‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 140 sur 194 · Campbell, Introd., p. lxvii · texte numérisé non relu

Campbell, Introd., p. lxvii

Le cri universel là-bas est : Les Anglais, les Anglais, si nous pouvons les avoir, mais les chapeaux en tout cas (chapeaux veut dire ici Européens par opposition à turbans) *. »

Le mélange de perspicacité et de distraction est ici tout à fait coleridgien. Par exemple, il oublie dans l'Empire anglais les Indes, le Canada et l'Australie! 11 est plaisant de penser que ce rêveur tenait un fil, si n^ince fût-il, de la politique réaliste de TAngle terre.

Mais de sa vie extérieure nous ne savons presque rien. Ses lettres de Malte et d'Italie sont peu nombreuses, et une partie des carnets, en particulier les pages sur Syracuse, sont encore inédites ^ Il paraît aussi que plusieurs courriers à destination d'Angleterre se perdirent et Goleridge se lamente plus d'une fois sur la perte do cette correspondance, qui était peut-être le plus clair de son travail écrit.

Sur sa santé, à Malte, nous avons des nouvelles si contradictoires, ou plutôt le bien et le mal se succèdent à si courts intervalles qu'il n'y a guère qu'une conclusion possible c'est que, sous l'influence de l'opium, des crises de souffrance alternaient avec des périodes de calme ^ Il fut très éprouvé en apprenant subitement la mort d'un frère de Wordsworth qu'il aimait beaucoup, le capitaine John Wordsworth, noyé à Portland en février 1805. Dans une lettre à sa femme il décrit ainsi qu'il suit l'effet de cette nouvelle. « Apprenant subitement de lady Bail, la mort de John W., je fis une tentative pour me traîner hors de la salle (le grand salon du Palais, où se trou-

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