Anima Poetae, p
3. Voir Cil. Auriol, ouvrage cité, t. II, p. 638, 644 et suiv.
L'Ame errante. 253
puisqu'il y laissa, dit-il, tous ses papiers. .Mais ces papiers de Malte ont été perdus tant de fois et de tant de manières différentes qu'on finit par ne plus croire à leur existence. Des impressions de Coleridge à Naples il ne nous est resté que ce paysage superbement esquissé en quelques lignes : « Naples, vue du Vésuve, le nuage de grêle, Torre del Greco brillant dans les ténèbres, et les neiges des montagnes au-dessus jetant des éclairs çà et là, mais le Vésuve ne donnait pas cette impression de transparence que j'aie eue à Keswick, mais avait l'air de ne faire qu'un avec le rideau de nuages lourds, il apparaissait comme une montagne en bas-relief sur le mur interminable de quelque Panthéon * ». Il passa les cinq derniers mois de son séjour en Italie à Rome et à Livourne.
De Rome, il écrit à Daniel Stuart qu'il a acquis plus de lumières sur les beaux arts en trois mois qu'il n'aurait pu faire en Angleterre en vingt ans, par son commerce avec les artistes de la plus haute réputation ^. Quels pouvaient être ces artistes vivant à Rome en 1806? Probablement Angelica Kauffman et Thorwaldsen, que Coleridge a pu rencontrer chez l'ambassadeur de Prusse, Wilhelm von Humboldt, et le peintre américain Washington Allston, qui fit alors son portrait. Ces noms éveillent aujourd'hui peu d'intérêt, c'était le grand goût classique du temp^ dont Coleridge devait s'inspirer là. Des beautés de Rome il "parlait, dit-on, avec enthousiasme, mais presque rien n'en a passé dans son œuvre. lia quelque part une note curieuse sur l'indifférence de Milton pour la peinture. Aujourd'hui que tout homme de lettres veut être un critique d'art, nous nous étonnons