rf., p. 425-21, à Southey, juiHet
L'ouvrage en resta là et le mois suivant Coieridge se
contenta d'accompagner les Wordsworth en Ecosse. Il se plaignait alors de sentir son esprit « étrangement fermé depuis cinq mois », il trouva Wordsworth aussi « hypocondriaque et préoccupé ».
Les préoccupations de Wordsworth avaient probablement Coieridge pour objet. Celui ci se rendit insupportable à ses amis par ses excentricités. Jamais il ne fut aussi près de la folie. Il faisait des centaines de kilomètres à pied pour forcer sa maladie, ce rhumatisme peut-être imaginaire, à se porter aux extrémités, et redoutait* « les horreurs du sommeil » à tel point qu'il s'efforçait de se tenir éveillé trois nuits sur quatre *.
Il n'y a malheureusement pas de doute sur la véritable cause de sa maladie.
En janvier 1803, Coieridge mentionne qu'il n'a pris (( ni laudanum ni opium », pour se remettre d'une indisposition causée par le froid, mais « seulement de l'éther, avec un résultat merveilleux ». En septembre, il répète, dans une lettre à sa femme, qu'il ne prend plus de préparations à l'opium, et qu'il n'est plus tenté de le faire, maintenant que son indisposition « a pris le caractère d'un asthme, état dans lequel l'opium ne produit que des effets désagréables! » L'habitude de prendre de l'opium à tout propos était donc établie chez lui, puisqu'il mentionnait ces cas comme des exceptions. Ses amis se doutaient de ce qui se passait. Les Wordsworth, un jour, le voyaient arriver « à moitié stupéfié ». Southey écrivait : (( Coieridge se drogue, pour des malaises qui énerveraient n'importe qui au point de le pousser à se droguer ». Après l'opium et l'éther, le malheureux cher-