sujet bien peu intéressant pour mon cœur et mon intelligence », parce qu'il voulait se contraindre à quitter les recherches métaphysiques.... {( Pour en finir avec la prose poétique (qui n'est qu'une mauvaise olla podrida) la maladie et d'autres afflictions pires encore me jetèrent pour la première fois complètement dans la métaphysique. Car je crdîs que par ma nature j'ai plus du poète en moi * . »
11 faut prendre cette explication (c'est aussi celle qui est donnée dans VOde et dans la Biographia Literaria) pour ce qu'elle vaut. La métaphysique, dans ce qu'elle a d'imaginatif, comme invitation à la méditation sur le mystère, avait toujours plu à Coleridge. D'autre part, il ne réussit jamais complètement à tuer en lui le poète. Il nous faut retenir cet aveu, qu'il s'est imposé la métaphysique comme une tâche. Mais c'était le ressort moral qui était atteint en lui, plus que la faculté poétique, VOde elle-même le prouve surabondamment.
Cette disparition presque complète de la volonté, qui n'avait jamais été énergique chez lui, se traduit par une instabillité plus grande encore que d'habitude, et qui n'excluait pas même des moments de joie. Un de ses poèmes les plus charmants et les moins connus, le Tableau^ contient un aveu du désir de mort qui le poursuivait alors, mais dissimulé par les descriptions de nature les plus fraîches, les plus aériennes qu'il ait jamais su tracer, un paysage de bords de ruisseau