‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 15 sur 194 · Letlërs^ p · texte numérisé non relu

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38 S. T. GOLERIDGE.

homme (Southey) a pu y passer de Tinnocence à la vertu, non seulement sans contracter aucune habitude vicieuse, mais sans la tache d'aucun acte d'intempérance, ou des dégradations analogues à Tintempérance* ».

Ce qui pourrait surprendre ceux qui ont goûté le charme très réel de Cambridge, c'est que la ville même n'a pas trouvé grâce devant Coleridge. Il la décrit ainsi dans la même lettre : « A Cambridge il y a seize collèges qui ressemblent à des ivorkhouus et quatorze églises qui ressemblent à des petites maisons. La ville est très fertile en allées^ en boue, en ''chats et en chiens, sans compter les hommes, les femmes, le clergé, lesproc/o?'5^1es tutors, les chouettes, et autre bétail à deux pieds. » Mais c'est bien un aspect vrai de la ville, qui, charmante par ses jardins sur la rivière, les Backs des collèges, est petite, mal bâtie, aux rues étroites et boueuses, provinciale et misérable dans tout ce qui n'est pas l'Université, et susceptible d'une tristesse morne, par le mauvais temps. Les environs sont plats et insignifiants, et la nature même devait manquer à Coleridge presque autant qu'à Londres. Cependant il contracta assez vite l'orgueil de son Université pour s'écrier, parlant d'Oxford : « C'est une Université d'enfants. Grâce à Dieu, je suis à Cambridge^! »

Nous avons du reste fort peu de renseignements authentiques sur sa première année d'université. Il paraît avoir suivi avec assez de zèle les exercices scolaires puisqu'il concourut pour le prix d'ode grecque, qu'il obtint, celui d'ode latine et d'épigramme. Il écrivait aussi des vers anglais et tout ce classicisme n'était

1. Biographia Literariaf cha.p. m, 2d. éd., p. 62. Cf. Legouis, p. 19-80.

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