‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 138 sur 194 · Anima Poetae, p · texte numérisé non relu

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248 s. T. GOLERIDGE.

pour la France ou plutôt pour Tidée qu'il se fait de la P>ance.

Il en est arrivé à trouver que ce qu'on est obligé d'admirer en France n'est pas français et il en suit nécessairement que tout ce qui est français est odieux. Dans une note où il indique les auteurs qui lui semblent exprimer l'essence morale des principales nations de l'Europe, il ajoute :

Oh, si je pouvais trouver une France à aimer! Mais, en dépit de Pascal, de Mme Guyon et de Molière, la France est pour moi Babylone, la mère des prostitutions en morale, en philosophie et dans le goût. Les Français euxmêmes sentent que ces écrivains sont étrangers chez eux. Comment en vérité serait-il possible d'aimer à la fois Pascal et Voltaire*?

Ces curieuses limitations d'esprit ne l'empêchaient pas d'avoir une lectul*e extraordinairement variée. A Malte il lut, pour la première fois probablement, Kant, Herder et beaucoup d'autres Allemands, les écrivains français qu'il vient de citer, en y joignant Fénelon, la littérature italienne de la Renaissance, et Dante, qu'il devait plus tard contribuer à populariser en Angleterre dans la traduction de Cary.

Il ne restait pas absolument étranger à la politique. Il est probable que ce fut avec une mission qu'il alla en Sicile en 1804. Le 24 août, sir Alexander Bail écrivait au représentant de l'Angleterre à Syracuse : (( Vous avez admirablement décrit les traits principaux de mon ami Coleridge, dont la compagnie sera un festin délicieux pour votre esprit. Il faut que nous le forcions à rédiger un mémoire politique sur les revenus et les ressources de la Sicile, montrant le

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