‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 143 sur 194 · Leiters from the Lake Poets^ p · texte numérisé non relu

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254 s. T. COLEBIDGE.

que Coleridge ait pu voir l'Italie sans nous donner des impressions d'art. C'est encore un trait de la physionomie morale du temps, qui laissait aux artistes Tappréciation des œusvres d'art, et admirait de confiance. Coleridge ne fut pas un Ruskin, pour montrer que l'art appartient à tous, il faut le regretter sans trop s'en étonner.

Il est probable que son état d'esprit ne lui permettait pas, du reste, de recevoir de l'extérieur des impressions profondes. Il était parti désespéré, il revenait plus désespéré encore, et l'idée du suicide lui vint. La pensée de ses enfants le retint seule, dit-il. Ils lui ont sauvé la vie plusieurs fois, ce sont eux qui ont « arraché les plumes aux ailes de son âme qui voudrait s'envoler et tenter sa chance i).

Viens, ô viens, vent glacé de décembre.

Et arrache de l'arbre les feuilles qui sont mortes.

mort, traverse-moi de ton éclair, comme une pensée

Et prends une vie dont je suis las ^ ! [d'amour

L'ami auquel il adresse ces conlfidenccs, c'est le peintre Allston, le héros du moment, qu'il compare à Wordsworth, pour la place qu'il occupe dans son cœur. Mais il n'ose espérer que des épaves comme ce cœur et cette tète vaillent la peine qu'il les accepte. Il est revenu à ce sentiment maladif qui le porte à s'abaisser, à s'humilier devant ceux qu'il aime.

A côté de cela, on ne peut s'empêcher de noter comme une singularité qu'il se soit cru spécialement persécuté par Napoléon. Pour des articles du Morning Post, d'ailleurs anonymes, Napoléon aurait résolu de faire arrêter, à Rome, Coleridge, qui n'aurait dû sa liberté qu'à la fuite, prévenu au dernier moment par

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