‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 152 sur 194 · Memorials of Coleorton, II · texte numérisé non relu

Memorials of Coleorton, II

retarda Tentreprise pendant des mois. Enfin il réunit plusieurs centaines de souscripteurs et put commencer son œuvre. Détail amusant, il comptait beaucoup sur l'aide matérielle de Quincey , qu'il avait attiré à sa suite au Pays des Lacs et chez qui il avait cru reconnaître « un goût décidé pour les opérations manuelles et quelque chose de l'exactitude du vieux garçon, précis et régulier dans tout ce qu*il fait ». Bientôt il devait apprendre à mieux connaître le Mangeur d'opium, peut-ptre plus fantastiquement irrégulier et imprécis que Golëridge lui-même ^ VAmi avait été annoncé poqr le 7 janvier 1809. A la fin du mois de février on n'avait pas encore d'imprimeur et Coleridge avouait déjà à Stuart qu'il se sentait plein de dégoût et de découragement à voir s'élever « Alpes sur Alpes d'obstacles et d'incertitudes ^ ».

Enfin le papier, les caractères et l'imprimeur furent trouvés à la 'fin de mai. Le premier numéro parut le l""" juin et le second huit jours après, mais la régularité devait s'arrêter là, le troisième numéro fut près de deux mois en retard. La publication fut continuée irrégulièrement jusqu'au 15 mars 1810 et cessa sans avertissement aux abonnés.

Matériellement ce fut donc l'insuccès complet et lamentable. Mais quand on reprend aujourd'hui la collection des vingt-sept numéros de ïAmi ou mieux encore la deuxième édition augmentée et mise en forme de traité systématique ^ fautant du moins que pouvait le faire Coleridge), on arrive à saisir l'inten-

1. Quelques semaines après Coleridge écrit: « J'ai trop appris à connaître son tour d'esprit anxieux, et cependant dilatoire, confus par excès de scrupule, de précision à la fois systématique et labyrintesque, pour ne pas comprendre quel fléau il peut être ». {Letters from the Lake Poets, p. 155.)

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