‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 144 sur 194 · Letters, p. 499 et note (17 juin 1806, à Allston · texte numérisé non relu

Letters, p. 499 et note (17 juin 1806, à Allston

HuraiDoldt, disent les uns, par le pape ou le cardinal Fesch d'après les autres, ou encore par Jérôme Bonaparte*. Pourquoi tous ces grands personnages se seraient intéressés à Coleridge, comment Coleridge aurait pu passer encore plus d'un mois en Italie, alors qu'il ne pouvait pas, dit-on, passer un jour de plu3 à Rome, personne n'a pu l'expliquer, et peut-être tout cela n'est-il qu'un chapitre de la légende toujours si curieusement mêlée à l'histoire de sa vie. 11 y a aussi probablement un peu du désir de se montrer persécuté par l'Antéchrist qu'il abhorrait, Empereur, après l'avoir admiré Premier Consul.

Enfin, poursuivi ou non, Coleridge parti de Rome le 18 mai, ne s'embarqua à Livourne qu'après le 22 juin, après avoir vu encore Florence et Pise.

La traversée fut longue et pénible. Coleridge souffrait de plusieurs maladies nouvelles, de « paralysie partielle », de « fièvres locales et partielles », et surtout de l'inquiétude pour l'avenir et du regret de revenir aussi pauvre qu'avant d'argent et d'espérances. Au mois d'août 1806, il débarquait en Angleterre pour reprendre une vie de souffrances que pendant des années l'amitié seule put lui faire supporter. Mais il avait laissé des amis en Italie, il avait trouvé des amis sur le navire qui le ramenait, il allait retrouver ses amis d'Angleterre. On allait l'obliger de vivre, jusqu'au jour où peu à peu les « sources de la vie » allaient reparaître en lui.

1. Voir Biographia Literaria, chap. x (t. I, p. 222-23) ; Le//er*, p. 498, note; Cottlé's Réminiscences j p. 312-3; Gillmann, p. 180-4. Diary of Caroline Fox dans Brandi.

Page 1