Coleridge and Opium Ealing, p
2. Colliers Réminiscences, p. 3i3 et suiv. ; Japp, p. 97 et suiv. ; De Quincey Memorials, t, I, p. 126 et suiv.
268 S. T. COLERIDGB.
c'étaient toujours les conférences de la Royal Institution, qui finirent par être faites au commencement de Tannée 1808. On jugera de Tétat mental deColeridge d'après ce petit fait : il renonça à parler d'art, comme il s'y croyait préparé par son voyage en Italie, parce qu'il ne pouvait « compter sur assez d'énergie pour se mettre à la recherche des livres de gravures italiennes * ».
Nous ne connaissons les conférences de 1808 que par quelques lettres, et des notes prises par un futur ami de Coleridge, H. C. Robinson. Coleridge paraît avoir donné généreusement tout ce qui lui venait à l'esprit, tous les résultats des années de lecture et de rêverie qu'il venait de passer. Les notes prises à la deuxième leçon, sur Shakespeare, laissent une impression troublante. Il semble que le malheureux auditeur n'ait pu saisir que des phrases détachées et sans connexion. Il y fut question de la mythologie grecque, des origines de la tragédie, du polythéisme grec et du mahométanisme, de l'essence de la poésie, qui est l'universalité, et à la fin Coleridge dit un mot du caractère dUamlet*.
Ces conférences ne paraissent avoir été qu'une adaptation pour le public anglais, qui l'ignorait totalement, de la critique allemande de Herder, de Lessing et peut-être de Schlegel, dont Coleridge avait pu lire au moins les écrits de jeunesse. Il ne prit pas sa tâche au sérieux et fit cependant beaucoup d'impression. Un essai d'interprétation philosophique des œuvres littéraires était quelque chose de si nouveau qu'on vit une œuvre de génie dans cette traduction de la