‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 139 sur 194 · Anima Poelae, p · texte numérisé non relu

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peu d'avantage qu'en tire Sa Majesté sicilienne, et le danger où elle est de la voir prendre par les Français. Nous proposerions alors à S. M. de la céder à la Grande-Bretagne à condition que celle-ci paierait annuellement le montant du revenu actuel * ».

En d'autres termes, après avoir pris Malte, l'Angleterre songeait à prendre la Sicile, et Coleridge était chargé de dorer la pilule pour Sa Majesté sicilienne. 11 est probable qu*il fit ce travail, car on rencontre dans ses lettres et dans les publications des craintes exprimées au sujet d'un empire africain (ou plutôt méditerranéen) français qu'il faudrait empêcher de se constituer et il est probable que ce sont les arguments du mémoire qui reparaissent là. « Je n'ai pas le cœur à la politique, écrit-il, sans cela je pourrais vous dire comment j'ai passé les neuf derniers mois

à travailler à des mémofres concernant l'Egypte, la Sicile et la côte d'Afrique. Si la France pouvait jamais posséder ces pays, elle deviendrait dans un sens encore plus imposant que le romain, un Empire du Monde. Et qu'est-ce qui resterait alors à l'Angleterre? L'Angleterre, et ce que nos misérables diplomates affectent maintenant tantôt de mépriser, tantôt de considérer comme un mal, l'existence de notre langue et de nos institutions en Amérique. La France est privilégiée de la nature, car, en possédant l'Afrique, elle aurait un splendide débouché pour sa population aussi près de ses côtes que l'Irlande des nôtres (?). Ce serait pour elle une Amérique qui ferait toujours partie intégrante de la métropole. L'Egypte attend la France avec impatience, mais elle attend l'Angleterre avec encore beaucoup plus d'impatience.

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